- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Le Venezuela, un allié historique de Cuba mais dont le président Nicolas Maduro a été capturé le 3 janvier par l'armée américaine, a exprimé vendredi sa "solidarité" avec Cuba, critiquant les "mesures punitives" et le décret de Donald Trump qui permet de frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane.
"Le Venezuela rejette le décret présidentiel émis par le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique" en vue d'"imposer des mesures punitives aux pays qui décident de maintenir des relations commerciales légitimes avec Cuba", "le Venezuela exprime sa solidarité avec le peuple de Cuba", est-il écrit dans un communiqué du ministère vénézuélien des Affaires étrangères.
Caracas, dont le pouvoir est d'inspiration socialiste depuis 1999 et le feu Hugo Chavez (1999-2013), était un des principaux fournisseurs de pétrole de Cuba. Après la capture de M. Maduro, Donald Trump a placé sous contrôle américain le secteur pétrolier.
Trump a signé jeudi un décret stipulant que les Etats-Unis pourraient frapper de droits de douane, d'un montant non précisé, les pays vendant du pétrole à La Havane, en invoquant une "menace exceptionnelle" que ferait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine.
Ce décret accentue la pression sur l'île de 9,6 millions d'habitants, plongée dans une sévère crise économique et qui peine à couvrir ses besoins en carburant et en électricité.
La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, dont le pays livre encore du pétrole à Cuba, a affirmé que de tels droits de douane supplémentaires pourraient déclencher une vaste "crise humanitaire" sur l'île.
La mesure pourrait affecter "directement les hôpitaux, l'alimentation et d'autres services essentiels au peuple cubain", a mis en garde Mme Sheinbaum en conférence de presse.
Elle a toutefois souligné qu'elle ne négligerait pas les implications que le décret de Washington pourrait avoir pour le Mexique. "Nous ne voulons pas non plus mettre notre pays en danger en termes de droits de douane", a-t-elle expliqué.
Cuba, soumise à un embargo des Etats-Unis depuis 1962, connaît depuis trois ans de fortes pénuries de carburant qui ont un impact direct sur sa production d'électricité.