Les émissions de CO2 de la Chine ont reculé au 3e trimestre

  • AFP
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Les émissions de CO2 de la Chine ont reculé au troisième trimestre, une baisse inédite depuis la reprise économique ayant suivi les confinements liés au Covid-19, indique une étude publiée jeudi. Le géant asiatique est en valeur absolue le pays qui émet le plus de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Il est toutefois loin derrière en émissions par habitant.

La Chine s'est engagée à atteindre son pic d'émissions carbonées en 2030, avant de parvenir en 2060 à la "neutralité carbone" (c'est-à-dire produire autant de gaz carbonique que d'en absorber). Elle investit massivement dans les énergies renouvelables et le nucléaire, mais l'essentiel de sa production d'électricité est encore assurée par les énergies fossiles comme le charbon.

Les émissions chinoises de CO2 avaient fortement chuté début 2020 avec la pandémie, en raison des confinements et quarantaines. Elles avaient ensuite rebondi à des niveaux supérieurs à 2019, au fil de la levée des restrictions. Mais le pays a connu une baisse de 0,5% sur un an des émissions liées aux combustibles fossiles et au ciment au troisième trimestre 2021, selon Lauri Myllyvirta, analyste du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), un organisme de recherche spécialisé dans la pollution de l'air et basé en Finlande.

Il s'agit de la première baisse trimestrielle enregistrée depuis la relance économique post-Covid en Chine dès le deuxième semestre 2020, souligne l'étude. Ce recul est notamment la conséquence des mesures prises par les autorités pour limiter la spéculation et l'endettement dans l'immobilier, qui ont fortement limité le nombre de chantiers de construction, indique M. Myllyvirta.

Les pénuries de charbon, qui ont entraîné des rationnements d'électricité dans tout le pays, ont également contribué à une baisse des émissions. Les mesures chinoises contre le secteur immobilier constituent d'ailleurs "un changement systémique majeur" qui "pourrait signifier que les émissions chinoises de CO2 atteindront un pic au niveau actuel ou presque", souligne Lauri Myllyvirta auprès de l'AFP. "Ce serait une issue bien meilleure que l'augmentation des émissions jusqu'à la fin de cette décennie" en 2030, comme ce qui est prévu actuellement par la Chine, note-t-il.

Mais "si le gouvernement chinois prend de nouvelles mesures de relance économique, les émissions pourraient rebondir une nouvelle fois", note l'étude. Depuis le début du quatrième trimestre, confrontée à des pénuries d'électricité, la Chine a d'ailleurs accru sa production de charbon, battant des records d'extraction quotidienne début novembre à plus de 12 millions de tonnes.

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