- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les États-Unis sont en "négociations actives" avec l'Inde, qui cherche à réduire sa dépendance au pétrole russe, pour qu'elle en achète au Venezuela, a déclaré vendredi Sergio Gor, l'émissaire américain.
Le ministère américain de l'Énergie "est en discussion" avec celui de l'Inde, "donc nous espérons avoir très bientôt des nouvelles à ce sujet", a-t-il précisé, en marge du sommet AI Impact à New Delhi.
"Nous avons vu l'Inde diversifier ses approvisionnements en pétrole, il y a un engagement", a déclaré M. Gor aux journalistes.
L'Inde est un client majeur du pétrole russe, devenu très important pour Moscou depuis la perte de la plus grande partie du marché occidental, et Washington déplore que ces achats contribuent à financer la guerre en Ukraine.
Les raffineurs indiens auraient commencé à les réduire, sur fond d'accord commercial intérimaire avec les États-Unis, annoncé le 2 février par Donald Trump, qui en fait un critère pour déterminer les droits de douane sur les exportations indiennes au Etats-Unis.
Le Venezuela était l'un des principaux fournisseurs en pétrole de l'Inde jusqu'aux sanctions américaines contre Caracas.
Depuis l'éviction du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro par une opération militaire américaine le 3 janvier, Washington fait pression sur Caracas pour que ses champs pétrolifères soient ouverts au secteur privé.
Le 2 février, le président américain avait assuré que New Delhi allait "arrêter d'acheter du pétrole russe", en affirmant que le Premier ministre indien Narendra Modi a promis de s'y engager.
Le locataire de la Maison Blanche avait alors indiqué que les droits de douane sur les marchandises indiennes, aujourd'hui de 25% à 50%, allaient baisser à 18%, en vertu de cet accord, dont la signature officielle est attendue en mars. M. Trump a dit aussi que l'Inde allait se fournir "potentiellement" au Venezuela.
L'émissaire a précisé vendredi que cette politique ne concerne pas seulement l'Inde: "les États-Unis veulent que personne n'achète de pétrole russe". Il a indiqué que la version finale de l'accord serait signée "très bientôt".
"En fait, même cette semaine, nos deux équipes sont en contact et travaillent activement" en vue d'une "situation où les deux parties pourront signer", a-t-il ajouté.
"La réalité, c'est qu'il y a des dizaines de milliers de points... nous n'avons pas affaire à un petit pays, c'est l'une des plus grandes économies, et nous sommes ravis que l'accord intérimaire soit conclu", a-t-il rappelé.