- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les prix du pétrole ont pris de la vitesse jeudi, alors que les opérateurs s'attendent à ce que l'exploitation par les États-Unis des gigantesques réserves d'hydrocarbures au Venezuela prenne plusieurs années.
Plus de 3% de hausse des cours
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, a pris 3,39% à 61,99 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en février, a gagné 3,16% à 57,76 dollars.
Donald Trump a déclaré samedi qu'il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre au Venezuela pour exploiter ses immenses réserves de brut après la capture du président déchu Nicolas Maduro. Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde avec plus de 303 milliards de barils, mais la production est aujourd'hui faible, à environ 1 million de barils par jour.
Une exploitation pétrolière accrue au Venezuela ferait chuter les cours, mais toute hausse significative de la production pourrait prendre plusieurs années selon les experts, car les investissements requis pour produire davantage sont massifs.
"Il faudra un certain temps pour élaborer le cadre juridique et contractuel nécessaire, ainsi que pour affréter des navires afin d'acheminer (les barils) vers les raffineries" américaines, remarque auprès de l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.
« 50% » de pétrole en plus d'ici un an selon Washington
Interrogé jeudi sur la chaîne Fox News quant à une possible ouverture des vannes au Venezuela, le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, a déclaré que la production pourrait augmenter de "50%" d'ici un an et "atteindre 4, 5, 6 millions de barils par jour, mais plutôt dans une dizaine d'années environ."
De plus, les cours déjà bas et les perspectives de surplus de l'offre par rapport à la demande sur le marché pétrolier n'encouragent pas les entreprises pétrolières américaines à se ruer au Venezuela.
Donald Trump devrait rencontrer des dirigeants du secteur énergétique à la Maison Blanche vendredi.
En parallèle, les Etats-Unis ont saisi mercredi deux pétroliers, le Bella 1/Marinera, sous sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens présumés avec l'Iran, et le Sophia, qui était, selon Washington, "sans pavillon et sous sanctions".
Ces événements montrent "une intention stratégique" des Etats-Unis visant à "un contrôle plus strict des flux sanctionnés" et à mettre la "pression sur la flotte fantôme", affirme Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB, ce qui contribue à gonfler à la fois la prime de risque géopolitique et le prix du baril.