Feuille de route énergétique : le premier syndicat d'EDF fait part de son inquiétude

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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La CFE Energies, premier syndicat d'EDF, a interpellé le gouvernement sur la future feuille de route énergétique du pays (PPE 3), en attente de publication, craignant qu'un développement trop important des énergies renouvelables ne fragilise le parc nucléaire et avec lui la stabilité du réseau électrique.

Craintes concernant la modulation du parc nucléaire

Le syndicat a ainsi fait part de ses "vives inquiétudes" sur l'avenir du réseau électrique dans un courrier envoyé fin décembre au ministre de l'Économie, Roland Lescure, que l'AFP a pu consulter vendredi.

Au cœur des inquiétudes du syndicat, le recours jugé excessif à la "modulation", qui amène de plus en plus EDF à baisser sa production nucléaire, pour s'adapter à une consommation en berne et compenser la part croissante des énergies renouvelables, par nature intermittentes selon le vent et le soleil et non pilotable, contrairement à l'atome.

Compte tenu du retard de l'électrification dans le pays, "si on fait des choix avec un volume d'énergies renouvelables (ENR) trop important, cela aura des conséquences sur la modulation du parc", s'est alarmé auprès de l'AFP, André Palu, secrétaire national de la CFE-Energies, chargé des affaires publiques et européennes.

Il se base sur les échos qu'il a eus d'un rapport sur le sujet, rédigé par EDF et qui n'a pas encore été rendu public.

Des conséquences sur la prolongation de vie des réacteurs

En cas de trop fort développement d'énergies renouvelables, notamment solaire, "ça va avoir pour effet d'aggraver la cloche solaire", a déclaré M. Palu à l'AFP. En cause, la forte production solaire l'été en journée, à un moment où les besoins électriques sont plus faibles, nécessitant de baisser la puissance des centrales nucléaires pour équilibrer le réseau.

"S'il y a trop de production renouvelable, on va être amené à arrêter un certain nombre de centrales nucléaires (...) plus on fait des arrêts/démarrages d'une centrale, plus on dégrade le matériel", avec des "conséquences aussi sur la prolongation de vie des réacteurs", compte tenu des "variations de pression et de température". Or, la prolongation des réacteurs est au cœur de la stratégie énergétique française.

"La CFE Énergies demande que l'étude réalisée par EDF soit versée au débat public, publiée sans délai et prise en compte dans l'élaboration de la PPE3", la feuille de route énergétique, écrit le secrétaire général du syndicat, Alexandre Grillat, dans son courrier au ministre. "La PPE3 ne peut ignorer l'impact de ces sollicitations sur la maintenance, la disponibilité et la durée de vie des réacteurs ni sur l'équilibre économique global du parc nucléaire", insiste-t-il.

Commentaires

GwE
Je cite "Or, la prolongation des réacteurs est au cœur de la stratégie énergétique française". --> c'est peut-être çà le réel problème plus que le développement des ENR.
Le nucléaire est surement indispensable mais on continue à dépendre de pays producteurs d'Uranium pas toujours très recommandables. Et en cas de crise majeure avec certains, on pourrait très bien se retrouver coincé, même si on a des stocks d'uranium importants.
Faut développer le stockage des ENR sur batteries pour lisser la fourniture
GwE
Je cite "Or, la prolongation des réacteurs est au cœur de la stratégie énergétique française". --> c'est peut-être çà le réel problème plus que le développement des ENR.
Le nucléaire est surement indispensable mais on continue à dépendre de pays producteurs d'Uranium pas toujours très recommandables. Et en cas de crise majeure avec certains, on pourrait très bien se retrouver coincé, même si on a des stocks d'uranium importants.
Faut développer le stockage des ENR sur batteries pour lisser la fourniture
DANIEL HOSTALIER
Une analyse pertinente qui devrait faire réfléchir nos politiques lors de la révision de la PPE3, avant sa publication. Ce que ne dit pas cet article, lorsqu'il est demandé à l'électronucléaire de s'effacer au profit du solaire, c'est que : - Remplacer une production électronucléaire à 6gCO2éq/kWh par une production électro-voltaïque à 30gCO2éq/kWh, c'est multiplier par 5 nos émissions de CO2/kWh - Remplacer une production électronucléaire par des ENR c'est augmenter le prix du kWh car la production électronucléaire est presque à coût fixe qu'elle soit à 20% ou à 80% de charge. Il faut tout prendre en compte avant de prendre une décision.
Lambda
Pourquoi se poser des questions concernant l'uranium voir même le pétrole ou le gaz. Nous nous réarmons et allons suivre les méthodes Trump, Poutine... Il suffit d'aller sanctionner les pays "méchant" qui doivent aussi avoir des narcotrafiquants (il suffit de le dire) comme le Niger, l'Algérie, Le Maroc, La Tunisie et pourquoi pas toute l'Afrique. Votons pour les partis qui aiment les autocrates et qui vont nous trouver des solutions simples à nos problèmes compliqués. A prendre avec légèreté

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