Les membres de l'Asean tentent de faire front face à la guerre au Moyen-Orient

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les dirigeants de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), réunis en sommet jeudi aux Philippines, veulent appeler à renforcer la sécurité énergétique régionale et à "sécuriser et ouvrir les voies maritimes" en réponse à la guerre au Moyen-Orient, selon un document de travail consulté par l'AFP.

Les discussions entre les onze membres du bloc se sont concentrées sur les potentielles solutions à la crise énergétique causée par la guerre, qui a fait flamber les prix du carburant et de l'alimentation.

Le document demande notamment "le passage sûr, sans entrave et continu des navires et aéronefs dans les détroits utilisés pour la navigation internationale".

S'il ne nomme pas le détroit d'Ormuz, c'est la fermeture de facto de ce couloir maritime depuis les attaques israélo-américaines sur l'Iran le 28 février qui impacte l'Asie du Sud-Est.

Environ 80% du gaz et du pétrole transitant en temps de paix par ce détroit est destiné à l'Asie.

Le document liste également plusieurs propositions pour renforcer l'indépendance de l'Asean en matière d'énergie, évoquant par exemple la diversification des sources d'approvisionnement, le développement des énergies renouvelables ou même la piste du nucléaire.

En marge du sommet dans la ville de Cebu, une dizaine de manifestants a protesté contre les énergies fossiles, déployant une banderole en scandant "dirigeants de l'Asean: la justice climatique maintenant!", ont constaté des journalistes de l'AFP.

En matière de politique régionale, la Birmanie a occupé les débats jeudi. Le Secrétaire général de l'Asean, Kao Kim Hourn, a évoqué une possible rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des pays membres et leur homologue birman, "peut-être en ligne".

La Birmanie est officiellement exclue des sommets, tels que celui de Cebu, depuis le coup d'État de la junte en 2021 qui a plongé le pays dans une guerre civile, sur fond de répression de l'opposition.

Mais l'élection officielle du chef de la junte Min Aung Hlaing comme président et l'assignation à résidence de l'opposante Aung San Suu Kyi pourraient aider le pays à se rapprocher de l'organisation.

Une autre rencontre surprise s'est celle-ci tenue à Cebu, rassemblant les dirigeants de la Thaïlande et du Cambodge en marge du sommet. Ils ont appelé à l'apaisement après des conflits armés l'an dernier, qui ont fait des dizaines de morts et déplacé plus d'un million de personnes.

Les deux royaumes s'opposent depuis des décennies sur le tracé de leur frontière de 800 kilomètres, hérité de l'époque coloniale française.

"Les frontières ne peuvent pas être modifiées par la force", a réaffirmé Hun Manet, Premier ministre du Cambodge, annonçant de "futures discussions" menées par les ministres des Affaires étrangères des deux pays.

Malgré un cessez-le-feu conclu en décembre, les deux parties s'accusent de ne pas respecter la trêve.

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