Les Philippines veulent constituer des réserves gouvernementales de pétrole pour se protéger des crises

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les autorités des Philippines ont annoncé lundi leur intention de constituer des réserves gouvernementales de pétrole pour se protéger des chocs sur les approvisionnements tels que celui dû au conflit au Moyen-Orient, qui a durement frappé le pays asiatique.

90 jours minimum pour les pays membres de l'AIE

"Il s'agit de nous assurer que nous ne manquons pas de pétrole et ne cédons pas à la panique à chaque fois qu'une guerre éclate dans un autre pays, que nous sommes couverts pour un certain nombre de jours et que nous disposons d'un approvisionnement régulier", a expliqué la ministre de l'Énergie Sharon Garin lors d'une conférence de presse.

Selon ce projet, le gouvernement constituerait des réserves de produits pétroliers représentant 30 jours de consommation nationale. Elles s'ajouteraient aux stocks couvrant entre 30 et 60 jours dont les compagnies pétrolières sont déjà obligées de disposer.

Pour comparaison, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie - dont ne font pas partie les Philippines - sont censées détenir des stocks de brut ou produits raffinés équivalents à 90 jours minimum d'importations nettes.

30 % du brut importé via le détroit d'Ormuz

Le projet philippin représente "un énorme investissement", a souligné la ministre, précisant que construire un seul réservoir de 500 000 barils - soit un jour de demande du pays de 116 millions d'habitants - coûtait autour de 70 millions d'euros.

Elle a indiqué que la compagnie publique Philippine National Oil Company ainsi que le fonds souverain du pays Maharlika Investment Fund pourraient participer au financement, tandis que le Japon apporterait son aide au développement du projet.

Environ 30 % des importations de pétrole brut des Philippines transitent par le détroit d'Ormuz, dont le double blocage par l'Iran et les Etats-Unis ont poussé le président Ferdinand Marcos à déclarer l'état d'urgence énergétique national fin mars. Le reste des besoins en carburant de Manille provient de raffineries asiatiques qui dépendent elles aussi du pétrole brut du Moyen-Orient.