- Connaissance des Énergies avec AFP
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La quantité de déchets incinérés va augmenter en France dans les années à venir, selon un scénario présenté lundi par la fédération des entreprises du secteur (Fnade), qui tablait jusqu'ici sur une stagnation.
Cette analyse prospective table sur une augmentation d'ici 2030 d'un peu plus d'un million de tonnes (Mt) des capacités traitées par les incinérateurs, à 15 Mt de déchets incinérés par an.
"Ca prend un peu la place, finalement, de la filière qui devait se développer de combustibles solides de récupération (CSR)", a expliqué lundi Antoine Bousseau, président de la Fnade, lors des voeux à la presse.
Cette filière, destinée à l'origine à décarboner l'industrie, devait se développer pour alimenter, comme les incinérateurs classiques, les réseaux de chaleur urbains, mais elle a vu son développement stoppé par l'arrêt des subventions de l'Ademe, qui assuraient son équilibre économique.
Compte tenu des projets déjà engagés, la Fnade table sur 1,5 Mt de déchets traités par des chaudières CSR d'ici 2030, alors qu'elle tablait initialement sur 3 Mt à cette échéance.
Concernant les mises en décharges, qui représentent aujourd'hui la destination de 19% des déchets non dangereux (contre 19% de déchets incinérés et 62% de déchets recyclés), la Fnade s'attend à un fort repli à moins de 5% de mises en décharge d'ici 2050, notamment en raison de la hausse de la fiscalité sur ce mode de traitement.
Concernant l'incinération, après le pic de 2030, la Fnade prévoit une baisse des tonnages, anticipant une moindre production de déchets par habitant et grâce au développement du recyclage.
Les nouvelles capacités mises en oeuvre actuellement sont essentiellement des extensions d'installations existantes, selon M. Bousseau, qui indique que ces incinérateurs qui ont 20-25 ans, "repartent souvent pour une concession de 20 ans", avec une nouvelle ligne.
Ces nouvelles lignes, d'ici 20 ans, seront encore pleinement opérationnelles, alors que les plus anciennes ne seront probablement pas remplacées pour tenir compte d'une baisse des besoins, a-t-il expliqué.
Il a salué l'évolution de la fiscalité retenue par le gouvernement pour le budget 2026, qui prévoit une augmentation "raisonnable" de la fiscalité des déchets incinérés d'un euro la tonne par an pour les cinq prochaines années, passant de 15 à 20 euros la tonne acquittés par les communes.
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