Les États-Unis exporteront dès 2020 plus d'énergie qu'ils n'en importeront selon l'EIA

  • AFP
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Grâce au boom du pétrole et du gaz de schiste, les États-Unis redeviendront dès 2020 un exportateur net d'énergie et ce, pour la première fois depuis 1953, a indiqué jeudi l'agence américaine d'information sur l'Energie (EIA).

L'administration met en avant deux explications: la forte hausse de la production de brut, de gaz naturel et de liquides de gaz naturel (éthane, propane, butane) au moment où la demande en énergie ralentit dans le pays. Aussi, selon la prévision de référence, "les États-Unis deviendront un exportateur net d'énergie en 2020 et le resteront tout au long de la période sous revue (jusque 2050, NDLR)", écrit l'organisme dans un rapport annuel envisageant divers scénarios pour les décennies à venir.

"Que les États-Unis redeviennent un exportateur net d'énergie n'est pas étonnant en soi au vue de l'essor de l'exploitation du gaz naturel et du pétrole, mais c'est un peu plus tôt que ce qu'on pensait jusque-là", a commenté Kyle Cooper, spécialiste du marché de l'énergie pour Ion Energy. L'EIA estimait en 2018 que cette étape ne serait franchie qu'en 2022 et visait 2026 l'année précédente.

Les États-Unis se rapprochent ainsi plus rapidement de "la domination" énergétique prônée régulièrement par le président Donald Trump. Le pays exporte déjà depuis 2017 plus de gaz naturel qu'il n'en importe et devrait continuer à augmenter ses exportations jusqu'en 2030, par gazoduc vers le Canada et le Mexique ou de plus en plus par bateaux (sous forme liquéfiée) pour les destinations plus lointaines. D'autant que plusieurs sites supplémentaires de liquéfaction de gaz naturel devraient entrer en fonction d'ici 2022.

Les États-Unis devraient par ailleurs devenir un exportateur net de produits pétroliers raffinés sur l'ensemble de l'année en 2020, à la faveur d'un nombre croissant de puits en activité. La production, qui s'élève actuellement à 11,9 millions de barils de brut par jour, pourrait grimper jusqu'à 2027 et continuer à dépasser les 14 millions de barils par jour jusqu'en 2040, prédisent les experts de l'agence.

Dans tous les scénarios envisagés, le rôle du nucléaire et du charbon devrait baisser dans la génération d'électricité. Selon la projection de référence, la part du charbon devrait reculer de 28% en 2018 à 17% en 2050, celle du nucléaire de 19% à 12% tandis que celle de gaz naturel devrait augmenter de 34% à 39% et celle des énergies renouvelables de 18% à 31%.

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