L'espace, nouvelle frontière pour des centres de données IA assoiffés d'énergie

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Des géants de la tech avancent sérieusement l'idée d'envoyer dans l'espace les centres de données imposants et énergivores qu'ils peinent à construire sur Terre, faisant le pari que leur mise en orbite permettra de mieux capter l'énergie solaire et d'alimenter la course effrénée à l'intelligence artificielle (IA).

Avec la décision d'Elon Musk d'absorber xAI, sa société d'IA, au sein de son entreprise aérospatiale SpaceX, une question se pose: ces centres de données en orbite sont-ils une perspective viable ou une folie ?

- Quels sont les acteurs déclarés ? -

Plus d'une dizaine de start-up, de leaders de l'aérospatial et de grands groupes technologiques sont activement impliqués dans les tests et la planification d'infrastructures.

Fort des progrès de SpaceX sur le marché des lancements de fusées, son patron Elon Musk avait déjà évoqué en novembre la perspective de s'en servir pour lancer des centres de données dans l'espace.

Tesla, le constructeur automobile aussi dirigé par le milliardaire, réoriente de son côté une partie de son activité vers les robots humanoïdes, qui pourraient, dans la vision futuriste d'Elon Musk, constituer les équipes de maintenance en orbite de ces centres.

Fin 2025, la start-up américaine Starcloud a mis sur orbite un satellite de la taille d'un réfrigérateur contenant des processeurs (GPU) du numéro 1 des puces pour l'IA, Nvidia, qui a salué les "débuts cosmiques" du mini-centre de données.

Parallèlement, Google a présenté cet automne son projet de lancer des satellites tests d'ici début 2027, dans le cadre de son projet Suncatcher, qui ambitionne de créer des centres de données spatiaux alimentés à l'énergie solaire.

Blue Origin, la société spatiale fondée par le patron d'Amazon Jeff Bezos, promeut de son côté TeraWave, un réseau haut débit installé dans l'espace permettant aux centres de données sur Terre de communiquer sans câble d'un bout à l'autre du globe.

- Pourquoi regarder dans le ciel ? -

L'atout majeur de l'espace réside dans l'alimentation électrique, avec la possibilité de placer les satellites sur un plan orbital restant en permanence exposés à la lumière du soleil, sans jamais passer dans l'ombre de la Terre. Et de se passer de climatisation.

Construire dans l'espace permet aussi d'éviter l'acquisition de terrains et de s'affranchir des réglementations locales ou de l'opposition des riverains, grandissante aux Etats-Unis où la consommation massive des entrepôts géants de serveurs est accusée de renchérir les factures.

Les partisans de ces projets spatiaux font valoir que les centres de données y seraient moins nocifs pour l'environnement, une fois amortie la pollution générée par les lancements.

Les projets actuels prévoient de s'appuyer sur des constellations de satellites en orbite basse (LEO), suffisamment proches les uns des autres pour assurer une connexion sans fil fiable. Des lasers assureraient ensuite le lien avec les systèmes informatiques terrestres.

- Quels obstacles ? -

Jusqu'ici, le coût du transport était le principal frein. Mais Starship, la méga-fusée réutilisable de SpaceX à la capacité d'emport massive, promet de diviser la facture.

Néanmoins, "si vous avez vu une baie de serveurs récemment: c'est lourd!", a tempéré Matt Garman, le patron du numéro un de l'informatique en ligne, AWS.

"Je sais qu'Elon dit qu'il va envoyer un million de satellites ou quoi", mais "il n'y a pas assez de fusées pour ça, donc nous en sommes encore loin", a-t-il commenté mardi lors de l'évènement Cisco AI.

"Je pense qu'il faudra probablement des améliorations en termes d'efficacité et de coût", a-t-il prédit.

D'autres obstacles techniques restent à affronter, notamment la résistance aux radiations et aux températures extrêmes, ainsi que le risque de collision avec des débris spatiaux et le coût des réparations (avec ou sans robots).

"Si l'IA ne croît pas de manière exponentielle, alors l'espace n'aura pas de sens de sitôt ; mais je pense qu'elle va croître de façon exponentielle", a assuré sur X Philip Metzger, professeur de physique à l'université de Floride et ancien scientifique de la NASA.

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