L'exploitation du gaz de couche en Lorraine interdite par le Conseil d'État

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le

Des organisations écologistes ont salué jeudi la décision du Conseil d'État d'interdire l'exploitation du gaz de couche dans le sous-sol lorrain en raison de risques pour l'environnement, qui met un terme à une longue bataille juridique.

Des risques environnementaux trop élevés

La décision de la plus haute juridiction française "ferme définitivement la porte aux gaz de couche en France en donnant la priorité à la protection de l'environnement", estime dans un communiqué Juliette Renaud, coordinatrice des Amis de la Terre France, évoquant "une victoire historique" récompensant une décennie de mobilisation citoyenne.

Dans une décision publiée mardi, le Conseil d'État annonce annuler un décret de novembre 2023 accordant à la société La Française de l'Énergie la possibilité d'exploiter les gaz de couche.

Il juge trop élevé le risque d'atteindre les ressources en eau et relève des incertitudes sur la technique utilisée pour capter ce gaz, du méthane prisonnier des veines de charbon dans le sous-sol.

La juridiction a ainsi donné raison à quatre organisations environnementales, le Collectif de défense des bassins miniers lorrains, l'APEL57, Lorraine Nature Environnement et les Amis de la Terre, qui avaient déposé un recours en décembre 2023.

Plus de recours possible

Dans un premier temps, l'État avait refusé d'octroyer un permis d'exploitation à l'entreprise, arguant notamment que les "essais de production" n'avaient pas été "probants". Mais la société avait contesté en justice cette décision et finalement obtenu gain de cause. Le gouvernement lui avait octroyé un permis d'exploiter cette "Concession de Bleue Lorraine".

Le Conseil d'État note que le projet se singularise par la difficulté d'accès au gisement, situé à plus de 2 000 mètres de profondeur, dans le carbonifère. Pour y accéder, il faut traverser la nappe des grès du trias inférieur, principale ressource en eau potable de l'est de la Lorraine, "dont la protection constitue un enjeu environnemental crucial", écrit le Conseil d'État.

"Nous sommes très heureux et soulagés que le Conseil d'État ait entendu nos arguments et ait compris l'importance de préserver la ressource en eau", a déclaré dans le même communiqué Anaëlle Lantonnois, de l'association APEL57, créée en 2015 pour se mobiliser contre ce projet.

Cette décision, qui ne peut plus faire l'objet d'aucun recours, ne porte atteinte à aucune filière puisque le gaz de couche n'a jamais été exploité en France, soulignent les organisations.

Commentaires

Silicate
tout devient interdit, plus rien n'est possible, société bloquée, société qui éclate
Denis GOURGOUILLON
Il faudra une loi mais qui va voter? Il est dit par des irresponsable "ne porte atteinte à aucune filère" Stupéfiant c'est l'avortement d'une future filière et d'emplois et surtout une réduction de notre déficit commercial. Quand la faillite sera là il faudra se rappeler cette ressource.
Lecteur101
Quand allons nous arrêteter de sacrifier nos joyaux industriels? C´est insoutenable et irresponsable! Nos institutions dysfonctionnent! En quoi ces associtions sont compétentes à faire croire que le sous-sol ne serait pas exploité dans les règles de l´art. Il y un code minier et de l´environnement scrupuleusement respecté, mis à jour régulièrement, et des DREAL (ou iso agences d'état) qui sont garantes de son application. À quoi servent ces instances et dispositifs si même le conseil d'état les décrédibilisent à travers cette décision?
Rochain Serge
Je vois qu'il y a ici une belle bande de pillards, prets à saccager la planète pour quelques profit immédiats. Servez vous plutôt du Soleil et des ressources incidentes à ses largesses sans transformer en chaleur ce que vous sortez du sous-sol de la planète, car cette transformation est définitive, et quand il n'y en aura plus, il n'y en aura plus mais nos descendants seront toujours là pour nous haIre à juste titre.
Wenger Dominique
Un commentaire qui montre surtout une ignorance du mix energetique. Personne ne conteste aujourd hui le besoin de renouvelables, mais bien rares sont ceux qui croient que seuls les renouvelables seront suffisants. Les interdictions de forrage en France n ont eu aucune incidence sur la consommation et la baisse constatee a d autres origines. La production francaise d hydrocabures qui atteignait annuellement pres de 3 millions de tonnes equivalent petrole dans les annes 80 et 1 million de tonnes a la fin des annees 90 est en baisse constante et rapide depuis. Un million de tonnes c est l equivalent de 5 Amoco Cadiz que nous importons alors que nous pourrions les produire chez nous.( et accessoirement en verifier les conditions de securite wt d environnement). Pour ce qui est de l electricite, il n existe pas pays industrialise dont la production d electrite soit entierement renouvelable. L'Autriche dont la production d electricite est a pres de 90% renouvelable grace a 65% d hydraulique, est oblige d importer 20 a 25% de sa consommation, en grande partie fournie per le nucleaire Tcheque et le charbon allemand. Desole pour ce rappel un peu magistral, mais il est bon de temps en temps remettre les choses en place.
Rochain Serge
Voilà un Monsieur qui parle de l'ignorence des autres..... comme s'il savait quelque chose sur le monde de l'énergie !!! Je vous conseille : https://www.editions-complicites.fr/pages-auteurs/serge-rochain/
Rochain Serge
Lesquels imposent d'avoir longuement étudié ceux des autres spécialistes du domaine. Alors que la parlote ne repose que sur l'admiration de son prpre nombril.
Pascal rezler
Pour comprendre cette decision, il faut s'en remettre à l'argumentaire qui y a mené. Il repose principalement sur la protection des ressources en eau potable, qui parmi tous les intervenants ne consomme pas d'eau potable? L'argument supplementaire est celui de l'attenuation de la modification du climat par le brulage de gaz hautement impactant. Qui parmi les detracteurs de ce jugement ne sera pas negativement impacté par l'evolution du climat? A chacun de prendre ses propres responsabilités, mais qui a le droit d'imposer à autrui des impacts négatifs dûes à ses propres décisions?
Wenger Dominique
Il y a un risque reel de degradation des nappes phreatiques en forrant au travers, la polution pourrait venir d une perte de circulation des boues (terme un peu technique, desole, mais ce risque est minimum et les techniques de forrage moderne permettent de le limiter fortement (risque zero n existe pas). Le brulage du gaz et le climat est un autre probleme, mais ne pas produire d hydrocabure chez nous et en importer a la place ne change pas le probleme. (Il faudrait arreter d utiliser des hydrocarbures, transport, chauffage, etc.... parfait si c est vous qui payez 😍). Par contre l importation d hydrocarbures cree d autres risques comme celui d une maree noire. Quel risque prefere t on prendre ?
OGES
Au risque de me répéter, mais si nous produisions nos ressources pétrolières et gazières en France, nous gagnerions 40 Milliards d'Euros par an et nous en avons pour plus de 20 ans, assez pour permettre notre passage à d'autres énergies Mais que font nos politiques...pensez-y lors desprochaines élections. Les chiffres proviennent d'un institut de savants, pas de la presse banale. Qui a le téléphone du Président Macron ?? JJ
Rochain Serge
Produire nos propres ressources pétrolières et gazieres, c'est ce que nous avons fait tant que les filons ne sont pas arrivés à leur terme, ce qui n'est pas encore tout a fait le cas pour le pétrole bien qu'il touche aussi à sa fin. Tout ce que l'on extrait du sol a une fin, qui arrive d'ailleurs toujours plus tôt que ce que prétendent les partisans de ces ressoures, c'est aujourd'hui le cas pour tout ce que l'on a pillé à notre sous sol pour le transformé en chaleur... Charbon, gaz, uranium, et enfin pétrole dont la plupart des puits sont déjà fermés. Il n'est déjà plus temps de tergiverser, nous devons nous tourner vers des solutions qui n'appauvrissent pas plus notre planète qu'elle ne l'est déja ! Comment admettre que notre civilisation vieille de plusieurs centaines de milliers d'années, et nous l'esperont d'autres centaines de milliers d'années à venir, ait déjà pillé plus de la moitié des ressources énergétiques qu'elle enfermait dans son sol en moins de deux siécles en France ? devant cette fin simplement constatée, depuis nous étendons notre pillage sur des continents étrangers en volant leurs légitimes propriétaires. Nous resteront dans l'esprit de nos descendants, qui nous haïront, comme les pillards qui les ont précédé, ne leur laissant pour survivre que des déserts incultes après nous êtres goinfrés de l'héritage qu'ils n'auront pas ! Il est déjà plus que temps de prendre l'énergie dont nous avons besoin dans les largesses illimités de notre étoile Soleil qui les dispense sans compter sous de nombreuses formes directes à toutes les longueurs d'ondes depuis celle qui nous permet de voir et de sentir la chaleur jusqu'aux extremités de son spectre que nous savons aussi capturer grace à nos technologies, et les formes indirectes à l'origine de flux dont nous savons aussi exploiter la puissance, à travers les turbines pour le vent, les chutes d'eau gravitationnelles, les marées et courants des océans. Nous savons déjà faire il ne reste plus qu'à mettre en oeuvre en rejetant l'idée du pillage de la planète par des moyens dont nous devrions aujourd'hui avoir honte de vouloir simplement garder opérationnels ceux qui profitent encore des dernieres ressources.
Wenger Dominique
Il y a fort longtemps, Cheick Yamani, ministre du petrole Saoudi, avait dit : "L age de pierres ne s est pas arrete par manque de pierre, l age du petrole ne s arretera pas par manque de petrole". Je me souviens des previsions de la fin du petrole, quand dans a jeunesse, je trainais mes bottes sous les derricks. Depuis, les progres techniques, secondary, puis tertiary recovery, a,elioration des techniques de forrages (A l epoque on ne pouvait pas exploiter le champs des Natuna, maintenant il est en exploitatation), operation en eUx tres profondes..... ont largement repousse ces limites. C est aussi le cas pour les champs petroliferes et gaziers fancais.
Serge Rochain
ce n’est pas parce que certains ont prédit la fin de telle ou telle ressource à une date donnée totalement arbitraire que cela démontre que ces ressources sont inepuisable. je préfère le démontrer plus simplement en rappelant qu'en France nous sommes arrivé au bout de notre charbon, de notre gaz, de notre uranium et que la plupart des puits de pétrole sont aujourd'hui taris le reste n’est que baratin irréaliste. notamment une science qui se limite répéter les paroles historiques d'un roi du pétrole qui ne disent rien d'autre qu'il y a différents moyens d'arrêter un mécanisme et pas seulement celui de l'indisponibilité de ce sur quoi il repose. Et l'on a par exemple cesser d'utiliser les calèche à cheval non.pas que l’un ou l’autre ont disparusais a l.inverse ils ont disparu parce qu’on leur a préfèré les auto motorisées bien plus efficientes, et c’est aussi certainement pour cette raison que disparaitront les reacteurs nucleaires au profit des renouvelables.
Freudon Saké
Amalgame programmé pour tuer dans l'œuf le gaz de houille.

La principale différence d'exploitation réside dans la roche : le gaz de houille est piégé dans le charbon et s'extrait par simple dépressurisation, tandis que le gaz de schiste est diffus dans des roches sédimentaires peu perméables (schistes) nécessitant une fracturation hydraulique (fracking) complexe et gourmande en eau pour fissurer la roche et libérer le méthane. Le premier est un gaz de couche (grisou), le second un gaz de roche-mère, tous deux non conventionnels, mais utilisant des techniques distinctes.

Dans le cas de la Lorraine, il s'agit bien de gas de houille.

De plus, le Conseil d'État, n'a aucune légitimité démocratique, pas plus que le sénat, la seule légimité serait un référendum lorrain.

Évidement, ce dictat républicain favorise EDF, dont le coût des futurs EPR, augmente encore et encore.
Freudon Saké
Oubli, ce sont les mêmes qui ont assassiné Global Bioénergie en l'affamant volontairement.
Freudon Saké
Aperçu IA

En Lorraine, l'extraction du gaz de houille (méthane) repose sur le forage de puits verticaux puis horizontaux pour atteindre les veines de charbon, suivis d'un pompage de l'eau présente pour libérer le gaz, sans fracturation hydraulique, mais un projet a été annulé par le Conseil d'État en décembre 2025 en raison des risques pour l'eau, bien que des recherches sur l'hydrogène natif se poursuivent.

Techniques d'extraction Forage vertical puis horizontal : Des puits descendent à travers la roche jusqu'aux veines de charbon (300-1000m), puis des branches horizontales s'étendent dans la veine pour maximiser la surface de contact.

Dépressurisation par pompage : Le gaz est retenu par la pression de l'eau dans le charbon. On pompe cette eau, ce qui abaisse la pression et libère le méthane, qui remonte ensuite par le puits.

Absence de fracturation hydraulique : Contrairement au gaz de schiste, le charbon lorrain est naturellement fracturé, rendant la fracturation hydraulique inutile et évitant ses impacts environnementaux majeurs.

Ajouter un commentaire

Suggestion de lecture