L'Inde privilégie des secteurs « essentiels », face aux perturbations de son approvisionnement en GNL

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Inde a annoncé mardi qu'elle allait affecter en priorité la distribution du gaz naturel à sa disposition à la consommation des ménages et aux transports, alors que les perturbations de son approvisionnement à cause de la guerre au Moyen-Orient inquiètent plusieurs secteurs de son économie.

4e importateur mondial de GNL

Le pays le plus peuplé de la planète - près de 1,5 milliard d'habitants - est le quatrième importateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL). Une large part provient du Qatar, dont les sites de production ont été visés par des attaques iraniennes.

"Le conflit actuel au Moyen-Orient perturbe l'acheminement des cargaisons de gaz naturel liquéfié par le détroit d'Ormuz", a indiqué le ministère du Pétrole dans une note publiée mardi. Afin d'assurer sa "distribution équitable" en GNL, le ministère a décidé de privilégier des secteurs essentiels comme les ménages (pour la cuisson) et les transports.

Les autres clients habituels, dont les usines de fabrication d'engrais et les industries du thé, ne recevront désormais que 70 à 80% "de leur consommation moyenne de gaz des six derniers mois", ajoute la même instruction.

Dans le même temps, la distribution de GNL aux usines pétrochimiques et aux centrales thermiques sera réduite, voire totalement interrompue.

Inquiétude dans les industries hôtelières et de la restauration

"Nous nous engageons à fournir sans interruption une énergie bon marché à tous nos consommateurs", a insisté sur X le ministre du Pétrole, Hardeep Puri, "il n'y a pas de pénurie pour nos consommateurs, et aucune raison de paniquer".

La décision des autorités intervient alors que les industries hôtelières et de la restauration du pays se sont inquiétées publiquement de possibles perturbations.

"L'activité de la restauration dépend largement des livraisons en (gaz pour la cuisson)", a averti l'association nationale du secteur, soulignant que "la moindre perturbation se traduirait par la fermeture catastrophique d'une majorité de restaurants".

"La situation est terrible", a pour sa part commenté auprès de l'AFP le patron de l'association des hôteliers du pays pour la région de Banglaore (sud), PC Rao. "La plupart des petits établissements n'ont plus qu'un ou deux jours de stock, les plus importants jusqu'à dix jours", a-t-il fait remarquer. "Les hôteliers vont devoir changer ou réduire leurs menus pour en tenir compte".

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