L'Italie prolonge jusqu'en 2038 ses centrales à charbon

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Parlement italien a voté mardi pour retarder de plus de dix ans la fermeture des centrales électriques au charbon, une décision politique symbolique qualifiée de "préoccupante" par des experts, mais sans grand impact dans l'immédiat.

L'Italie dépend fortement du gaz importé et subit la pression de l'industrie et des consommateurs face à la flambée de coûts de l'énergie déjà très élevés en raison de la guerre au Moyen-Orient.

Alors que Bruxelles insiste sur la nécessité de sortir du charbon pour atteindre les objectifs climatiques de l'UE, Rome affirme qu'elle pourrait être contrainte d'utiliser ses centrales au charbon si les prix du gaz continuent d'augmenter.

Le projet de loi du gouvernement italien ultraconservateur repoussant la sortie du charbon de 2026 à 2038 pour des raisons de "sécurité énergétique" a été approuvé mardi par la Chambre des députés et doit maintenant être examiné par le Sénat, où la coalition au pouvoir est majoritaire.

D'autres pays, dont l'Allemagne, la Corée du Sud, les Philippines et le Japon, ont également laissé entendre que les centrales au charbon pourraient atténuer les difficultés énergétiques causées par la guerre.

Le commissaire européen au climat, Wopke Hoekstra, à Rome mardi pour une audition au Sénat sur le mix énergétique italien, a refusé de commenter la décision.

L'Italie compte actuellement quatre centrales au charbon.

Deux d'entre elles situées sur le continent, sont à l'arrêt et ont perdu leur autorisation de brûler du charbon en janvier, selon le think-tank climatique ECCO.

Les redémarrer impliquerait de déposer de nouvelles demandes d'autorisation, un processus qui prendrait des années et se heurterait à une forte opposition juridique et locale, a précisé Ecco.

Les deux autres, en Sardaigne, sont destinées à fermer en 2028-2029, une fois l'île reliée électriquement au continent par un nouveau câble sous-marin.

La production d'électricité à partir de charbon en 2025 représentait moins de 1% de la production électrique nationale, selon le gestionnaire du réseau de transport d'électricité Terna.

Des experts interrogés par l'AFP ont indiqué que la réactivation de ces centrales ne ferait pas baisser les prix de l'électricité.

Ce report est "un signal politique préoccupant, tourné vers le passé", alors que "tout gain en matière de sécurité est loin d'être garanti", a ainsi déclaré Beatrice Petrovich, analyste en énergie au sein du groupe de réflexion Ember.

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