- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Emmanuel Macron accueillera mardi à Paris le deuxième sommet nucléaire qui réunira une soixantaine de pays afin de donner un nouvel "élan" à la relance de l'atome civil dans le monde, avec l'enjeu délicat du financement au coeur des discussions.
Emmanuel Macron entamera avec ce sommet, qui fait suite à celui de Bruxelles en 2024, "une séquence" nucléaire la semaine prochaine qui se prolongera avec un conseil de politique nucléaire jeudi 12 mars qu'il présidera depuis la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime). Cette instance décide d'orientations sur le programme de relance du nucléaire civil en France qui comprend notamment la construction d'au moins 6 nouveaux réacteurs.
"L'objectif de ce sommet est de créer à nouveau un élan avec l'ensemble des pays présents pour reconnaître à la fois le nucléaire comme élément majeur de la transition énergétique qui participera à la décarbonation de l'ensemble du système énergétique" et qui contribue à "l'indépendance énergétique de chaque pays", a souligné l'Élysée lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.
Il s'agit ainsi de voir émerger "une nouvelle dynamique qui a déjà été insufflée" avec la déclaration adoptée lors de la COP28 à Dubaï, visant à tripler les capacités nucléaires installées à horizon 2050.
Ce sommet présidé par la France qui se positionne en "fer de lance de l'électricité nucléaire" - 68% de sa production électrique en 2025 - permettra d'aborder "différents enjeux identifiés": chaîne d'approvisionnement, coopération en matière d'approvisionnement en combustible et de construction de réacteurs, recherche-développement, financement...
Plusieurs déclarations sont attendues à ce sommet, notamment des déclarations au niveau européen et une déclaration sur le financement du nucléaire, technologie longue et coûteuse à déployer. "C'est un des enjeux majeurs d'obtenir des financements tant des banques de développement que du financement privé", indique l'Élysée. Sont également attendus de nouveaux engagements de pays à s'inscrire dans la trajectoire de tripler les capacités nucléaires installées d'ici 2050.
Ce sera aussi "un moment de mobilisation de l'Alliance européenne du nucléaire" qui a rallié 16 des 27 États membres, illustration selon l'Élysée d'une "dynamique de relance (du nucléaire) partout dans l'UE".
La matinée sera consacrée aux interventions des chefs d'État et des chefs d'organisations internationales telles que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avant des réunions thématiques qui se dérouleront l'après-midi.
La tenue de ce sommet revêt un caractère particulier, alors que 2026 marque le 15e anniversaire de l'accident de Fukushima (Japon) et le 40e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine).
Le sommet se tiendra à la Seine musicale, à Boulogne-Billancourt près de Paris.
