- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a promis jeudi de venger les attaques américaines et israéliennes et de maintenir la pression sur le détroit d'Ormuz, accélérant la flambée des cours du pétrole.
L'armée israélienne a annoncé dans la soirée mener une nouvelle série de frappes visant des infrastructures à Téhéran et y avoir bombardé des postes de contrôle du Bassidj, une milice alliée au pouvoir.
Dans son premier message diffusé depuis qu'il a été désigné guide suprême dimanche, Mojtaba Khamenei n'a montré aucune volonté de plier face aux Etats-Unis et à Israël, insistant au contraire sur son désir de venger les victimes de leurs attaques.
Un discours mais pas d'image: le message du nouveau dirigeant de 56 ans, lui-même blessé dans une frappe et dont l'état de santé reste un mystère, a été lu jeudi par une présentatrice à la télévision nationale. Les spectateurs n'ont pu voir qu'une image d'archive du dirigeant.
Le nouveau guide suprême "ne peut pas montrer son visage en public", a raillé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Au 13e jour de la guerre déclenchée par les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran, Mojtaba Khamenei a promis de "venger" les "crimes" ennemis, notamment le bombardement de l'école à Minab (sud), que les autorités iraniennes ont attribué aux Etats-Unis et qui a fait 150 morts.
- Frappes sur le Hezbollah -
Dans la soirée, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé qu'un avion ravitailleur américain KC-135 s'était écrasé dans l'ouest de l'Irak, précisant que la perte de ce "Stratotanker" n'était "pas due à des tirs hostiles ou amis", et qu'un second avion impliqué avait pu se poser en sécurité.
Le Centcom n'a cependant pas fourni de détail sur le nombre de personnes à bord, ou leur état actuel.
L'état-major français des Armées avait fait état un peu plus tôt de six soldats français blessés jeudi dans une attaque de drones au Kurdistan irakien.
Côté israélien, Benjamin Netanyahu a assuré que son pays était en train d'"écraser" l'Iran et son allié libanais du Hezbollah, dont des postes de commandement ont été bombardés jeudi, selon l'armée israélienne, dans plusieurs séries de frappes sur Beyrouth et le sud du Liban.
Le Premier ministre israélien a aussi justifié la poursuite de cette guerre, qui vise notamment, selon lui, à donner aux Iraniens les moyens de "faire tomber le régime".
- "Levier" du détroit d'Ormuz -
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite, quitte à "détruire" l'économie mondiale.
L'armée iranienne a d'ailleurs menacé jeudi soir d'"incendier" et de "détruire" des installations pétrolières et gazières au Moyen-Orient en cas d'attaque contre ses infrastructures énergétiques et ports.
Plusieurs explosions ont secoué le Golfe jeudi: sur un réservoir d'hydrocarbures à Bahreïn, un immense champ pétrolier en Arabie saoudite, un aéroport au Koweït et un port à Oman.
Dans son message, Mojtaba Khamenei a insisté sur la capacité de l'Iran à semer le chaos dans la région, en réduisant l'offre de pétrole ou en activant ses relais régionaux.
Il a appelé à utiliser "le levier du blocage du détroit d'Ormuz", voie maritime stratégique qui relie le Golfe à la mer d'Arabie, contrôlée de facto par l'Iran et par où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Les Gardiens de la Révolution ont dans la foulée promis de garder ce détroit fermé.
Six navires ont été attaqués depuis mercredi, pour un total de 16 depuis le début du conflit, selon l'agence maritime britannique (UKMTO).
Une de ces attaques, menée mercredi soir contre deux pétroliers à environ 50 km des côtes irakiennes, a fait un mort, selon les autorités irakiennes.
- "Stopper" l'Iran -
Le gouvernement iranien a laissé entendre que certains navires étaient autorisés à emprunter le détroit. Mais pas ceux de pays "qui se sont joints aux Etats-Unis et à Israël", a précisé à l'AFP le vice-ministre des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi.
Entre poursuite de la guerre et cours du pétrole, Donald Trump dit avoir fait son choix: la nécessité de "stopper" l'Iran passe avant les prix du pétrole car, a-t-il dit, il faut "empêcher un empire du mal, l'Iran, de se doter d'armes nucléaires".
Dopé par les discours guerriers, le prix du baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, a terminé jeudi au-delà de 100 dollars, une première depuis août 2022.
Jamais l'approvisionnement mondial en pétrole n'a été aussi perturbé, estime l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Selon elle, le blocage du détroit d'Ormuz a contraint les pays du Golfe à réduire drastiquement leur production pétrolière, grevant l'offre mondiale de 7,5%.
En Iran, la vie quotidienne s'organise entre privations, angoisses et espoirs d'un lendemain meilleur.
A Kermanshah (est), "les gens essaient désespérément de retirer leurs économies des banques, car la confiance en celles-ci a disparu. Le pain est désormais rationné", a raconté à l'AFP une femme de 30 ans sous le couvert de l'anonymat.
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