L'autorité de sûreté nucléaire demande à EDF d'améliorer la conception de ses EPR à Penly

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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L'autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a demandé à l'exploitant EDF de revoir certains aspects de la conception des ouvrages de génie civil des deux futurs réacteurs EPR2 prévus à Penly, dans un avis du 28 janvier publié vendredi.

Le gendarme du nucléaire estime dans son avis, que le dossier d'EDF, même complété "ne permet pas de conclure à la suffisance de la conception et de la démarche de dimensionnement des ouvrages de génie civil retenues par le projet EPR2", pour la paire de réacteurs prévus à Penly (Seine-Maritime).

Contacté par l'AFP, EDF a dit prendre "acte" de l'avis, et précisé qu'il "apportera des éléments complémentaires à l'ASNR pour instruction".

Pour l'électricien, cet avis, dévoilé par le journal Les Echos, s'inscrit dans le processus de l'instruction, marqué par de nombreux échanges avec le gendarme des centrales.

Cet avis intervient alors que l'ASNR indique être "sur le point d'achever la phase d'expertise de la demande d'autorisation de création" de cette installation, déposée par EDF en 2023. Mais l'instruction, elle, se poursuit en vue d'un avis final qui sera remis au gouvernement d'ici la fin d'année, a précisé l'autorité.

"Les équipes d'EDF sont mobilisées pour un décret d'autorisation de création" fin 2026, indique-t-on chez l'élctricien.

L'ASNR demande notamment à EDF d'apporter des garanties d'"étanchéité" et de "non-déformation" des bâtiments, en cas d'inondation interne ou externe mais aussi pour protéger les eaux souterraines à l'égard du risque de fuite de substances radioactives.

EDF doit aussi justifier "la suffisance de la conception des ouvrages", notamment au regard de "la maîtrise des mouvements sismiques" transférés aux équipements situés à l'intérieur des bâtiments, selon l'ASNR

En ce qui concerne les bâtiments en eux-mêmes, dont la construction revient à Eiffage, l'Autorité estime en revanche que "le dimensionnement des ouvrages au séisme extrême est acquis".

Les EPR2 de Penly seront les deux premiers des 6 nouveaux réacteurs de 3e génération voulus par l'Etat. Alors que sur place, les travaux préparatoires, commencés à l'été 2024, se poursuivent, le "premier béton", qui marque la pose de la première pierre du bâtiment réacteur, est lui attendu pour fin 2028.

Depuis 1 an et demi, plusieurs expertises ont été menées sur d'autres sujets clés du projet Penly: conception des systèmes, situation d'accident avec et sans fusion du coeur, résistance aux agressions internes et externes, comme l'a précisé l'ASNR lors de ses voeux la semaine dernière, sans faire de commentaire particulier.

Cet automne, l'ASNR avait demandé à EDF de fournir des éléments prouvant que son plan pour renforcer le sol du site destiné à accueillir les deux autres futurs EPR2 à Gravelines (Nord), au bord de la mer, est sûr et fiable.

Commentaires

Rochain Serge
Il ne savent donc pas tres bien ce qu'ils font et dont ils ont obtenus la permission de construire ? On est encore bien parti avec ces nouveaux EPR ....
HOST ALIER
Une nouvelle fois l'ASNR met des bâtons dans les roues d'EDF pour les deux prochains EPR de Penly, comme cela avait été le cas pour le premier EPR de Flamanville. Il sera ensuite reproché à EDF de ne pas respecter ses délais, sans tenir compte des retard causés par l'ASNR qui exigeait plus et encore plus de sécurité que prévue sur le premier EPR, par rapport à nos actuels centrales électronucléaires. Que la part des choses soit faite entre le nécessaire et le superflu qui coûte et retarde les projets.
pplbls
Pour s avoir exactement ce que l'ASNR a dit, c'est ici et pas ailleur ! https://recherche-expertise.asnr.fr/sites/default/files/2026-01/ASNR-avis-expertise-2026-00009.pdf La rédaction des articles de CDE me déçoit de plus en plus. L'imprécision qui les entourent, volontaire ou pas est limite de l'incomptence rédactionnelle. Elle permet à des trublions sans scrupule de dire tout et n'importe quoi.
Héra Rude
Il est vraiment temps de soustraire EDf du secteur public, la trop grande proximité avec les autorités de contrôle amène cette firme à se croire tout permis. Il est temps que l'Etat redevienne gendarme et rien de plus, on ne peut pas être à la fois juge et partie, aucune entreprise privée ne prendrait le risque d'un retard sur un chantier en concevant une installation non conforme. À Flamanville, si EDF avait été privatisée, elle n'aurait pas annoncé un coût sept fois inférieur à la réalité ni un délai aussi fantaisiste. le nucléaire doit être mené avec sérieux, et pas par des gens bénéficiant de la garantie de l'emploi quelles que soient leurs erreurs. EDF peut être privatisée et contrôlée par des capitaux français, l'épargne est surabondante en France et il ne manque que la sérénité pour que les Français vident leurs placements dormants. Il est vrai que tant que des candidats à des élections claironnent leur volonté de "faire payer les riches", l'ambiance est plus aux pantoufles qu'aux chaussures de randonnées. Quand interdira-t on les partis qui veulent attenter aux droits de propriété ?

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