Paris et Madrid plaident pour une réforme des marchés européens du gaz et de l'électricité

  • AFP
  • parue le

Les ministres français et espagnol de l'Économie ont plaidé jeudi à Madrid pour une réforme des marchés européens du gaz et de l'électricité, en débat à Bruxelles, afin de protéger consommateurs et entreprises contre la flambée des prix actuelle.

"Je sais que cela prendra du temps d'obtenir une réforme du marché européen de l'énergie. Mais elle est indispensable pour protéger les consommateurs et pour protéger les entreprises", a déclaré Bruno Le Maire lors d'une conférence de presse, après une entrevue avec son homologue Nadia Calvino. "Il est aussi indispensable sur le long terme de renforcer l'indépendance énergétique européenne (...). On ne peut pas dépendre à 40% des livraisons de gaz de la Russie, décidées par Vladimir Poutine", a-t-il ajouté, alors qu'une réunion des ministres de l'Énergie se tenait le même jour à Bruxelles pour discuter de ces questions. Des annonces sont attendues lors d'un sommet européen le 16 décembre.

Alors que les cours de l'électricité sur le marché de gros européen sont alignés mécaniquement sur ceux du gaz, qui connaissent une envolée, Paris souhaite protéger les consommateurs français, actuellement empêchés de bénéficier pleinement des coûts bas du nucléaire par ce mécanisme jugé "obsolète". "L'Espagne et la France partagent" une même volonté de "prendre des mesures au niveau européen", a souligné Mme Calvino. "Aujourd'hui, cinq pays - l'Espagne, la France, l'Italie, la Grèce et la Roumanie -, qui représentent plus de 45% de la population européenne, ont demandé une révision de la régulation européenne pour mieux protéger les consommateurs", a-t-elle indiqué, en référence à une position commune publiée jeudi.

Ce document reprend notamment trois idées proposées début novembre par la France. La première est la création d'un mécanisme de "stabilisateur automatique" du prix de l'électricité, qui "permette de transférer les gains" que peut faire un producteur en cas de prix de marché élevé vers le fournisseur qui les répercute ensuite vers le consommateur.

Les cinq pays plaident également pour la mise en place de contrats de long terme "bas carbone" pour les entreprises, et l'obligation d'offrir aux consommateurs une offre à prix stable. Ils reprennent enfin l'idée espagnole d'étudier des achats groupés de gaz. Mais ces propositions suscitent la réticence d'une majorité de pays. Neuf États membres de l'UE, dont l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark et les Pays-Bas, ont réaffirmé cette semaine leur hostilité à une réforme des marchés européens du gaz et de l'électricité, dans un texte commun.

Ces pays défendent les mesures de soutien financier aux consommateurs ou d'allègement de taxes, déjà préconisées par Bruxelles, face à un phénomène qu'ils jugent conjoncturel. "À court terme, la hausse des prix peut être traitée par des mesures nationales et temporaires", affirment-ils.

Modération des commentaires

Les commentaires sont désactivés sur notre site durant la période estivale (jusqu’au lundi 29 août) afin d’éviter les spams en l’absence d’un modérateur.

Nous vous remercions de votre compréhension et vous souhaitons un bel été.

La rédaction

Suggestion de lecture