Idée reçue : « Le gaz consommé en France vient principalement de Russie »

Origine du gaz consommé en France

La Russie est le deuxième fournisseur de gaz naturel de la France après la Norvège et devant les Pays-Bas. (©photo)

La quasi-totalité de la demande française de gaz naturel est aujourd'hui satisfaite grâce aux importations(1). Contrairement à une idée assez répandue, le premier fournisseur de la France n’est pas la Russie mais la Norvège.

Les importations françaises de gaz naturel proviennent principalement de 5 fournisseurs(2) :

  • la Norvège (36% des entrées brutes de gaz en France en 2019) ;
  • la Russie (20%) ;
  • les Pays-Bas (8%) ;
  • le Nigéria (8%).
  • l’Algérie (7%).

Malgré l’importance de ces 5 fournisseurs, la France diversifie l’origine de ses importations afin de limiter les conséquences d’aléas techniques ou politiques éventuels (ex : conflits gaziers russo-ukrainiens). En 2019, les importations françaises de gaz ont augmenté de près de 11% « a profité à la plupart des pays producteurs, et plus particulièrement au Qatar (+ 55%) et au Nigeria (+ 39%)(3) », précise le Ministère de la Transition écologique et solidaire.

Les importations sous forme de gaz naturel liquéfié (environ 38% des importations françaises de gaz naturel en 2019 contre 27% en 2018 selon BP(4)) offrent notamment à la France la possibilité de s’approvisionner auprès de nouveaux fournisseurs (comme les États-Unis(5)) en acheminant du gaz jusqu’aux terminaux méthaniers, indépendamment du réseau existant de gazoducs.

Précisons que la Russie, qui dispose des plus importantes réserves prouvées de gaz naturel devant l'Iran selon BP (19,1% des réserves prouvées dans le monde à fin 2019), reste le principal fournisseur extérieur de gaz de l'Union européenne. En 2018, ce pays a compté pour près de 40% des importations gazières de l'UE (contre 18% pour la Norvège)(6) et est en particulier incontournable pour de nombreux pays d'Europe de l'Est, encore très dépendants du gaz russe (pays baltes, Pologne, République tchèque, Slovaquie, etc.).

Importations françaises de gaz par pays fournisseur
La catégorie « autres et indéterminés » englobe principalement les achats de gaz naturel sur les marchés du Nord-Ouest de l'Europe sur lesquels le lieu de production n'est pas connu avec précision. (©Connaissance des Énergies)

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Sources / Notes
  1. L'injection du gaz de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) dans les réseaux gaziers a pris fin en octobre 2013. Du gaz de mine du bassin du Nord-Pas-de-Calais est injecté mais dans de faibles volumes (de l'ordre de 100 GWh en 2018, contre 2 TWh au début des années 2000 selon le Ministère de la Transition écologique et solidaire). La production de biométhane reste par ailleurs modeste malgré une croissance très rapide (714 GWh injectés en 2018). Données issues de la publication Chiffres clés de l'énergie, Édition 2019. Ministère de la Transition écologique et solidaire, septembre 2019.
  2. Ibid. (données ministérielles, transit inclus). 
  3. Contrats de gré à gré qui s’exécutent en général sur des durées longues (par exemple 20 ou 30 ans), contrairement aux contrats de court terme (moins de 2 ans). Ils permettent à l’acheteur de sécuriser ses approvisionnements et au producteur d’avoir des acquéreurs absolus sur une longue période leurs permettant d’investir dans des activités d’exploration, de production et de transport amortissables à longues échéances (définition de la CRE).
  4. BP Statistical Review of World Energy, juin 2020.
  5. En 2019, la France a importé des États-Unis 3,1 milliards de m3 de gaz sous forme liquéfiée, soit 13,5% de ses importations de GNL cette année-là (contre moins de 4% en 2018.
  6. Origine des importations d'énergie de l'Union européenne, Eurostat.

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