- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Etat est prêt à soutenir financièrement les usines de pâte à papier en difficulté de Fibre Excellence, sous condition d'un "engagement" de l'actionnaire, a-t-on appris vendredi de source ministérielle, confirmant une information de la Dépêche du Midi.
Depuis plusieurs semaines, les quelque 670 salariés de Fibre Excellence, dont 275 à Saint-Gaudens et 270 à Tarascon (Bouches-du-Rhône), s'inquiètent de l'éventuelle fermeture de leurs sites à brève échéance, notamment en raison de lourdes pertes dans leur activité complémentaire de revente d'électricité.
Le ministre délégué chargé de l'Industrie, Sébastien Martin, a proposé jeudi à l'actionnaire un "soutien exceptionnel" équivalent à 150 millions d'euros pour assurer la continuité de l'activité, a indiqué le ministère à l'AFP.
Ce soutien se décompose en "deux volets de 75 millions d'euros chacun", selon le ministère, qui propose, pour le premier volet, "l'intégration du site de Saint-Gaudens dans le système des quotas carbone" et "l'abandon des intérêts et l'étalement sur dix ans des dettes publiques et sociales de Fibre Excellence".
Le second volet "prend la forme d'une garantie d'État couvrant 50% du plan d'investissement industriel", l'État acceptant "de partager le risque industriel pour accompagner la modernisation des sites".
Par ailleurs, le ministère travaille avec l'ONF, "pour sécuriser les volumes d'approvisionnement" en bois des usines.
"Mais", prévient le ministère, la pérennité du groupe "relève en premier lieu de son actionnaire": "les conditions d'une solution sont créées; encore faut-il que l'actionnaire s'y engage pleinement", a-t-il relevé.
L'État a en revanche écarté toute révision des tarifs de rachat de l'électricité par EDF, comme le réclame l'actionnaire, estimant qu'elle est rachetée "déjà à des tarifs très avantageux" (110 euros/Mwh) et que cette question ne pourrait être traitée "que dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027", ne constituant donc "pas une réponse adaptée à l'urgence".
Pour Fibre Excellence, ces propositions de l'État "sont un premier pas dans la bonne direction", mais "les échanges doivent continuer", notamment "sur le sujet central du tarif de rachat de l'électricité", a fait savoir l'entreprise dans un communiqué.
"C'est une bonne nouvelle", a déclaré de son côté à l'AFP, Laurent Quinto, délégué syndical CGT à Tarascon. "Du moment qu'il y a des négociations et des propositions, c'est que les choses avancent", a-t-il ajouté, précisant que l'intersyndicale "savait très bien que ça allait prendre du temps".
Un collectif d'ONG, dont France Nature Environnement (FNE) a accusé Fibre Excellence de "faire payer à EDF, et au final au citoyen français, le coût total de la fabrication de son produit fini" et de n'avoir pas tenu ses engagements en matière de mises aux normes environnementales.
"De dérogation en dérogation, l'usine en est toujours, en 2026, aux normes sur l'air et l'eau de 2001, rendues obligatoires en 2010", dénoncent ces ONG.