- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l'Opep+ ont augmenté dimanche leurs quotas de production de pétrole de 206.000 barils par jour pour le mois d'avril, un volume supérieur aux anticipations, alors que la guerre en Iran déstabilise le Moyen-Orient et les routes d'acheminement du brut.
Les huit membres du groupe "ont convenu d'un ajustement de la production de 206.000 barils par jour", qui "sera mis en oeuvre en avril", selon le communiqué de l'Organisation des pays exportateurs, qui cite l'équilibre du marché, sans faire mention directe de l'Iran.
Cette hausse de production est plus élevée que les 137.000 barils par jour supplémentaires que prévoyaient les experts avant le week-end. Mais elle ne devrait pas empêcher une flambée des prix du baril de pétrole.
"C'est un signal, pas une solution. Si le pétrole ne peut pas transiter par Ormuz, 206.000 barils supplémentaires par jour font très peu pour détendre le marché", estime Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.
En effet, avec l'embrasement régional, le transport maritime via le détroit d'Ormuz, par où transite quelque 20% de la consommation mondiale de pétrole, est compromis.
Le cours du baril de Brent, la référence internationale de l'or noir, avait intégré avant même le conflit une prime de risque géopolitique croissante pour s'afficher à plus de 72 dollars et pourrait donc grimper très fortement dès l'ouverture des marchés.
Car "en réalité, la logistique et le risque de transit comptent davantage que les objectifs de production en ce moment", souligne M. Leon.
"Des infrastructures alternatives au Moyen-Orient peuvent être utilisées pour contourner les flux transitant par le détroit, mais l'impact net demeure une perte effective de 8 à 10 millions de barils d'offre de pétrole brut", expliquait-il dans une note la veille.