- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Les États-Unis ont prolongé vendredi la licence d'exploitation temporaire accordée à la compagnie pétrolière serbe NIS, sous sanctions américaines, quelques jours à peine avant l'expiration du délai accordé pour la sortie de son capital du géant russe Gazprom, a annoncé la ministre serbe de l'Énergie.
Une nouvelle licence valable jusqu'au 17 avril
L'industrie pétrolière de Serbie (NIS), qui approvisionne 80 % du marché national, est visée depuis début 2025 par des sanctions américaines, dans le cadre des mesures prises face au refus de Moscou de mettre fin à la guerre en Ukraine.
Cette nouvelle licence, qui permet notamment à la raffinerie de Pancevo, près de Belgrade, de continuer à produire des dérivés en pleine flambée des prix du pétrole due à la guerre au Moyen-Orient, sera valable jusqu'au 17 avril.
"La prolongation de la licence pour presque un mois est particulièrement importante en ce moment où les prix du pétrole grimpent au quotidien", a déclaré la ministre Dubravka Djedovic Handanovic, dans un communiqué. "La raffinerie de Pancevo continue de fonctionner et l'approvisionnement en dérivés du pétrole restera fiable", a-t-elle ajouté, en invitant les habitants à ne pas faire de stocks chez eux.
Pour lever entièrement les sanctions, Washington exige que Gazprom Neft et sa compagnie sœur Intelligence - filières du géant russe Gazprom - qui possèdent à elles deux 56 % de NIS, cèdent toutes leurs parts. Les négociations sur la vente de ces actions au géant hongrois MOL sont en cours depuis fin 2025.
Une compagnie cruciale pour l'économie serbe
Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Trésor américain (OFAC) a fixé au 24 mars le délai pour finaliser l'accord de vente. Le directeur des opérations de MOL en Serbie, Milenko Jankovic, a déclaré récemment s'attendre à ce que l'acquisition soit réalisée avant cette date.
Depuis leur entrée en vigueur en janvier 2025, les sanctions américaines contre NIS ont été reportées à plusieurs reprises. Elles n'ont été effectives qu'entre octobre et décembre, ce qui avait contraint la compagnie à interrompre la production dans la raffinerie de Pancevo, à défaut de brut.
Conséquence des sanctions : la compagnie a enregistré en 2025 une perte de près de 48 millions d'euros, selon son bilan annuel.
NIS est cruciale pour l'économie serbe : avec ses quelque 13 500 employés, elle a contribué en 2024 à plus de 2 milliards d'euros à la caisse de l'État, soit près de 12 % du budget national. La Serbie, l'un des rares États européens qui n'a pas imposé de sanctions à la Russie après son invasion de l'Ukraine, a vendu en 2008 à Gazprom une majorité de ses actions dans NIS, pour 400 millions d'euros.