Poutine à Abou Dhabi pour une courte visite diplomatique au Moyen-Orient

  • AFP
  • parue le

Le président russe, Vladimir Poutine, a atterri mercredi à Abou Dhabi, première étape d'une courte visite diplomatique aux Emirats arabes unis et en Arabie saoudite, pour discuter du conflit israélo-palestinien et du pétrole.

Le dirigeant que les Occidentaux cherchent à isoler depuis son offensive en Ukraine s'est un temps fait plus rare à l'étranger, mais il effectue un retour sur la scène internationale.

Visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, il réservait jusque-là ses déplacements à ses plus proches alliés.

Mercredi, il est "arrivé en visite de travail aux Emirats arabes unis", a indiqué la chaîne Telegram du Kremlin, qui a diffusé des images montrant le président accueilli sur le tarmac par le ministre émirati des Affaires étrangères, le cheikh Abdallah ben Zayed Al Nahyane.

M. Poutine doit notamment aborder "le conflit israélo-palestinien", ainsi que la réduction de la production de pétrole dans le cadre de l'Opep+ dont la Russie est membre, d'après la présidence russe.

L'Opep+ est une alliance formée par les 13 membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et dix pays partenaires parmi lesquels la Russie.

A son arrivée, Vladimir Poutine s'est rendu à l'imposant palais présidentiel émirati, afin de s'entretenir avec son homologue Mohammed ben Zayed al-Nahyane.

Il a eu droit à un accueil avec les honneurs: des dizaines soldats en armes l'attendaient au palais, tandis qu'une patrouille aérienne a traversé le ciel en diffusant des fumigènes aux couleurs du drapeau russe et que des coups de canon étaient tirés à proximité, selon des images diffusées par le Kremlin.

Avec Mohammed ben Zayed al-Nahyane, Vladimir Poutine a prévu de parler commerce, a précisé le Kremlin. Les Emirats sont "le principal partenaire économique" de Moscou dans le monde arabe, a souligné le service de presse de M. Poutine, et leur coopération "est en hausse". Le programme ne fait toutefois pas mention de la COP28, qui se tient à Dubaï.

- Contexte favorable -

Vladimir Poutine se rendra ensuite en Arabie saoudite pour rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane, avant de repartir, toujours selon le Kremlin.

Les deux dirigeants doivent discuter investissements, mais aussi de "leur coopération dans le secteur de l'énergie", garante d'une "situation stable et prévisible" sur le marché international, estime le Kremlin.

Aux Emirats comme en Arabie Saoudite, Vladimir Poutine a également prévu de partager sa vision de la situation internationale, avec à l'ordre du jour le conflit entre Israël et le Hamas, et les "façons de promouvoir la désescalade", d'après la présidence russe.

Vladimir Poutine, traité en paria par les Occidentaux, était absent des dernières grandes rencontres internationales: le sommet du G20 en Inde en septembre et celui des BRICS en Afrique du Sud en août.

Il avait expliqué éviter ces réunions pour ne pas "causer de problème" aux organisateurs.

En octobre, il avait été reçu en Chine par son homologue, Xi Jinping, en marge du forum des Nouvelles routes de la soie. Quelques jours auparavant, il s'était rendu au Kirghizstan, autre pays très proche de Moscou, pour son premier voyage à l'étranger depuis le mandat d'arrêt émis par la CPI.

Mais le président russe voit un contexte international plus favorable à ses intérêts.

La contre-offensive ukrainienne, très attendue, s'est fracassée cet été contre les défenses russes. Quant au soutien jusqu'alors inconditionnel des Occidentaux à Kiev, il montre des signes d'effritement, à la faveur des divisions politiques, comme l'espérait le Kremlin.

A l'intérieur de la Russie, les revenus pétroliers se sont redressés, toute opposition au Kremlin a été méthodiquement muselée et Vladimir Poutine se prépare à lancer en mars la campagne pour sa réélection, qui ne fait guère de doute.

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.