Prix des carburants : le royaume du Bhoutan aussi rattrapé par la guerre au Moyen-Orient

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Même le Bhoutan a fini par être rattrapé par les effets de la guerre au Moyen-Orient. Dans le petit royaume bouddhiste niché sur les pentes de l'Himalaya entre la Chine et l'Inde aussi, les prix du carburant font des bonds et les files s'allongent devant les stations-service. 

Un bilan carbone négatif mais des importations de pétrole

Le pays, qui s'enorgueillit d'avoir fait du "bonheur national brut" l'un des indices de sa prospérité, est l'un des rares au monde à afficher un bilan carbone négatif, grâce à ses immenses capacités en énergie hydroélectrique dont il exporte d'ailleurs une partie en Inde.

Mais le royaume de 800 000 habitants importe en retour de son voisin géant du sud tout son pétrole. Et depuis les premières frappes américaines et israéliennes sur l'Iran, les prix des carburants y ont suivi le même mouvement à la hausse que sur le reste de la planète. 

Mercredi soir, le gouvernement royal en a annoncé une nouvelle à ses sujets. Cette "hausse substantielle des prix mondiaux du pétrole ces dernières semaines" pour cause "de facteurs que nous ne pouvons contrôler", justifie-t-il dans un communiqué, "a provoqué une hausse équivalente des prix locaux".

« Nous sommes impuissants »

En un mois, et malgré la mise en place de subventions, les prix des carburants à la pompe ont augmenté de plus de 60 %, en moyenne de 65 à 98 ngultrum le litre (de 60 à 92 centimes d'euro environ).

"Ce n'est pas comme si notre gouvernement était responsable, il fait ce qu'il peut avec cette guerre au Moyen-Orient et la hausse des prix en Inde", a relevé auprès de l'AFP une habitante, Karma Kalden, 40 ans, "mais nous sommes impuissants".

Pour amortir le choc, le gouvernement royal s'efforce tout de mettre ses concitoyens à contribution. "Eu égard à sa charge significative sur nos finances, tous les services publics ont pour instruction de mettre en place des mesures de réduction de la consommation de pétrole, en incitant (leurs agents) à se rendre au travail à pied, à éviter les trajets non essentiels ou à télétravailler", fait-il savoir.

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