Prudence d'ExxonMobil et Chevron concernant les perspectives au Venezuela

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les géants pétroliers américains ExxonMobil et Chevron, seul étranger autorisé à avoir des activités au Venezuela jusqu'à présent, ont insisté vendredi sur la nécessité d'une stabilité commerciale et réglementaire dans ce pays d'Amérique du Sud pour envisager les gigantesques investissements requis afin d'exploiter ses énormes réserves.

"La stabilité du gouvernement et (le respect de) la règle de droit sont très importants pour nous", a commenté Mike Wirth, patron de Chevron sur la chaîne CNBC, citant également la sécurité contractuelle et la capacité à avoir un retour sur investissements.

Selon lui, le groupe est en train d'examiner la réforme adoptée jeudi par Caracas, sous pression américaine, et qui vise à ouvrir l'industrie pétrolière vénézuélienne au secteur privé.

"Je pense que c'est un moment important", a-t-il reconnu, mais "cela va nous prendre un peu de temps pour comprendre les tenants de cette nouvelle loi".

Dans la foulée de l'adoption du texte, Washington a allégé jeudi des sanctions instaurées en 2019, pour permettre désormais à Petroleos de Venezuela (PDVSA) de commercer avec des entreprises américaines.

Chevron est le seul groupe étranger à avoir conservé une licence au Venezuela, dont le sous-sol renferme les plus grosses réserves d'or noir au monde (plus de 300 milliards de barils estimés).

- Opportunités à terme -

Lors d'une réunion le 9 janvier à la Maison Blanche, le patron d'ExxonMobil Darren Woods avait été réprimandé par le président Donald Trump qui exhortait les majors pétrolières à investir au Venezuela.

M. Woods, dont le groupe a été exproprié à deux reprises par les autorités vénézuéliennes, avait affirmé que ce pays était "non investissable" sans réformes en profondeur.

"J'ai dit à la Maison Blanche qu'étant donné les structures fiscales et légales en place, on ne pouvait pas investir mais qu'il y avait des opportunités pour y remédier", a-t-il argumenté vendredi lors d'une audioconférence avec des analystes.

"Et j'ai vraiment perçu que l'administration Trump était déterminée à le faire", a-t-il poursuivi, affirmant qu'ExxonMobil disposait de l'expertise et des infrastructures pour traiter le difficile pétrole vénézuélien.

L'opportunité "va se concrétiser pour nous, avec le temps", a-t-il relevé, tout en réitérant sa proposition d'y envoyer une équipe pour "évaluer et offrir notre perspective".

Les deux patrons s'exprimaient en marge de la publication de leurs résultats pour le quatrième trimestre, marqués pour les deux géants par un recul dans le sillage du reflux des cours des hydrocarbures.

Ainsi, le chiffre d'affaires d'ExxonMobil a baissé de 1,34% sur un an à 82,31 milliards et le bénéfice net a chuté de 14,59% à 6,50 milliards.

De son côté, Chevron a publié un chiffre d'affaires en baisse de plus de 10% sur un an à 46,9 milliards de dollars et un bénéfice net qui a fondu de 14,5% à 2,8 milliards.

Vers 17H00 GMT, l'action ExxonMobil baissait de 0,58% et celle de Chevron progressait de 1,87% à la Bourse de New York.

- Résultats en baisse -

ExxonMobil a précisé que sa branche production et exploitation avait souffert de "prix du brut plus faibles" ainsi que de dépréciations d'actifs et de dépenses saisonnièrement plus élevées.

Ces éléments négatifs n'ont pu être que partiellement compensés par une croissance des volumes extraits au Guyana et dans le bassin permien aux Etats-Unis, et par les économies de coûts structurels, a-t-il souligné.

Selon les données publiées vendredi, le prix moyen du baril au quatrième trimestre pour ExxonMobil aux Etats-Unis a été de 58,57 dollars, contre 63,56 dollars au troisième trimestre.

En revanche, la branche Produits énergétiques (raffinage et distribution) a vu son bénéfice bondir au quatrième trimestre à la faveur de marges de raffinage supérieures dans le gazole et l'essence, avec notamment un record du volume raffiné en Amérique du Nord.

Son exercice 2025 a également subi un recul du chiffre d'affaires à 332,24 milliards de dollars (-4,96%) tandis que le bénéfice net a cédé 14,37% à 33,68 milliards.

Pour sa part, également sur l'ensemble de 2025, Chevron a réalisé 189 milliards de dollars de chiffre d'affaires (-6,8% sur un an), dépassant néanmoins les attentes du marché.

Le bénéfice net annuel a chuté de plus de 30% à 12,3 milliards de dollars, lesté en particulier par des frais liés au rachat du groupe pétrolier Hess pour près de 60 milliards de dollars (dette incluse).

Chevron a indiqué que cette acquisition et la mise en production de plusieurs projets dans le golfe du Mexique, ainsi que dans le bassin permien, situé entre le Texas et le Nouveau-Mexique, lui avaient permis de porter sa production à des niveaux records.

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