Renault mise sur l'électrique et l'hybride pour 2030 et veut baisser ses prix

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le groupe Renault parie sur ses modèles électriques et hybrides d'ici 2030, avec l'arrêt des ventes en Europe de voitures Renault uniquement à essence, et compte baisser nettement ses coûts et ses prix en Europe pour résister à la concurrence chinoise.

"D'ici 2030, la marque Renault vise 100% de ventes électrifiées en Europe et 50% hors d'Europe", a déclaré le directeur général François Provost en présentant au Technocentre de Guyancourt (région parisienne) son plan stratégique sur quatre ans.

La marque vise en Europe "50% de tout-électriques et 50% d'hybrides, nos deux jambes", a-t-il lancé. Un défi pour la principale marque du groupe français, qui vendait encore en Europe 40% de modèles 100% à essence en 2025, contre 20,2% de tout-électriques et environ 40% d'hybrides.

"Il y aura d'un côté ceux qui acceptent de charger, de l'autre ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas", a-t-il commenté. Renault se concentre en effet sur les hybrides non rechargeables, des modèles à essence avec une batterie électrique d'appoint. Cette catégorie remplacera selon le groupe les modèles purement à essence d'ici 2030, sans besoin de modifier ses usines déjà polyvalentes.

Cet objectif est au centre de son plan stratégique 2026-2030, qui prévoit 36 nouveaux modèles, dont 16 tout-électriques en Europe. C'est davantage que les 32 lancés entre 2021 et 2025.

Le constructeur a infléchi sa stratégie en élargissant aux hybrides son objectif précédent de 2021, qui prévoyait 100% de véhicules tout-électriques en Europe pour 2030.

Depuis, les ventes de voitures tout-électriques ont été plus lentes que prévu et l'UE a assoupli en décembre son objectif d'électrification pour 2035, autorisant de facto un certain pourcentage d'hybrides.

Même avec ce compromis, le groupe maintient le cap de l'électrification et se projette dans le post-thermique, contrairement à son rival Stellantis qui relance des modèles à essence et diesel.

-Coûts et prix en baisse-

Pour résister à la concurrence chinoise, le groupe vise aussi une baisse de 40% des coûts de production de ses voitures électriques en Europe, ce qui lui permettra de réduire ses prix "de 10 à 30%", a détaillé François Provost. "Ma cible, c'est qu'un véhicule électrique en 2030 soit au même prix qu'un véhicule hybride".

Pour y parvenir, le groupe demandera des efforts à ses fournisseurs, surtout par une division des délais, pour atteindre un rythme comparable à celui de ses concurrents chinois. Renault veut désormais, comme ses rivaux chinois, développer tous ses nouveaux modèles en moins de deux ans.

Baptisée "futuREady", la nouvelle feuille de route du constructeur prévoit aussi un développement sur trois marchés hors d'Europe: l'Inde, "pierre angulaire" du projet, la Corée et l'Amérique latine. C'est pour ces marchés que le groupe lancera 14 des 36 nouveaux modèles prévus, quand 22 sont destinés à l'Europe, dont 12 sous marque Renault. Mais il restera à l'écart des marchés américain et chinois.

Contrairement à Volskwagen, Renault n'a pas prévu de baisser ses effectifs. "Nous stabilisons notre production en Europe", a déclaré M. Provost, "et nous produirons 20% de plus en France par rapport à 2021-2025".

La marque Renault vise d'ici 2030 plus de 2 millions de ventes par an, a expliqué Fabrice Cambolive, directeur général de la marque, contre 1,6 million en 2025, avec 50% vendus hors d'Europe contre 38% actuellement.

Dacia, la marque low cost, accélèrera dans les modèles électrifiés, qui devront représenter 66% de ses ventes avec trois nouveaux modèles tout-électriques.

Côté technologie, le constructeur mise sur des voitures électriques dotées de prolongateur d'autonomie, un petit moteur thermique qui recharge la batterie et permettra, selon le groupe, d'atteindre jusqu'à 1.400 km d'autonomie avec des émissions de moins de 25 grammes de CO2/km.

Renault affiche une ambition technologique "à l'égal des Chinois" avec le développement de batteries rechargeables en 10 minutes et de moteurs sans terres rares, conçus en Europe et pour le marché européen. Ses futures batteries devront être moins chères et atteindre 750 km d'autonomie.

Il lancera aussi dès cette année un premier modèle "défini par logiciel" (software defined vehicule), qui peut, comme un smartphone, être mis à jour à distance. Il s'agira d'un véhicule utilitaire électrique Trafic, fabriqué à Sandouville, en Normandie.

Renault déploiera enfin dans ses usines, à l'image de BMW et de Hyundai, 350 robots humanoïdes "Calvin", de la start-up française Wandercraft, dans les 18 mois.

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