Sobriété numérique : les sites web bien trop gourmands en ressources, selon une étude du collectif GreenIT

  • AFP
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Économiser des données et freiner le réchauffement climatique: une meilleure conception des sites et services sur internet pourrait permettre de diminuer fortement l'empreinte environnementale du numérique, affirme jeudi une étude qui a passé au crible 90 sites français de référence.

L'impact environnemental annuel des sites internet est loin d'être négligeable, a expliqué à l'AFP Frédéric Bordage, fondateur du collectif GreenIT, à l'origine du premier "baromètre de l'écoconception digitale" avec l'agence de communication Razorfish (groupe Publicis).

Au total, la consultation des sites institutionnels des entreprises du CAC40 et des 50 sites les plus visités par les Français (30 sites marchands, 10 sites de médias, 10 services publics) génère chaque année 8 millions de kilos équivalent CO2 (soit 1.139 tours du monde en voiture) et consomme 119 millions de litres d'eau", a-t-il calculé.

Notés sur 100, la moyenne des 50 sites les plus consultés atteint seulement la note de 25, tandis que celle des 40 plus grandes entreprises cotées atteint 34.

"Cela veut dire qu'il y a une marge de manœuvre considérable pour réduire les impacts environnementaux associés à notre usage du web en France", retient Frédéric Bordage.

Certains sites web font figure de bons élèves, comme celui d'Essilor (65/100), ArcelorMittal (62) ou Société Générale (59), note le spécialiste, qui attribue ce résultat à la fois à "la volonté d'un bon référencement, d'une performance d'affichage et à une démarche délibérée d'atteindre un bon niveau sur le plan environnemental".

Parmi les mesures les plus simples à mettre en place, le rapport conseille de désactiver le lancement automatique des vidéos, de compresser les images, voire de supprimer les pages web obsolètes.

"Une page web pèse aujourd'hui 155 fois plus qu'il y a dix ans", détaille le baromètre.

Un levier plus importante serait "la simplification des services en ligne", qui permettrait de lutter contre l'obsolescence prématurée des terminaux et de libérer de la bande passante et des serveurs informatiques, a poursuivi M. Bordage.

Enfin, la publicité (non détaillée dans le baromètre) représente au moins 30% des impacts sur les sites web qui en comporte, estime-t-il.

Selon lui, si ces efforts étaient largement entrepris, l'empreinte environnementale des sites internet pourrait être divisée par deux.

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