Sri Lanka: marée noire "très probable" après le torpillage d'un navire de guerre iranien, selon un observatoire

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le torpillage d'une frégate iranienne au large du Sri Lanka par un sous-marin américain le 4 mars a provoqué une marée noire "très probable", selon l'Observatoire du conflit et de l'environnement (CEOBS), alors que les autorités sri-lankaises ont mené des opérations de nettoyage sur plusieurs plages de l'île.

Cet observatoire, une ONG basée au Royaume-Uni, a identifié une nappe d'huile longue d'environ 20 kilomètres, sur une image satellite du programme européen Copernicus prise le lendemain de l'attaque qui a coûté la vie à au moins 84 marins.

"Au regard de la chronologie des événements et de sa corrélation avec les signalements provenant de la zone, nous estimons qu'il est très probable que la pollution soit issue" de l'Iris Dena, a indiqué à l'AFP Leon Moreland, chercheur au CEOBS.

Deux jours plus tard, la nappe semblait avoir dérivé vers l'est, atteignant des zones marines et côtières protégées.

L'Autorité sri-lankaise de protection du milieu marin (Mepa) a lancé le 7 mars des opérations pour retirer des résidus d'hydrocarbures échoués sur les plages du sud-ouest de l'île.

Selon les premières conclusions de son enquête, il s'agirait de fûts de lubrifiant rejetés en mer. "Ce produit est un lubrifiant utilisé pour les compresseurs d'air à pistons, et il n'est pas classé comme une huile dangereuse", avaient précisé les autorités sri-lankaises.

Le président de la Mepa, Samantha Gunasekara, a indiqué jeudi à l'AFP qu'au 13 mars, la nappe de lubrifiant avait été entièrement dispersée ou retirée.

Les eaux côtières sri-lankaises abritent une riche biodiversité, notamment des récifs coralliens, des herbiers marins et des mangroves, écosystèmes particulièrement sensibles à la contamination par les hydrocarbures.

Bien que la Mepa n'ait pas fait état de dommages sur la faune marine, "les communautés locales dépendant de la pêche côtière pourraient être touchées indirectement en raison de perturbations des chaînes alimentaires marines et des stocks de poissons", selon Leon Moreland.

D'après ce chercheur, il existe un risque accru de marées noires dans les régions touchées par des conflits.

Les bombardements de ports, de dépôt pétroliers et de navires iraniens par Israël et les Etats-Unis depuis le début du mois, comme les dommages causés en représailles par l'Iran aux infrastructures énergétiques des pays du Golfe, augmentent le risque que se produisent ce que Leon Moreland appelle des "incidents environnementaux significatifs".

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