Stellantis va convertir son usine anglaise de Vauxhall pour fabriquer ses camionnettes électriques

  • AFP
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Le constructeur automobile Stellantis, né de la fusion de PSA et Fiat-Chrysler, va investir 100 millions de livres pour pérenniser son usine historique de Vauxhall, dans le nord-ouest de l'Angleterre, en l'orientant vers une production "100% électrique" de camionnettes, a annoncé le groupe mardi.

À partir de la fin 2022, le site basé à Ellesmere Port va produire huit modèles de camionnettes électriques : quatre "véhicules utilitaires légers" aux marques Vauxhall, Peugeot, Opel et Citroën, et leur quatre versions tourisme, a détaillé Stellantis dans un communiqué. "Avec le soutien du gouvernement britannique, Stellantis investit 100 millions de livres sterling pour garantir un avenir 100% électrique à l'usine" construite en 1962, a également précisé le groupe, sans donner plus de détail sur le contenu du "soutien" gouvernemental.

Stellantis avait fait savoir depuis des mois que l'avenir d'Ellesmere Port était en jeu et que l'une des options serait d'y fabriquer un véhicule électrique, à condition de bénéficier d'un soutien substantiel du gouvernement britannique, qui veut bannir la vente de véhicules à essence au Royaume-Uni à partir de 2030. 1 000 emplois directs étaient en jeu, et, d'après le syndicat Unite 7 000 emplois indirects dans la chaîne d'approvisionnement au Royaume-Uni.

Si le constructeur compte "maintenir l'emploi" sur le site, il n'établit pas de projection sur "l'évolution des effectifs" car celle-ci reste "liée à l'évolution du marché", a précisé le directeur de la stratégie industrielle du groupe Arnaud Deboeuf mardi après-midi. "Cet investissement montre notre engagement envers le Royaume-Uni et Ellesmere Port", a commenté le directeur général de Stellantis Carlos Tavares, cité dans le communiqué, ajoutant: "Vauxhall produit des véhicules en Grande-Bretagne depuis 1903 et nous allons continuer".

L'avenir de l'usine était en question depuis que Stellantis avait annoncé que son nouveau modèle Astra n'y serait pas fabriqué. Rachetée en 2017 à General Motors, elle était sur la sellette depuis plusieurs années, notamment à cause des incertitudes du Brexit, même si l'accord commercial signé juste avant Noël entre Londres et Bruxelles, jugé favorable pour l'industrie automobile, avait rassuré.

Vauxhall fait partie des cinq marques de PSA (Opel, Peugeot, Citroën et DS), lui-même allié à Fiat-Chysler au sein de Stellantis depuis la fusion cette année. Ce dernier, fort de 14 marques, connaît une solide reprise de ses ventes depuis le début de l'année, comme l'ensemble du secteur. En revanche, sa production est freinée par la pénurie mondiale de puces électroniques.

"La décision d'aujourd'hui va non seulement propulser Ellesmere Port vers un avenir propre, mais aussi garantir des milliers d'emplois dans la région", s'est réjoui le ministre britannique des Entreprises Kwasi Kwarteng, cité dans le communiqué.

Vote de confiance

Le secrétaire général du syndicat Unite, Len McCluskey, a pour sa part salué un "jour formidable qui donne à la main d'oeuvre de premier plan mondial d'Ellesmere Port l'avenir qu'elle mérite", rappelant que son organisation "s'est battue pendant des années pour assurer l'avenir du site".

Le gouvernement britannique a également répété qu'il misait sur des investissements dans l'automobile électrique et les batteries dans le cadre de sa "révolution industrielle verte" pour rééquilibrer l'économie entre les régions du Royaume-Uni, et pour atteindre son objectif de neutralité carbone en 2050.

Londres multiplie les annonces à caractère environnemental à l'approche de la réunion internationale COP26 sur le changement climatique, qui aura lieu à Glasgow en novembre.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est félicité sur Twitter de la nouvelle de l'annonce "que Stellantis ouvre la première usine en Europe pour la production de masse de véhicules électriques ici au Royaume-Uni". "C'est un énorme vote de confiance dans notre économie (...) et dans notre relation post-Brexit fantastique", a-t-il ajouté.

Des propos qui ont fait écho à ses déclarations de la semaine dernière quand le fabricant japonais automobile Nissan a annoncé qu'il prévoyait de bâtir une méga-usine de batteries au Royaume-Uni à côté de son site existant de Sunderland, où il fabriquera aussi un nouveau véhicule électrique, avec là aussi un investissement des pouvoirs publics.

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