TechnipFMC va payer 296 millions de dollars d'amende pour corruption au Brésil et en Irak

  • AFP
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Le groupe d'ingénierie pétrolière TechnipFMC a accepté mardi de payer 296 millions de dollars d'amende pour mettre fin à des poursuites aux États-Unis et au Brésil pour corruption de responsables brésiliens et irakiens, selon un communiqué du ministère américain de la Justice.

Les poursuites concernent deux circuits de versements de pots-de-vin indépendants : l'un de Technip visant à verser de l'argent à des responsables au Brésil et l'autre visant un stratagème mis en place par FMC pour corrompre des responsables irakiens.

Technip USA et un ancien consultant de Technip ont plaidé coupable dans le cadre de cet accord à l'amiable. En 2010 déjà, Technip avait accepté de payer 240 millions de dollars d'amende au ministère américain de la Justice dans le cadre d'une affaire de corruption au Nigeria, précise le ministère.

La conclusion de cette enquête "prouve la solidité et l'efficacité de la coordination internationale contre la corruption mais aussi la reconnaissance que le département de la justice s'engage à parvenir à des résolutions équitables lorsque des compagnies coopèrent", a affirmé le procureur adjoint de la division criminelle du département américain de la justice, Brian Benczkowski.

L'essentiel de l'amende, soit 214 millions de dollars, est versé au Brésil, les États-Unis prenant en compte ce dédommagement. Entre 2003 et 2013, Technip a conspiré avec d'autres associés, comme la compagnie Keppel Offshore and Marine (KOM), basée à Singapour, pour verser 69 millions de dollars de commissions à des consultants qui eux-mêmes les versaient à des responsables gouvernementaux brésiliens travaillant pour la compagnie pétrolière d'Etat Petrobras. Ces pots-de-vin servaient à assurer des contrats de Petrobras au profit de Technip et de sa filiale américaine Technip USA. Quelque 6 millions de dollars ont aussi été versés au Parti des Travailleurs brésilien.

Un autre stratagème, qui a eu cours entre 2008 et 2013, a montré que FMC, société qui a fusionné avec Technip, a versé des dessous de table à au moins sept responsables du gouvernement irakien. Ils appartenaient notamment au ministère du pétrole et aux compagnies South Oil et Missan Oil. Ces fonds étaient acheminés via une société basée à Monaco afin d'influencer les Irakiens pour accorder des contrats à FMC Technologies en Irak.

Dans le cadre de ces affaires, la société KOM et sa filiale américaine ont déjà payé plus de 422 millions de dollars en décembre 2017 aux autorités américaines, brésiliennes et singapouriennes. Dans un communiqué, Technip indique par ailleurs qu'une enquête ouverte par le parquet financier français sur des affaires ayant eu lieu en Guinée équatoriale et au Ghana est encore en cours. Quelque 70 millions de dollars ont été provisionnés en anticipation de la résolution de ces dossiers.

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