- Connaissance des Énergies avec AFP
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Eni a résisté en 2025 à la baisse des prix du pétrole et à des taux de change négatifs, et compte accélérer en 2026, notamment grâce à de nouveaux gisements.
"Malgré un contexte volatil, en 2025 Eni a démontré sa capacité à combiner croissance de la production, réduction des investissements, diminution de la dette et augmentation de la rémunération", a souligné dans un communiqué le directeur général du groupe, Claudio Descalzi.
Le géant italien des hydrocarbures a limité la baisse de son bénéfice net à 1%, pour atteindre 2,6 milliards d'euros.
Sa production d'hydrocarbures a augmenté au dernier trimestre (+7%), lui permettant de rester stable sur l'année (+1%) et de dépasser ses prévisions. Le groupe a notamment accéléré la montée en cadence de productions en Angola, Congo et en Indonésie.
Le prix du pétrole a parallèlement baissé de 15% sur l'année et le taux de change de l'euro par rapport au dollar a augmenté de 9%, a rappelé ENI.
Le chiffre d'affaires du groupe a baissé de 7%, à 82,1 milliards d'euros, soit moins que ce qu'attendaient les analystes, selon le consensus de FactSet.
Mais les investisseurs ont salué ces résultats à la Bourse de Milan et l'action gagnait 1,34% à 19,14 euros à 16H08, sur un marché en légère hausse (+0,48%).
- Venezuela -
Eni compte sur l'augmentation de sa production dans les mois à venir, en se concentrant notamment sur des gisements en Argentine, Chypre et des pays africains tels que la Côte d'Ivoire.
Au Venezuela, la relance de la production par les Etats-Unis permettra notamment à Eni de recouvrer en pétrole des impayés pour du gaz déjà livré, qui reviennent à environ 3 milliards de dollars, a expliqué Claudio Descalzi lors d'une conférence pour les analystes financiers.
Eni est aussi en discussion avec des sociétés américaines pour accélérer l'exploitation de gisements de pétrole, via la création d'une coentreprise. Il y aura aussi des opportunités dans le gaz, à extraire localement et à importer, a souligné le patron d'Eni.
Le groupe aux 32.000 salariés va encore optimiser ses coûts pour baisser de 1,5 milliard d'euros ses investissements, à 7 milliards d'euros, selon "une stratégie qui permet d'être toujours plus efficaces et continuer les explorations", a expliqué Claudio Desclazi.
Le dirigeant s'est félicité d'avoir gardé les "principales compétences" dans l'entreprise depuis les années 2000, dans le forage par exemple, et de gagner en vitesse "alors que les autres sociétés externalisaient".
Hors des puits, le groupe compte tripler d'ici à 2030 sa production de carburants renouvelables.
Eni a débuté la construction de deux bio-raffineries en Indonésie et en Malaisie, et a confirmé début 2026 qu'il allait transformer plus tôt que prévu son site de Priolo (Sicile) et une partie de celui de Sannazzaro de' Burgondi (nord de l'Italie) pour produire d'ici 2028 du biodiesel et des carburants aériens durables (SAF).
Il doit annoncer le 19 mars ses prévisions pour 2026 lors d'une journée pour les investisseurs, sans grands changements prévus dans la stratégie, définie comme "résiliente aussi bien sur des marchés favorables que sur ceux plus faibles". "Un dividende attractif est notre première priorité", a assuré Claudio Descalzi.
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