- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole ont terminé en légère baisse jeudi, les opérateurs accueillant sans enthousiasme la fin d'une nouvelle session de pourparlers entre Téhéran et Washington qui ne tempère pas vraiment les craintes d'une escalade militaire.
"Le marché a réagi toute la journée aux négociations entre les deux pays, avec des hauts et des bas", commente auprès de l'AFP John Kilduff, d'Again Capital.
En recul en début de séance, les prix ont ensuite grimpé de plus de 2% avant de redescendre.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, a finalement perdu 0,14% à 70,75 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, a cédé 0,32% à 65,21 dollars.
L'Iran et les Etats-Unis ont réalisé jeudi des "progrès significatifs" lors de leurs discussions indirectes en Suisse, selon le médiateur omanais.
De nouveaux échanges sont prévus la semaine prochaine, a prévenu de son côté l'Iran, évoquant des "bons progrès".
Reste que les intentions américaines sont toujours floues, avec des signaux contradictoires envoyés par la Maison Blanche.
Selon Homayoun Falakshahi, de Kpler, interrogé par l'AFP, "les chances d'un accord sont faibles, donc le risque géopolitique va rester élevé".
"Le marché a réagi de manière assez mesurée à tout cela jusqu'à présent, mais le renforcement militaire" dans le Golfe "amplifie ses inquiétudes", prévient John Kilduff.
L'Iran est un producteur important de pétrole et borde le détroit d'Ormuz par lequel transite environ 20% de la production mondiale d'or noir.
"En l'absence de quasiment toute autre voie d'exportation crédible" pour la production pétrolière des pays de la région, "même un incident naval mineur ou un durcissement du discours politique se répercute très rapidement sur les prix", explique Tobias Keller, d'UniCredit.
Selon John Kilduff, la prime de risque est actuellement de l'ordre de 10 dollars le baril.
Une attaque américaine d'ampleur sur l'Iran provoquerait directement "une hausse énorme des cours", au-delà des 80 dollars, et la suite dépendrait de la réplique iranienne, estime M. Falakshahi.
A l'inverse, une désescalade militaire "ou même une simple annonce de la part du gouvernement américain indiquant qu'ils ont conclu un accord avec lequel travailler" suffirait à faire dégonfler les prix, estime M. Kilduff.
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