TotalEnergies critiqué à gauche pour « l'aumône » du plafonnement des prix des carburants

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Une "aumône" ou une "mesurette" : la gauche a vivement dénoncé jeudi "la malhonnêteté" de l'annonce du plafonnement des prix des carburants à 1,99 euro le litre par TotalEnergies, alors que le groupe a engrangé 20,5 milliards d'euros de bénéfices en 2022.

Au lendemain de l'appel d'Emmanuel Macron à faire un "geste" pour contenir les prix à la pompe en cette période de forte inflation, le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné a annoncé mercredi que le litre d'essence sans plomb 95 ou de gazole serait plafonné à 1,99 euro pendant toute l'année dans les 3.400 stations-service du groupe en France.

La mesure - qui exclut les produits haut de gamme Excellium diesel et sans plomb 98 - sera mise en oeuvre samedi sur les autoroutes et à compter du 1er mars dans les autres stations du groupe, qui représentent près d'un tiers des 10.000 stations françaises.

Une annonce "indécente" pour le député de La France insoumise (LFI) Thomas Portes, qui a rappelé que "le prix à la pompe est plutôt autour de 1,70-1,80 euro" à l'heure actuelle, déplorant que le président "se contente de demander des gestes" aux entreprises sans rien imposer.

Tableau à l'appui, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a dénoncé sur Twitter "la malhonnêteté de cette annonce: sur les 13 derniers mois, le prix du litre de gazole a été quasiment tout le temps inférieur à 2 euros".

Les prix à la pompe en France restent en effet pour l'instant sous la barre symbolique des 2 euros.

Cette semaine, le prix du gazole s'établit à 1,83 euro le litre TTC en moyenne, le super SP95 à 1,90 euro le litre et le super SP95-E10, très consommé, à 1,87 euro, selon le site spécialisé du ministère de la Transition énergétique.

Mais l'embargo européen sur le gazole russe, en vigueur depuis début février, pourrait renchérir le diesel à l'avenir.

L'an dernier, le litre de gazole a dépassé 2 euros pendant deux périodes distinctes: juste après l'invasion russe de l'Ukraine (entre 2,14 euros et 2,11 euros du 11 au 25 mars), puis du 10 juin à début juillet avec un pic la semaine du 17 au 24 juin à 2,13 euros.

"Ça ne mange pas de pain"

Pour l'eurodéputée insoumise Manon Aubry, l'annonce de TotalEnergies est "une aumône", et pour le numéro 2 du Parti socialiste Nicolas Mayer-Rossignol, "une mesurette", ce dernier déplorant "une ultra-appropriation de superprofits par quelques-uns au détriment de beaucoup d'autres".

La critique est aussi venue d'un concurrent de TotalEnergies. "Pour le moment ça ne mange pas de pain", a estimé Michel-Edouard Leclerc sur RMC/BFMTV.

"Ça ne dit pas le taux de ristourne qu'il va faire, ni le montant de la restitution qu'il va faire aux Français, à partir des bénéfices fabuleux qu'il a réalisés. Il peut faire plus, il va faire plus je pense", a ajouté le président du comité stratégique des centres E.Leclerc.

Il a estimé que M. Pouyanné jouait de cette annonce pour négocier avec les syndicats et les pouvoirs publics pour que le 7 mars, jour de la prochaine grande mobilisation sociale contre la réforme des retraites, "les raffineries ne soient pas fermées".

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a tenté de défendre le groupe énergétique, en soulignant que "si on regarde les prix qui ont pu être atteints au cours des mois précédents", "l'impact de la ristourne est plus important", "de l'ordre de 40 centimes".

En marge d'un déplacement dans le Val-d'Oise, il a jugé que le "geste" de Total "n'existe pas forcément dans les pays qui nous entourent" et offre "de la visibilité" aux consommateurs puisqu'il court sur l'ensemble de l'année 2023.

De septembre à décembre 2022, TotalEnergies avait déjà accordé des remises à la pompe de 20 puis 10 centimes le litre dans ses stations, pour un coût total de 550 millions d'euros. Mais la ristourne s'appliquait quel que soit le prix à la pompe.

Cette mesure s'ajoutait alors à une remise financée par l'Etat, qui a pris fin le 31 décembre et que le gouvernement ne souhaitait pas prolonger au nom de la responsabilité budgétaire.

Commentaires

L.E.
Il y vraiment des gens qui ne sont jamais contents... Critiquer TotalEnergies, c'est bien gentil, mais pourquoi pas les majors, Exxon (Esso), Shell, BP, ou les autres groupes pétroliers distributeurs, ENI, Avia, par exemple, et enfin tous les distributeurs, Auchan, Leclerc, Intermarché, Carrefour etc... qui eux, n'ont ni dit ni fait quoi que ce soit ? Discours d'enfants gâté, et incohérent (quand on se veut écolo, on ne se plaint pas que l'essence soit trop chère ; on prend son vélo...)
Albatros
Nationalisons donc Total, comme ça la gauche sera contente de voir cette entreprise dans la brillante situation d'EDF. Quelle bande d'incompétents démagogues ! Qu'ils aillent au Venezuela constater la prospérité du système économique qu'ils prônent, ces imbéciles...

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