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Un rapport de l'ONU pointe le trafic illicite de charbon somalien via l'Iran

  • AFP
  • parue le

Les islamistes somaliens shebab profitent d'un trafic illégal de charbon produit en Somalie, qui a recours à de faux certificats d'origine et transite par l'Iran, affirment des experts de l'ONU dans un rapport transmis récemment au Conseil de sécurité.

"Depuis mars 2018 (...), les principales destinations portuaires du charbon somalien sont les Kish Free Zone et Qeshm Free Zone en Iran", indiquent des éléments de ce document auxquels a eu accès l'AFP.

Le trafic "s'appuie sur des faux certificats d'origine comportant des labels des Comores, de Côte d'Ivoire et du Ghana", précisent les experts, selon lesquels des cargaisons de charbon ont ensuite été étiquetées "Iran" avant de repartir notamment pour les Emirats arabes unis ou Oman.

Les importations de charbon somalien sont interdites par l'ONU depuis 2012 afin de couper des sources de financement des shebab, qui prélèvent des taxes sur les productions issues des régions somaliennes qu'ils contrôlent.

L'ONU estime que "3,6 millions de sacs de charbon ont été produits en 2017" pour l'exportation, générant "au moins 7,5 millions de dollars" de recettes pour les shebab. La taxation de chaque sac par les islamistes est évaluée à environ 2,5 dollars. Le rapport transmis au Conseil de sécurité a été réalisé par le groupe d'experts onusiens chargé de contrôler l'application des sanctions imposées à la Somalie.

"L'application de l'interdiction d'importer du charbon s'est améliorée", avec entre autres des saisies de cargaisons de charbon somalien par les Emirats et Oman, note leur rapport. Mais elle reste aléatoire, ajoute le document, qui s'en prend notamment à l'Iran et appelle "des pays comme la Côte d'Ivoire et le Ghana" à mieux contrôler l'émission de leurs certificats d'origine.

Dans leur rapport, les experts soulignent notamment "un manque de coopération de l'Iran lors des enquêtes liées à l'interdiction d'exporter et d'importer du charbon de Somalie".

Affiliés à Al-Qaïda, les shebab ont juré la perte du gouvernement fédéral somalien, soutenu par la communauté internationale et les 20 000 hommes de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom). Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales dans le pays.


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