- Connaissance des Énergies avec AFP
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Seul neuf navires commerciaux (pétroliers, cargos ou navires-citernes), dont certains camouflant par moments leur position, ont été détectés en traversant le détroit d'Ormuz depuis lundi, après de premières attaques visant des navires, selon les données du site MarineTraffic analysées par l'AFP.
Trois pétroliers et un navire transportant du gaz liquéfié ont notamment traversé cet étroit bras de mer, où transite normalement près de 20% du brut mondial et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL), en pleine guerre au Moyen-Orient.
Ce chiffre n'inclut que les navires ayant émis au moins un signal de part et d'autre du détroit d'Ormuz, sans d'éventuels autres voyageant entièrement sans émettre de position.
"Nous insistons sur la sécurité du détroit d'Ormuz et nous le contrôlons, mais nous ne le fermerons pas", a fait valoir Abolfazl Shekarchi, porte-parole des forces armées, sur la chaîne de télévision publique iranienne Irib.
Depuis les frappes israélo-américaines lancées le 28 février en Iran, les Gardiens de la Révolution bloquent de facto le trafic dans le détroit d'Ormuz.
Lundi soir, les Gardiens de la Révolution ont menacé de "brûler tout navire" tentant de franchir le détroit. Jeudi, Téhéran a assuré n'avoir "pas l'intention" à ce stade de fermer le passage.
Les tracés ne sont pas tous complets: certains pétroliers traversent le détroit "avec leur transpondeur éteint", avait souligné dès mercredi Matt Wright, analyste chez Kpler, l'éditeur du site MarineTraffic.
Un exemple: le pétrolier Kavomaleas a émis un signal le 3 mars à l'est du détroit, puis, quelques 14 heures plus tard de l'autre côté, dans le Golfe.
En temps normal, 138 navires traversent le détroit en 24 heures.
- Navires sanctionnés -
Un porte-conteneurs de 130 mètres immatriculé au Panama, a par exemple quitte le Pakistan lundi. Arrivé à l'entrée du détroit dans la nuit de mercredi à jeudi, il est à l'intérieur du Golfe depuis la matinée de jeudi.
Le Pushpak, un navire conçu pour le transport de produits dérivés du pétrole, est sorti du Golfe jeudi dans la soirée, en provenance d'un port irakien. Le Hout, un cargo immatriculé aux Comores, a quitté Dubai mardi pour se rendre à un port au sud-est de l'Iran.
Le Danuta I, un transporteur de gaz sous sanctions américaines, a traversé le détroit vendredi aux aurores. Le Parisan, immatriculé en Iran et également sanctionné par Washington, a traversé le détroit jeudi.
Entre les premières frappes américaines et les menaces explicites des Gardiens de la révolution, plusieurs navires ont encore transité.
Parmi eux, l'Athina: encore à l'est du détroit le 28 février, le pétrolier, repéré par le Financial Times, a émis une position à l'ouest d'Ormuz le 1er mars. Il a chargé du pétrole au Bahreïn avant de reprendre la route en direction du détroit. Il n'émet plus de signal depuis jeudi après-midi.
Selon le FT, il fait partie "d'au moins cinq navires" de la société Dynacom ayant traversé le détroit depuis le début de la guerre "tous avec leur transpondeur éteint", alors que la plupart des transporteurs ont suspendu leurs opérations.
Le passage reste cependant périlleux, comme le montre le Safeen Prestige, qui, naviguant depuis le Golfe vers l'est mardi, a été touché par des projectiles, selon l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO.
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