Un plan d'électrification « accélérée » attendu la semaine prochaine : quelles mesures ?

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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©Stellantis

Sébastien Lecornu a donné "instruction" mercredi à ses ministres d'identifier les actions prioritaires pour électrifier l'économie et moins dépendre des hydrocarbures importés, en suggérant notamment de les financer par les "surplus" de recettes fiscales sur les carburants, a indiqué Matignon à l'AFP.

Des retours attendus d'ici le 8 avril

Le Premier ministre demande ainsi au ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel "de travailler à une affectation des éventuels surplus de recettes fiscales liés à la hausse du prix des carburants pour financer les mesures prioritaires du plan d'électrification", selon le texte de ces instructions.

Il attend des retours de ses ministres d'ici le 8 avril. Le gouvernement doit présenter la semaine prochaine son plan d'électrification, destiné à réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles importées, dont les prix flambent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient il y a un peu plus d'un mois.

Le gouvernement a pour ambition de faire passer de 60 % à 40 % d'ici 2030 cette dépendance par l'électrification des transports avec davantage de voitures électriques ou de bâtiments équipés de pompes à chaleur.

Une offre de location de véhicules électriques dédiée à « certaines professions »

Ce plan d'électrification doit "être accéléré", car "la question n'est plus que climatique, elle touche désormais à l'intérêt national", fait valoir le Premier ministre. Il demande au ministre de l'Économie Roland Lescure de planifier cette sortie des dépendances, "avec un point de passage en 2030 et une cible en 2035".

Il est chargé de "mettre en place, dans les prochaines semaines, une offre de location de véhicules électriques dédiée à certaines professions" qui utilisent beaucoup leur voiture pour aller travailler, comme les infirmiers libéraux ou les aides-soignants. Ces professions subissent de plein fouet le contrecoup des hausses de prix de l'essence et du gazole.

Le chef du gouvernement souhaite aussi mobiliser des "financements alternatifs", notamment en lien avec des acteurs institutionnels tels que la Caisse des Dépôts et Consignations ou le monde bancaire pour aider certains secteurs, comme les boulangers, quand ils doivent électrifier leurs fours.

Les ministres de l'Aménagement du Territoire Françoise Gatel et des Transports Philippe Tabarot sont eux chargés de proposer "la décarbonation complète des mobilités routières" dans certains territoires "pilotes".

Sortie du gaz dans les logements neufs et le parc social

Sébastien Lecornu demande au ministre du Logement Vincent Jeanbrun "de préciser les modalités opérationnelles de la sortie du gaz" dans les logements neufs et ceux du parc social, pour que "les aides à la rénovation" permettent d'électrifier "les modes de chauffage et de production d'eau chaude".

La ministre déléguée chargée de la Mer Catherine Chabaud devra elle proposer "les options technologiques (électrification, biocarburants, carburants de synthèse) et les horizons temporels associés" permettant la décarbonation de la flotte de pêche.

Son collègue de l'Industrie, Sébastien Martin, est lui chargé "d'identifier les procédés industriels" pouvant être intégralement décarbonés d'ici 2030 ou 2035 et "identifier les capacités industrielles nationales relatives aux pompes à chaleur, aux véhicules électriques et aux équipements électriques professionnels".

Commentaires

Albatros
Panique générale ! On va faire des conneries encore plus rapidement, l'administration est à la manoeuvre, avec des génies aux commandes...
Studer
Le gouvernement veut la "sortie du gaz" dans les logements neufs et ceux du parc social" : c'est légitime. Mais alors pourquoi, dans la réglementation récente des logements neufs (RE2020) autant que dans la dernière révision des DPE (diagnostics de performance énergétique) a-t-il, contre toute logique, accepté de continuer à pénaliser l'électricité avec un coefficient 2.3 puis 2.1 par rapport au gaz, permettant à celui-ci de perdurer dans le chauffage des bâtiments, au détriment des pompes à chaleur (qui fonctionnent comme chacun sait à l'électricité) ? La réponse est connue : le lobby des gaziers, plus puissant à l'évidence que celui des électriciens. Au final, quand on fait n'importe quoi, on finit par faire le contraire de ce qu'on avait initialement prévu de faire.

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