Une banque irakienne pourrait cesser le paiement du gaz iranien si Washington annule une exemption

  • AFP
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La banque irakienne à travers laquelle Bagdad règle le gaz importé d'Iran cessera ses paiements si Washington annule l'exemption permettant aux autorités irakiennes de contourner les sanctions américaines sur le secteur énergétique iranien, a indiqué son directeur mardi.

Renouvelée tous les trois mois et arrivant à échéance mi-février, cette exemption permet à l'Irak, en pénurie chronique d'électricité, d'alimenter un tiers de son réseau.

Début janvier, Washington avait menacé l'Irak de lourdes sanctions, faisant notamment craindre la fin de l'exemption, peu après que le Parlement irakien eut réclamé le départ des troupes américaines du pays. Si l'exemption n'est pas renouvelée, "nous arrêterons. C'est aussi simple que ça", a affirmé à l'AFP Faisal al-Haimous, directeur de la Trade Bank of Irak (TBI, publique), par laquelle l'Irak paie le gaz iranien qu'il importe.

Dans la foulée du retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien en 2018, Washington a rétabli des sanctions asphyxiantes pour l'économie iranienne, notamment contre son secteur énergétique. Mais depuis 15 mois, Bagdad bénéficie d'une exemption lui permettant de continuer à importer de l'électricité et 28 millions de mètres cubes de gaz iranien par jour.

Bagdad paie ce gaz en plaçant des dinars irakiens sur un compte de la banque TBI qui permet en retour à l'Iran d'acheter des biens échappant aux sanctions. "Si l'exemption est annulée, la TBI ne paiera bien sûr plus de gaz à l'Iran ni n'aura de relations avec des entités iraniennes sur l'achat de gaz ou d'électricité", a précisé M. Haimous. Il a souligné la nécessité de se conformer aux règles internationales. "C'est pour cela que les gens ont confiance en nous", a-t-il dit.

Début janvier, le Parlement irakien a demandé au gouvernement de mettre fin à la présence des troupes étrangères - dont 5 200 soldats américains - dans le pays, après l'assassinat du puissant général iranien Qassem Soleimani par une frappe de drone américain le 3 janvier près de l'aéroport de Bagdad.

En réaction au vote, le président américain Donald Trump avait menacé l'Irak de sanctions "comme il n'en ont jamais vu auparavant". Washington avait ensuite menacé Bagdad de bloquer le compte bancaire ouvert à la Réserve fédérale américaine (Fed) en 2003 et par lequel transite l'ensemble des revenus du pétrole irakien en dollars, soit 90% du budget du deuxième producteur de l'OPEP.

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