- Connaissance des Énergies avec AFP
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Il est "trop tôt" pour savoir s'il faut taxer les surprofits des groupes énergétiques, comme le demandent certains partis politiques, a jugé lundi le gouverneur de la Banque de France, ajoutant qu'une telle mesure, si elle était mise en place, devrait être ciblée et "temporaire".
« Un peu trop tôt pour le dire »
Interrogé sur BFMTV/RMC sur l'hypothèse de "mettre à contribution des très grosses entreprises, quand on voit les profits de Total", François Villeroy de Galhau a jugé qu'il était "un peu trop tôt pour le dire". Il a cependant estimé que si un tel mécanisme "devait être mis en place, c'est (...) ciblé sur certains profits liés à la crise énergétique et (de façon) temporaire".
Le géant pétrogazier français TotalEnergies a enregistré au premier trimestre une hausse de près de 50 % de son bénéfice net, dopé par l'augmentation des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient.
Le Parti socialiste a déposé une proposition de loi visant à la taxation des surprofits des groupes énergétiques, une mesure soutenue par l'ensemble de la gauche. Le Rassemblement national est également en faveur du principe d'une taxation, si le plafonnement des prix à la pompe qu'il préconise se révélait insuffisant.
"Plus les choses se prolongent, plus on se rapproche d'un choc pétrolier", analyse le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau pic.twitter.com/oVuqcVxh9u
— BFM (@BFMTV) May 4, 2026
« Nous n'avons plus d'argent pour financer des mesures générales »
Le gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a par ailleurs insisté sur la nécessité que les mesures prises par le gouvernement pour aider les trois millions de travailleurs modestes grands rouleurs "restent temporaires".
"Qu'est-ce qui s'est passé après 2022, le précédent choc lors de l'invasion de l'Ukraine ? On a pris des mesures puis on n'a pas réussi à retirer ces mesures favorables quand le prix du pétrole a baissé. Alors ça, ça coûte beaucoup trop cher", a-t-il détaillé.
"Nous n'avons plus d'argent pour financer des mesures générales. Donc il faut prendre des mesures ciblées, temporaires, sur les gros rouleurs", a-t-il souligné. Il a en outre estimé que les mesures générales étaient "assez inefficaces", notamment car "ça encourage la demande de carburant et donc ça contribue à la hausse des prix. Ça fait le contraire de ce qu'on voudrait".
Une indemnité carburant de 50 euros a été annoncée pour les grands rouleurs, pour faire face à la flambée persistante des prix du pétrole. La plateforme destinée à en faire la demande sera ouverte à partir du 27 mai.