Une éventuelle taxe sur les surprofits énergétiques devrait rester « temporaire », juge le gouverneur de la Banque de France

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Il est "trop tôt" pour savoir s'il faut taxer les surprofits des groupes énergétiques, comme le demandent certains partis politiques, a jugé lundi le gouverneur de la Banque de France, ajoutant qu'une telle mesure, si elle était mise en place, devrait être ciblée et "temporaire".

« Un peu trop tôt pour le dire »

Interrogé sur BFMTV/RMC sur l'hypothèse de "mettre à contribution des très grosses entreprises, quand on voit les profits de Total", François Villeroy de Galhau a jugé qu'il était "un peu trop tôt pour le dire". Il a cependant estimé que si un tel mécanisme "devait être mis en place, c'est (...) ciblé sur certains profits liés à la crise énergétique et (de façon) temporaire".

Le géant pétrogazier français TotalEnergies a enregistré au premier trimestre une hausse de près de 50 % de son bénéfice net, dopé par l'augmentation des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient.

Le Parti socialiste a déposé une proposition de loi visant à la taxation des surprofits des groupes énergétiques, une mesure soutenue par l'ensemble de la gauche. Le Rassemblement national est également en faveur du principe d'une taxation, si le plafonnement des prix à la pompe qu'il préconise se révélait insuffisant.

« Nous n'avons plus d'argent pour financer des mesures générales »

Le gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a par ailleurs insisté sur la nécessité que les mesures prises par le gouvernement pour aider les trois millions de travailleurs modestes grands rouleurs "restent temporaires".

"Qu'est-ce qui s'est passé après 2022, le précédent choc lors de l'invasion de l'Ukraine ? On a pris des mesures puis on n'a pas réussi à retirer ces mesures favorables quand le prix du pétrole a baissé. Alors ça, ça coûte beaucoup trop cher", a-t-il détaillé.

"Nous n'avons plus d'argent pour financer des mesures générales. Donc il faut prendre des mesures ciblées, temporaires, sur les gros rouleurs", a-t-il souligné. Il a en outre estimé que les mesures générales étaient "assez inefficaces", notamment car "ça encourage la demande de carburant et donc ça contribue à la hausse des prix. Ça fait le contraire de ce qu'on voudrait".

Une indemnité carburant de 50 euros a été annoncée pour les grands rouleurs, pour faire face à la flambée persistante des prix du pétrole. La plateforme destinée à en faire la demande sera ouverte à partir du 27 mai.

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