- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le géant français du cycle du combustible d'uranium Orano (ex-Areva), se dit favorable à une "solution négociée" et veut "amorcer un dialogue" avec la junte militaire au Niger sur le cas de ses activités minières, dont il a été exproprié dans ce pays.
L'exploitation de l'uranium au Niger est au centre d'un bras de fer entre la junte qui a pris le pouvoir en 2023 à Niamey et l'ancienne puissance coloniale française, qui détient 90% du capital d'Orano.
A ce titre, la junte au pouvoir a décrété en juin dernier la nationalisation forcée de la Somaïr, une filiale du groupe qui a en retour engagé plusieurs procédures judiciaires pour faire valoir ses droits.
Mais le groupe se dit prêt à "amorcer le dialogue", comme il l'a toujours fait valoir selon lui, a indiqué le directeur général d'Orano, Nicolas Maes, à l'occasion d'un échange avec les journalistes pour la publication de ses résultats annuels vendredi.
"On pense que la meilleure solution pour le Niger, pour nous et pour les mines, pour les salariés (...), c'est de trouver une solution négociée", a-t-il poursuivi.
Selon lui, "il y a peu de chances qu'Orano revienne au Niger", dans les mêmes conditions qu'avant.
Mais, plaide-t-il, "il faut qu'on se mette autour d'une table pour discuter, parce qu'il y a beaucoup de façons d'envisager le sujet", a-t-il dit.
"Discuter d'abord parce qu'on avait des droits (sur la production), (...) et que d'une certaine manière nos biens ont été pris. La deuxième chose pour laquelle on veut discuter, c'est qu'on pense qu'il y a besoin des compétences techniques d'Orano, de ses données, pour pouvoir redonner un futur à ces mines car ces mines méritent un futur", a-t-il développé.
Le dirigeant a estimé que dans les récentes déclarations de la junte, il y avait "peut-être le début d'ouverture d'une discussion", mais d'un autre côté, il considère "que les montants d'uranium mis sur la table ne permettaient pas de trouver un deal".
M. Maes faisait référence notamment aux propos du général Tiani il y a quelques jours qui s'est dit prêt à "envoyer" à la France sa part sur l'uranium trouvé à l'arrivée au pouvoir de la junte sur le site de la Somaïr, soit une centaine de tonnes, selon lui. Mais "tout ce qui a été produit par la suite est nigérien et restera nigérien", avait-il martelé.
Cette quantité correspond selon M. Maes "aux volumes qui devaient être en stock à la mine le jour du coup d'Etat", le 26 juillet 2023. Or par la suite, la mine "a continué de produire pendant un moment".
Orano, qui s'estime dépossédé de cette marchandise, a engagé quatre procédures d'arbitrage en réaction. L'une a donné lieu à une décision en sa faveur "qui interdisait au gouvernement nigérien de toucher aux stocks" de la Somaïr, a rappelé récemment le président du conseil d'administration d'Orano Claude Imauven. Selon l'entreprise, ces stocks représentent une valeur marchande de 300 millions d'euros.