- Connaissance des Énergies avec AFP
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La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a nommé mercredi une nouvelle ministre des Hydrocarbures, un poste occupé jusqu'à présent par elle-même.
Mme Rodriguez était vice-présidente et ministre des Hydrocarbures lors de la capture du président Nicolas Maduro à la suite d'une opération militaire américaine le 3 janvier, et avant de prendre les rênes du pouvoir comme présidente intérimaire.
"J'ai nommé l'ingénieure pétrolière Paula Henao nouvelle ministre des Hydrocarbures", a annoncé la dirigeante sur Telegram.
La nouvelle ministre aura pour tâche de "continuer à dynamiser le moteur énergétique de notre pays et de renforcer le développement souverain de l'industrie pétrolière, gazière et pétrochimique nationale", a-t-elle indiqué.
Paula Henao compte plus de 20 ans d'expérience au sein de la compagnie publique vénézuélienne Petroleos de Venezuela (PDVSA). Elle occupait jusqu'à présent le poste de vice-ministre en charge du Pétrole.
Cette nomination intervient après les visites des ministres américains de l'Energie et de l'Intérieur, venus discuter de questions énergétiques avec le Venezuela.
La présidente par intérim a, sous pression américaine, procédé depuis janvier à une révision de la loi sur les hydrocarbures ouvrant le secteur au privé, promulgué une amnistie devant permettre la libération de tous les prisonniers politiques et annoncé une réforme judiciaire, en plus de la promesse de révision du code minier favorable aux entreprises américaines.
Depuis son accession au pouvoir, Delcy Rodriguez a renouvelé plusieurs pièces maîtresses de son gouvernement.
- Industrie pétrolière très affaiblie -
Le portefeuille du pétrole est essentiel au Venezuela, pays qui possède les plus grandes réserves connues au monde.
L'industrie pétrolière dans le pays est très affaiblie après des années de désinvestissement et de corruption, auxquels s'ajoute un embargo imposé par les Etats-Unis en 2019.
Selon le dernier rapport de l'OPEP, le Venezuela a produit en février près d'un million de barils par jour, un chiffre encore très éloigné de son apogée de 3 millions de barils/jour il y a une vingtaine d'années.
Les Etats-Unis affirment contrôler le pétrole vénézuélien et ont accordé des permis à six multinationales (Chevron, Shell, Repsol, Maurel & Prom, ENI et BP) pour opérer dans ce pays caribéen malgré les sanctions.
Le cabinet de conseil Ecoanalitica estime que cette relance portera la production à 1,3 million de barils/jour en 2026 et à 1,5 million de barils/jour l'année suivante.
Des dirigeants de compagnies pétrolières ont averti plus tôt mercredi, lors d'un forum à Caracas, de la difficulté de rétablir la production en raison des pannes constantes du système électrique.
S'ajoutent d'autres difficultés, telles que la faible capacité de stockage de brut, qui est de 15 à 30 jours, des systèmes informatiques obsolètes, l'absence de données sur les puits et la pénurie de ressources humaines.
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