- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté, dans des propos publiés vendredi, le principe d'un arrêt mutuel des frappes sur les infrastructures énergétiques avec la Russie, au lendemain de l'annonce par Donald Trump d'une supposée trêve sur fond de températures glaciales en Ukraine.
« Nous ne frapperons pas les leurs »
Le Kremlin a de son côté affirmé vendredi que le président américain avait demandé à son homologue russe Vladimir Poutine de cesser jusqu'au 1er février les frappes sur la capitale ukrainienne Kiev, où le réseau énergétique a souffert des bombardements précédents. Des frappes russes ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi en Ukraine. L'armée de l'air ukrainienne a fait état d'un missile et de 111 drones tirés, dont 80 ont été abattus, sans préciser quel type d'installations ont été visées.
Le dirigeant américain avait annoncé jeudi avoir demandé "personnellement" à Vladimir Poutine de cesser les frappes sur Kiev et d'autres villes "pendant une semaine" alors qu'est attendue une vague de froid intense, et assuré que le président russe "avait accepté de le faire".
La Maison Blanche n'a cependant livré aucun détail sur les contours exacts de cette trêve, ni sa date de début ni quel type de frappes seraient concernées. Elle intervient alors que Russes et Ukrainiens doivent se retrouver dimanche pour des pourparlers directs aux Émirats arabes unis.
"Si la Russie ne frappe pas nos infrastructures énergétiques - installations de production ou tout autre infrastructure énergétique -, nous ne frapperons pas les leurs", a déclaré M. Zelensky à des journalistes, dont ceux de l'AFP, en réponse à cette annonce.
Jeudi soir, il avait dit compter sur les États-Unis pour parvenir à cette trêve, alors que le réseau énergétique ukrainien a été sévèrement mis à mal par des bombardements russes massifs ces derniers mois. Ces frappes ont provoqué des coupures d'électricité et de chauffage d'ampleur dans plusieurs grandes villes d'Ukraine, dont la capitale, Kiev, où jusqu'à la moitié des immeubles ont été par moments affectés.
Donald Trump a dit avoir fait cette demande en raison du froid "exceptionnel" en Ukraine, les météorologues annonçant des températures nocturnes pouvant descendre jusqu'à -30°C dans les prochains jours.
Pas de compromis sur les territoires
Le maire de Kiev, Vitaly Klitschko, a rapporté sur Telegram que 378 bâtiments restaient sans chauffage dans la capitale ukrainienne après les précédentes frappes russes, alors que les travaux de réparation se poursuivent.
L'Ukraine frappe de son côté régulièrement des raffineries et dépôts pétroliers en Russie et des infrastructures de transport d'hydrocarbures, provoquant d'importants incendies. Les régions russes frontalières ont aussi connu par moments des coupures de courant à cause des bombardements ukrainiens.
Russes, Ukrainiens et Américains ont entamé la semaine dernière un cycle de pourparlers à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, sur le plan proposé par Washington pour mettre fin à quatre ans de combats.
Volodymyr Zelensky a indiqué que les discussions butent toujours sur l'épineuse question des territoires de l'est de l'Ukraine que Moscou revendique. La Russie exige notamment que les forces ukrainiennes se retirent des zones de la région de Donetsk qu'elles contrôlent encore.
"Jusqu'ici, nous n'avons pas réussi à trouver un compromis sur la question territoriale, en particulier concernant une partie de l'est de l'Ukraine", a indiqué le président ukrainien.
« Désescalade »
Selon lui, la Russie a aussi interrompu les échanges de prisonniers de guerre, dont le dernier en date remonte à l'année dernière. Ce type d'échanges était le seul résultat concret des dernières négociations russo-ukrainiennes, en 2025 à Istanbul en Turquie.
Côté russe, le Kremlin avait confirmé jeudi que le dialogue "se poursuivait" sans vouloir commenter les détails du processus.
Le plan américain prévoit des concessions, notamment territoriales, de la part de Kiev en échange de garanties de sécurité de la part de Washington afin de dissuader la Russie d'attaquer à nouveau.
Selon M. Zelensky, l'objectif des Américains est aussi de travailler à une "désescalade" afin que Moscou et Kiev s'abstiennent "d'utiliser leurs capacités de longue portée afin de créer davantage d'espace pour la diplomatie".
Jeudi, Donald Trump a assuré que "beaucoup de progrès" avaient été faits jusqu'ici dans les pourparlers diplomatiques.