96,9
production mondiale
de pétrole en 2024
20,1
1ᵉʳ producteur : États-Unis
devant l'Arabie saoudite (10,9)
59 %
consommé par les transports
routier, aérien et maritime
159
dans un baril
soit 42 gallons
Qu'est-ce que le pétrole ? Définition et formation
Le pétrole est une huile minérale naturelle formée dans les profondeurs de la Terre à partir d'un mélange d'hydrocarbures (molécules de carbone et d'hydrogène). Énergie fossile par excellence, il alimente la quasi-totalité des carburants liquides et constitue une matière première essentielle de la pétrochimie.
Le pétrole, du latin petra et oleum, soit « huile de pierre », est une huile minérale naturelle utilisée comme source d'énergie. Il est issu d'un mélange d'hydrocarbures (molécules composées d'atomes de carbone et d'hydrogène) associé à d'autres atomes, principalement de soufre, d'azote et d'oxygène.
Selon la température et la pression, certains de ses composants peuvent être gazeux, liquides et parfois solides. Cela explique la consistance variable du pétrole, plus ou moins visqueuse ou liquide.
L'exploitation du pétrole comme source d'énergie, dite fossile, est l'un des piliers de l'économie industrielle contemporaine. Dense, facilement stockable et transportable, le pétrole fournit la quasi-totalité des carburants liquides. Il est aussi fréquemment utilisé pour la pétrochimie (caoutchoucs, plastiques, textiles, chimie).
Sa constitution est issue de la géologie sédimentaire d'un lieu et, plus spécifiquement, de la succession de trois phases :
- la phase d'accumulation de matière organique ;
- la phase de maturation en hydrocarbures (pyrolyse) ;
- les phases de migration et de piégeage, au cours desquelles une partie des hydrocarbures migre vers la surface de la Terre.
La naissance d'un gisement de pétrole (ou de gaz, les deux étant corrélés) résulte ainsi d'une conjonction favorable de facteurs géologiques. Cela influe sur la disparité des gisements dans le monde et les typologies de pétrole. Les pétroles sont généralement classés selon leur origine et leur composition (fluidité, densité mesurée en degrés API, teneur en soufre, etc.).
Dans l'usage, on distingue aussi :
- les pétroles « conventionnels » ;
- les pétroles « non conventionnels », comme les sables bitumineux et les schistes bitumineux.
De l'exploration à la distribution : la chaîne de valeur du pétrole
La filière pétrolière se divise en deux grands maillons : l'amont (exploration et production, c'est-à-dire la recherche des gisements et l'extraction du brut) et l'aval (transport, raffinage, stockage et distribution des produits finis comme l'essence, le gazole ou le kérosène).
En amont : l'exploration pétrolière et la production
L'exploration consiste à rechercher des gisements. Géologues et géophysiciens collaborent à cette investigation chargée d'enjeux économiques. Après l'étude détaillée des structures géologiques en surface et en profondeur, et leur imagerie par la sismique, seul le forage peut certifier la présence de pétrole. Les profondeurs de forage dans la terre varient le plus souvent entre 2 000 et 4 000 m.
La phase de production, et plus précisément d'extraction du pétrole, nécessite des techniques complexes : le maillage du réservoir par des puits multiples, le maintien de la pression du réservoir par injection d'eau et/ou de gaz, la séparation pétrole/gaz en surface et l'expédition vers les marchés.
L'optimisation de la production finale est corrélée au choix crucial de l'emplacement et de la trajectoire des puits ainsi qu'à une gestion rigoureuse des réservoirs. En moyenne, seulement 35 % des volumes de pétrole en place dans un gisement sont récupérés, selon IFP Énergies nouvelles(1).
L'exploration et la production ont historiquement été prioritairement effectuées à terre, par facilité d'accès. Depuis les dernières décennies, les développements s'orientent de plus en plus vers l'offshore (forages en mer), évoluant vers des techniques plus complexes et des eaux plus profondes.
En aval : le transport, le raffinage, le stockage et la distribution
Les zones de production sont le plus souvent éloignées des zones de consommation. Pour acheminer le pétrole d'une zone à l'autre, deux modes de transport principaux sont utilisés :
- l'oléoduc (ou pipeline) ;
- le navire pétrolier, par voie maritime.
Le pétrole brut n'est pas utilisé tel quel et nécessite une transformation : le raffinage. Il consiste en premier lieu à distiller le pétrole afin de séparer les hydrocarbures suivant leur densité. Au fil du temps, nombre de procédés ont été développés (craquage, reformage) pour accroître la part des hydrocarbures les plus profitables (ex. : essence et gazole) en diminuant celle de fioul lourd, et pour rendre les carburants plus propres à l'emploi (élimination du soufre).
Les raffineries transforment le pétrole brut en divers produits pétroliers finis, tels que l'essence, le diesel, le kérosène et le mazout, le plus souvent après transport depuis le lieu d'extraction. En France, il existe 7 raffineries de pétrole en activité, dont 6 situées en métropole et 1 en Martinique.
Par ordre d'importance (en matière de capacité de raffinage) :
- la raffinerie de Gonfreville-l'Orcher près du Havre (12 Mt de capacité de raffinage, exploitée par TotalEnergies) ;
- la raffinerie de Port-Jérôme-Gravenchon (12 Mt, Esso-ExxonMobil) ;
- la raffinerie de Donges près de Saint-Nazaire (11 Mt, TotalEnergies) ;
- la raffinerie de Lavéra près de Martigues (9,9 Mt, Petroineos) ;
- la raffinerie de Fos-sur-Mer près de Marseille (6,6 Mt, Rhône Energies) ;
- la raffinerie de Feyzin près de Lyon (5,6 Mt, TotalEnergies) ;
- la raffinerie des Antilles (0,8 Mt, SARA).
À découvrir également : les raffineries françaises en images.
Les dépôts de pétrole jouent un rôle crucial dans la chaîne logistique, permettant de stocker les produits raffinés et de les distribuer efficacement sur l'ensemble du territoire, vers les stations-service et autres utilisateurs industriels. Leur localisation stratégique permet de répondre aux besoins énergétiques nationaux tout en facilitant la distribution des produits pétroliers à travers le pays.
La France dispose d'environ 200 dépôts secondaires, pour 14,7 millions de m³ de capacité de stockage, selon UFIP Énergies & Mobilités(2). Parmi les principaux dépôts : Donges (près de Saint-Nazaire), Vern-sur-Seiche (près de Rennes), Lyon, Strasbourg, Gennevilliers (près de Paris), Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône ou encore Dunkerque.
Les acteurs de la chaîne de valeur
Il existe plusieurs catégories de compagnies pétrolières :
- les compagnies nationales ;
- les grandes compagnies privées multinationales, comme TotalEnergies ;
- les indépendants ;
- les raffineurs.
Production de pétrole dans le monde
La production mondiale de pétrole a atteint 96,9 millions de barils par jour en 2024. Les États-Unis en sont de loin le premier producteur (20,1 Mb/j), devant l'Arabie saoudite (10,9 Mb/j) et la Russie ; les pays de l'OPEP assurent environ un tiers du total.
La production mondiale de pétrole a avoisiné 96,9 millions de barils/jour en 2024(3) (contre 88,7 Mb/j une décennie plus tôt, en 2014). Les États-Unis sont les premiers producteurs de pétrole au monde (20,1 Mb/j en 2024), désormais loin devant l'Arabie saoudite (10,9 Mb/j en 2024), et contribuent à tirer la croissance mondiale.
Le tableau ci-dessous détaille la production par pays lors de la dernière année complète de la série disponible (2022), à titre de repère historique.
| Pays | 2022 | 2021 | Évolution | Part mondiale |
|---|---|---|---|---|
| États-Unis | 17,8 | 16,7 | 6,5 % | 18,9 % |
| Arabie saoudite | 12,1 | 11,0 | 10,8 % | 12,9 % |
| Russie | 11,2 | 11,0 | 1,8 % | 11,9 % |
| Canada | 5,6 | 5,4 | 3,0 % | 5,9 % |
| Irak | 4,5 | 4,1 | 10,2 % | 4,8 % |
| Chine | 4,1 | 4,0 | 2,9 % | 4,4 % |
| Émirats arabes unis | 4,0 | 3,6 | 10,4 % | 4,3 % |
| Iran | 3,8 | 3,7 | 4,6 % | 4,1 % |
| Brésil | 3,1 | 3,0 | 3,9 % | 3,3 % |
| Koweït | 3,0 | 2,7 | 12,0 % | 3,2 % |
| Mexique | 1,9 | 1,9 | 0,9 % | 2,1 % |
| Norvège | 1,9 | 2,0 | -6,3 % | 2,0 % |
| Kazakhstan | 1,8 | 1,8 | -2,0 % | 1,9 % |
| Qatar | 1,7 | 1,7 | 1,8 % | 1,9 % |
| Algérie | 1,5 | 1,4 | 8,9 % | 1,6 % |
| Nigéria | 1,5 | 1,6 | -11,2 % | 1,5 % |
| Total monde | 93,8 | 90,1 | +4,2 % | 100 % |
Production de pétrole par pays en 2022 et 2021 (Mb/j) et part dans la production mondiale — série historique, Statistical Review of World Energy. Les chiffres 2024 les plus récents figurent dans le texte ci-dessus.
Environ un tiers de la production mondiale est issu des pays membres de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), avec 32,8 Mb/j en 2024(4).
Hors OPEP, les principaux pays producteurs/exportateurs de pétrole sont les États-Unis, la Russie, la Chine, le Canada, le Mexique, le Brésil, la Norvège et le Kazakhstan.
Le Guyana (avec l'Essequibo, sa zone contestée avec le Venezuela) émerge également parmi les gros producteurs susceptibles de contribuer à tirer la croissance de la production mondiale de pétrole à l'avenir.
Le baril : unité de mesure et ordres de grandeur
Le baril est l'unité de référence pour mesurer les volumes de pétrole. Il équivaut à 42 gallons, soit près de 159 litres. Hérité des tonneaux en bois utilisés au XIXe siècle pour transporter le brut aux États-Unis, il n'a jamais eu de statut d'unité légale.
L'unité couramment utilisée pour quantifier les volumes de pétrole est le baril (bbl ou b). Un baril équivaut à 42 gallons, soit près de 159 litres (158,9873 litres exactement). Cette unité n'est pas légale : elle est utilisée depuis l'origine de l'extraction aux États-Unis, au XIXe siècle, car le pétrole était alors stocké et transporté dans des tonneaux en bois de 159 litres, appelés barils.
On considère qu'un très bon puits peut produire de l'ordre de 10 kb/j ou plus pendant 20 ans. Un grand gisement peut contenir 1 milliard de barils de réserves ou plus.
La découverte de réserves de pétrole dans un pays est souvent perçue comme un miracle pour son économie, en raison de l'influence considérable des revenus pétroliers sur les budgets publics. La « malédiction du pétrole » désigne toutefois une situation économique paradoxale, caractérisée notamment par les difficultés des populations à profiter de la rente pétrolière.
La valeur d'un pétrole brut dépend de son origine géographique et de ses caractéristiques physico-chimiques propres. En simplifiant, plus le brut est léger (c'est-à-dire apte à fournir une plus grande proportion de produits à forte valeur marchande) et moins il contient de soufre, plus il vaut cher.
Usages et consommations de pétrole
Le pétrole sert avant tout de carburant : près de 59 % du pétrole mondial est consommé par les transports (routier, aérien, maritime). Il alimente aussi la pétrochimie (plastiques, textiles, médicaments), le chauffage, les travaux publics (bitume) et, de façon désormais marginale, la production d'électricité.
Le pétrole est utilisé pour des applications variées depuis des siècles. C'est au tout début du XXe siècle qu'il devient une donnée essentielle de l'économie, en raison de son utilisation pour l'éclairage d'abord, puis comme carburant pour les moteurs à explosion (automobile).
À l'origine de la deuxième révolution industrielle, le pétrole a succédé au charbon et a rapidement suscité un vif intérêt économique pour les pays producteurs. La période 1920-1970 est marquée par une série de grandes découvertes de gisements, en particulier au Moyen-Orient.
En parallèle, les marchés liés au pétrole se développent :
- les carburants (essence, gazole) ;
- les filières industrielles du pétrole (pétrochimie) ;
- les produits dérivés (matières plastiques, caoutchouc, etc.) ;
- la production d'électricité.
Source d'énergie ou de matière première, c'est dans les transports (fret routier, véhicules, navires, avions) que sa domination est la plus nette : près de 59 % du pétrole mondial est consommé par le secteur des transports. Pour ce qui relève de la production d'électricité, le pétrole a vu sa part diminuer progressivement depuis 30 ans. S'y sont souvent substitués le gaz naturel, le nucléaire et les énergies renouvelables.
Les transports
Le pétrole fournit une variété de carburants essentiels pour différentes formes de mobilité :
- l'essence et le diesel, pour les véhicules routiers ;
- le kérosène, pour l'aviation ;
- le fioul lourd, souvent utilisé par les navires de commerce et de croisière ;
- des lubrifiants, également fabriqués à partir de pétrole.
Le pétrole est ainsi indispensable au transport routier, aérien, maritime et ferroviaire, facilitant la mobilité des personnes et le transport des marchandises à l'échelle mondiale.
Les produits du quotidien
Un grand nombre de produits qui nous entourent sont fabriqués à partir de pétrole, comme la plupart des matières plastiques, des solvants ou des cosmétiques. Environ 99 % des matières plastiques et une majorité des textiles (nylons, polyesters, etc.) sont issus de la pétrochimie. Celle-ci permet aussi de produire des détergents, des caoutchoucs, des adhésifs et même des médicaments.
L'habitat et les bâtiments publics
Les GPL, ou gaz de pétrole liquéfiés (butane, propane), issus du raffinage du pétrole ou du traitement du gaz naturel, sont utilisés en bouteilles pour la cuisson des aliments ou le chauffage domestique. Le fioul, également issu du raffinage du pétrole, reste beaucoup utilisé pour le chauffage.
La production d'électricité
Les centrales thermiques à fioul ne produisent désormais moins de 3 % de l'électricité mondiale, une part en recul continu.
Les travaux publics
Le secteur de la construction routière utilise 90 % de la production mondiale de bitume, produit issu des pétroles lourds. Par ailleurs, les engins de travaux publics fonctionnent fréquemment au gazole.
Les secteurs de l'agriculture et de la pêche
De nombreux engrais et pesticides sont issus de transformations pétrochimiques, et les machines agricoles fonctionnent souvent au fioul domestique (tracteurs, moissonneuses, etc.), tout comme les bateaux de pêche.
Prix du pétrole
Le prix du pétrole correspond au cours du baril sur les marchés mondiaux. Il dépend de l'équilibre entre offre et demande, des décisions de production de l'OPEP+, des tensions géopolitiques et de la conjoncture économique, ce qui en fait l'un des indicateurs les plus volatils de l'économie mondiale.
Ce qui fait varier le prix du baril
Le cours du pétrole représente le prix du baril sur les marchés mondiaux et fluctue en fonction de divers facteurs économiques, politiques et environnementaux. Il est déterminé par l'offre et la demande globales, les décisions de production des grands pays producteurs regroupés au sein de l'OPEP, les tensions géopolitiques dans les régions productrices, ainsi que les conditions météorologiques affectant l'extraction et le transport du pétrole.
Le cours du pétrole est une mesure cruciale car il influence non seulement le coût de l'énergie, mais aussi l'économie mondiale, en affectant les coûts de production, les prix des biens de consommation et la stabilité économique des pays dépendant de l'exportation du pétrole. L'approvisionnement en pétrole est libre sur un marché mondial très ouvert.
Les grandes variations depuis 1970
Jusqu'au début des années 1970, une période de stabilité prévaut, avec un baril à 2 dollars. Depuis, le prix du pétrole a connu plusieurs grandes variations, souvent liées à des événements géopolitiques, économiques et à des chocs de l'offre et de la demande.
Dans les années 1970, deux chocs pétroliers marquent profondément le marché. Le premier, en 1973-1974, est déclenché par l'embargo pétrolier de l'OPEP en réponse au soutien occidental à Israël pendant la guerre du Kippour : il quadruple le prix du pétrole, qui passe d'environ 3 à 12 dollars le baril. Le second, en 1979-1980, provoqué par la révolution iranienne et la guerre Iran-Irak, double encore le prix du pétrole, atteignant environ 39 dollars le baril.
Les années 1980 voient un effondrement des prix, à la suite d'une surabondance de l'offre (hausse de la production de l'OPEP et des pays non membres) combinée à une baisse de la demande. En 1986, les prix chutent de plus de 50 %, tombant à environ 10 dollars le baril. Dans les années 1990, la guerre du Golfe (1990-1991) provoque une montée soudaine des prix, jusqu'à environ 41 dollars le baril, avant un reflux rapide.
Au début des années 2000, les prix montent en flèche sous l'effet de la demande mondiale (notamment de la Chine et de l'Inde) et des tensions au Moyen-Orient, culminant à un pic historique de 147 dollars le baril en juillet 2008. La crise financière de 2008 provoque ensuite un effondrement, à environ 30 dollars le baril en décembre 2008.
La décennie suivante est marquée par de fortes fluctuations, notamment la chute des prix de plus de 70 % entre 2014 et 2016 (surproduction de pétrole de schiste aux États-Unis), jusqu'à environ 26 dollars le baril en février 2016. Les années 2020 apportent de nouveaux défis : la pandémie de Covid-19 en 2020 réduit drastiquement la demande, faisant chuter les prix en territoire négatif pour la première fois de l'histoire en avril 2020 (WTI à -37 dollars le baril).
Plus récemment, en 2022, l'invasion de l'Ukraine par la Russie et les sanctions consécutives ont provoqué une nouvelle montée des prix, au-delà de 120 dollars le baril. Ces variations illustrent la sensibilité des prix du pétrole aux événements géopolitiques, aux fluctuations de la demande mondiale et aux changements technologiques.
Quel avenir pour le pétrole ?
L'avenir du pétrole se joue entre le débat sur le pic de production, une demande mondiale encore en hausse (hors Europe) et les politiques climatiques visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles. L'AIE table sur une demande satisfaite au-delà de 2030 (jusqu'à 103 Mb/j).
Pic pétrolier
Le pic pétrolier est matière à débat. Il désigne le moment où la production mondiale de pétrole plafonnera puis commencera à décliner, du fait de l'épuisement des réserves exploitables. Si certains l'estiment à 2030 grâce au développement des techniques d'extraction, les pessimistes pensent que le point culminant est déjà atteint.
Le Shift Project souligne notamment que le pic mondial de la production de pétrole brut « conventionnel » est advenu dans la décennie 2000. Mais l'exploitation de pétroles non conventionnels pourrait encore fortement influer sur le niveau de la production mondiale dans les années à venir.
L'avenir de la production pétrolière mondiale dépend de la prospection de territoires encore inaccessibles (raisons politiques ou climatiques), de l'évolution des technologies (profondeur des forages offshore, exploration en zone arctique), voire de l'acceptabilité dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique. Ces points convergent pour aboutir à un pétrole plus rare et plus cher. Selon l'AIE, la croissance de la demande de pétrole (103 Mb/j à l'horizon 2030) continuera à être satisfaite au-delà de 2030.
Une demande en hausse, sauf en Europe
Le pétrole pose cependant aux pays importateurs de nombreux problèmes, principalement d'ordre politique (dépendance), financier (devises) et environnemental (émissions de CO2, pollution en ville). Plusieurs pays (européens notamment) ont donc engagé une politique de réduction de leur dépendance au pétrole depuis les chocs pétroliers de la décennie 1970.
Les pays cherchent à se libérer de cette dépendance en raison de ses impacts environnementaux, notamment les émissions de CO2 contribuant au changement climatique, et se tournent vers des alternatives comme les voitures électriques. Cependant, la transition amorcée reste complexe : les infrastructures de recharge demeurent insuffisantes dans de nombreux endroits, la production de batteries nécessite des ressources critiques et pose des défis environnementaux et éthiques, et les véhicules électriques restent plus coûteux que leurs homologues à essence.
Les industries et les économies mondiales, largement construites autour des combustibles fossiles, doivent également surmonter des obstacles considérables pour s'adapter à ce changement.
Toujours fondamental dans l'économie
L'industrie pétrolière est un pilier de l'économie mondiale. Toutefois, si les compagnies pétrolières ont trusté les principales capitalisations boursières pendant des décennies, elles sont désormais largement dépassées par les entreprises de technologies de pointe et de commerce en ligne.
Étroitement lié à d'importants enjeux économiques et énergétiques, le pétrole a un fort impact géopolitique. La dépendance des pays développés vis-à-vis du pétrole est telle que sa convoitise a déclenché ou influé sur le cours de plusieurs guerres (notamment de la Seconde Guerre mondiale).
Questions fréquentes sur le pétrole
Sources / Notes
- Tout savoir sur le pétrole, IFP Énergies nouvelles.
- Approvisionnement de la France en énergies liquides, UFIP Énergies et Mobilités, mai 2025.
- Statistical Review of World Energy 2025.
- Donnée issue du World Oil Outlook 2014 de l'OPEP (p. 89). La part de l'OPEP dans la production mondiale est appelée à augmenter, à hauteur de 63 % en 2040 selon l'OPEP.