La maîtrise des grands systèmes électriques : interview d’André Merlin

  • Source : Revue de l’Électricité et de l’Électronique

Dans l’entretien ci-après publié dans le numéro 2020-1 de la Revue de l’Électricité et de l’Électronique, André Merlin (président d’honneur de RTE et ancien président du CIGRE(1)) précise les conditions de maîtrise des grands systèmes électriques, dans le contexte de l'ouverture des marchés et du développement rapide des filières renouvelables à production intermittente.

Il y rappelle entre autres les grandes évolutions affectant les systèmes électriques, les paramètres à contrôler de manière continue sur les réseaux (fréquence, tension, courant)(2) et les conséquences de l’insertion d’une part croissante de production intermittente(3). Il apporte également un éclairage sur les enjeux du stockage, les situations de coûts marginaux négatifs sur les marchés ou encore sur les moyens de production conventionnels auxquels ont recours les différents systèmes électriques pour assurer un « suivi de charge » (nucléaire en France, gaz en Espagne, charbon/gaz en Allemagne, etc.).

André Merlin souligne dans cet entretien que « le développement des moyens de production intermittents doit s’accompagner de nouveaux investissements (dans les réseaux), notamment d’un renforcement des interconnexions internationales », s'opposant ainsi à la vision de Jeremy Rifkin(4). En tant qu’élu local dans le Cantal (adjoint au maire de la commune de Pleaux et vice-président du Syndicat départemental des énergies), il témoigne par ailleurs du rôle des autorités locales dans la transition énergétique.

Lire l'étude  :
Interview d'André Merlin
Sources / Notes
  1. Conseil international des grands réseaux électriques.
  2. André Merlin précise en particulier les moyens de réduire les risques d’incidents majeurs sur les réseaux électriques (mentionnant entre autres les épisodes de « blackouts » en France en 1978 et 1987 et en Australie en 2016).
  3. Pour rappel, les filières renouvelables à production intermittente ont compté pour 8,5% de la production d’électricité en France métropolitaine en 2019 (6,3% pour l’éolien ; 2,2% pour le solaire photovoltaïque).
  4. Pour Jeremy Rifkin, « la décentralisation de la production d’électricité, qui accompagne le développement des EnR, pourrait permettre des économies sur celui des réseaux électriques », rappelle la Revue de l’Électricité et de l’Électronique.

L’interview d’André Merlin est issue du numéro 2020-1 de la Revue de l’Électricité et de l’Électronique qui peut être consulté ici dans son intégralité (ce numéro contient par ailleurs des dossiers consacrés à l’éclairage et à la technologie « CPL » des courants porteurs en ligne).