
Centrale hybride éolien-solaire de BaCa en Espagne. (©Iberdrola)
En 2025, la production d'électricité d'origine éolienne et solaire a dépassé dans l'Union européenne (UE), pour la première fois, celle à partir des combustibles fossiles, indique le think tank Ember dans son European Electricity Review 2026 publié ce 22 janvier.
Quels changements dans le mix électrique de 2025 ?
En 2025, les filières éolienne et solaire ont généré 841 TWh de l'UE (soit 30,1 % de la production totale d'électricité dans cette zone, contre 19,7 % en 2020) tandis que les énergies fossiles ont produit 809 TWh (29 % du mix, contre 36,7 % en 2024), selon les dernières données d'Ember.
Le think tank y voit « un point de basculement » dans la transition bas carbone de l'UE. Ce basculement s'est opéré dès 2010 en Suède, puis au Danemark en 2015, et dans de nombreux autres pays dont la France en 2023. L'Italie, la Grèce, la Pologne ou encore l'Irlande n'ont toutefois pas encore passé ce cap, indique Ember. « Alors que la dépendance aux énergies fossiles alimente l'instabilité dans le monde, les enjeux de la transition vers les énergies propres sont plus évidents que jamais », souligne Beatrice Petrovich, auteure du rapport.
Notons que les centrales à gaz ont toutefois augmenté leur production de 8 % en 2025 (16,7 % du mix l'an dernier), compensant ainsi en partie la forte chute de la production hydroélectrique européenne (- 8 % en 2025, 11,7 % du mix).
Pour rappel, c'est le nucléaire qui reste la principale source d'électricité dans l'UE (23,4% du mix européen en 2025), malgré la fermeture de 3 des 5 réacteurs du parc nucléaire belge l'an dernier.

Le solaire toujours en pleine croissance
C'est le solaire qui a très nettement tiré la croissance des énergies renouvelables en particulier (+ 62 TWh), augmentant de plus de 20 % pour la 4e année consécutive. La production d'électricité de la filière dans l'UE a quasiment doublé au cours des 5 dernières années (369 TWh en 2025, contre 145 TWh en 2020). En 2025, le solaire a même compté pour plus d'un cinquième de la production d'électricité de 5 États membres (Hongrie, Chypre, Grèce, Espagne, Pays-Bas).
À l'inverse, le charbon poursuit sa chute, atteignant, avec 9,2% du mix électrique, un nouveau « plus bas niveau historique » (contre 24,6% en 2015). Et sa part est désormais de moins de 5% dans 19 États membres. L'an dernier, le solaire a ainsi produit 44% d'électricité en plus que les centrales à charbon dans l'UE.
Rappelons toutefois que le charbon reste de loin la principale source d'électricité au niveau mondial (33,1% du mix au 1er semestre 2025).

Ember souligne par ailleurs l'accélération du développement des batteries qui auront un rôle majeur à jouer dans cette transition bas carbone comme outil de flexibilité, permettant notamment de réduire la nécessité de recourir au gaz. « En investissant dans l'ensemble du système électrique pour exploiter le potentiel des batteries, des réseaux et des technologies électrifiées, l'UE peut tirer parti de sa propre production d'énergie renouvelable afin de stabiliser les prix et de se prémunir contre le chantage énergétique », rappelle Beatrice Petrovich.
Quant à la demande, malgré les appels à une électrification des usages, elle n'a encore que faiblement augmenté l'an dernier, avec une hausse de l'ordre de 0,6 % (2 770 TWh en 2025).
Consulter l'European Electricity Review 2026 d'Ember (janvier 2026).


