
Centrale à gaz à cycle combiné de Seraing, près de Liège (©Luminus)
Le gestionnaire de réseau RTE a communiqué dès les premiers jours de l'année ses données provisoires sur l'électricité en France en 2025. Son homologue belge, Elia, a également diffusé des « tendances » (sur la base de données arrêtées au 22 décembre inclus)(1), en rappelant les données majeures des derniers mois. Que peut-on en retenir ?
3 réacteurs nucléaires arrêtés en 2025
L'année 2025 a été marquée par l'arrêt de 3 des 5 derniers réacteurs du parc nucléaire belge : Doel 1 (15 février), Tihange 1 (1er octobre) et Doel 2 (1er décembre). Seules les tranches de Tihange 3 et Doel 4 restent ainsi en service, le gouvernement fédéral ayant décidé de prolonger de dix ans leur durée d'exploitation.
Avec 22,5 TWh produits en 2025, le nucléaire est certes resté l'an dernier la première source d'électricité en Belgique l'an dernier (34,2% du mix électrique national) mais sa production a baissé pour la cinquième année consécutive (elle était de 48 TWh en 2021). Et elle poursuivra son déclin en 2026, avec une capacité installée du parc quasiment réduite de moitié par rapport à début 2025.

Des énergies renouvelables en haut de l'affiche
En 2025, les énergies renouvelables ont, toutes filières confondues, généré 22,4 TWh en Belgique (environ 34% du mix électrique), soit un volume d'électricité quasiment similaire à la production nucléaire. Un niveau record pour les renouvelables, atteint en particulier grâce à la hausse de production photovoltaïque (10,1 TWh en 2025, soit 21% de plus qu'en 2024), elle-même liée à une hausse des capacités installées et à « de très bonnes conditions d’ensoleillement », précise Elia.
La production éolienne belge a en revanche reculé en 2025 (12,3 TWh contre 12,6 TWh en 2024 et 14,3 TWh en 2023), malgré une hausse des capacités éoliennes terrestres, en raison de conditions de vents moins favorables.

Il est « désormais fréquent que plus de la moitié de la consommation belge soit couverte par le renouvelable », indique Elia (16,2% du temps durant l'année 2025). Cette forte hausse de la production renouvelable contribue à l'émergence plus fréquente de prix négatifs lors des périodes de faible demande (6,1% du temps en 2025). « Cette volatilité des prix crée toutefois des opportunités aux consommateurs capables d’adapter leur consommation en fonction de la disponibilité d'une énergie renouvelable bon marché », note toutefois Elia.
Jean Fassiaux, porte-parole du gestionnaire de réseau, précise à Connaissance des Énergies que « les personnes en Belgique qui ont un compteur digital peuvent également avoir un contrat dynamique ».
Un recul des énergies fossiles dans le mix électrique
La baisse de production nucléaire en 2025 a été en partie compensée par la hausse de production photovoltaïque mais la production des centrales à gaz a elle aussi légèrement augmenté en 2025 (12,3 TWh, soit environ 19% du mix électrique belge l'an dernier), après avoir atteint un niveau historiquement bas en 2024 (11,5 TWh). Pour rappel, les centrales à gaz généraient quasiment deux fois plus d'électricité il y a seulement 5 ans (23,8 TWh en 2020).

Une consommation toujours en berne
Côté demande, la consommation d'électricité en Belgique reste, comme en France, « toujours en dessous de la consommation moyenne des cinq années de référence 2017-2021 » : elle s'est élevée à 80,1 TWh en 2025, soit un léger recul par rapport à 2024 (81 TWh).
Elia prévoit toutefois « une augmentation importante de la consommation électrique dans les années à venir, due à l’électrification de la société », citant un possible doublement de cette consommation d'ici à 2050. Jean Fassiaux confirme que cette forte croissance de la consommation « à moyen et plus long terme se manifeste déjà par exemple à travers l’augmentation importante des demandes de raccordement aux réseaux électriques ».
Malgré une légère baisse de la demande, les importations d'électricité de la Belgique se sont accrues en 2025 et le pays était importateur net d'électricité pour la 3e année consécutive (14 TWh nets). Ces importations « viennent en grande partie de la France (10 TWh nets), qui a bénéficié d’une bonne disponibilité des capacités de production (nucléaire) ». Notons que la Belgique est dans le même temps exportatrice nette d'électricité avec d'autres pays, notamment l'Allemagne (3 TWh d'exportations nettes en 2025).
