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Pourquoi « torche »-t-on du gaz ?

Torchage de gaz naturel

Le Global Gas Flaring Reduction Partnership (GGFR) initié par la Banque mondiale vise à accompagner les États et les compagnies pétrolières dans leur effort de réduction du torchage. (©photo)

Lorsque l’on extrait du pétrole, celui-ci remonte souvent à la surface accompagné d’eau et de gaz (dit « gaz associé »). Après avoir été séparé du pétrole, le gaz peut être « torché », c’est-à-dire brûlé sur place, opération qui se manifeste par une flamme sortant d’une torchère.

Le torchage du gaz (« flaring » en anglais) se pratique principalement faute d’infrastructures de traitement et de transport (gazoduc ou unité de liquéfaction) qui permettraient sa commercialisation. Ces infrastructures sont différentes de celles utilisées pour le pétrole et leur rentabilité n’est pas assurée si les volumes de gaz associé sont faibles ou si les zones d’exploitation sont très reculées(1). Le gaz est parfois aussi rejeté dans l’atmosphère sans être brûlé (« venting » en anglais). C’est la pire des solutions car on remet directement dans l’atmosphère du méthane, gaz à effet de serre au potentiel de réchauffement 30 fois supérieur à celui du CO2 produit par le torchage, ainsi que des hydrocarbures volatiles.

A défaut de pouvoir commercialiser le gaz associé, il existe deux autres principales alternatives au torchage :

Au total, près de 150 milliards de m3 de gaz seraient torchés chaque année dans le monde(3), soit approximativement l'équivalent des consommations annuelles de gaz de l’Allemagne, de la France et de l'Espagne réunies(4). La Russie, l'Irak et l'Iran comptaient, à eux trois, pour près de 39% des volumes mondiaux de gaz torché en 2016(5).

Cette pratique constitue une problématique environnementale sensible : elle engendrerait au niveau mondial l’émission de plus de 300 millions de tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent des émissions annuelles d'environ 65 millions de voitures(6). En 2015, la Banque mondiale a lancé avec plusieurs gouvernements et groupes pétroliers une initiative « Zero Routing Flaring by 2030 » qui vise à mettre fin d'ici à 2030 aux opérations régulières de torchage de gaz sur les champs pétroliers(7).

Torchage de gaz dans le monde en 2016

En 2016, la Russie a torché près de 24 milliards de m3 de gaz selon les dernières estimations réalisées sur la base d’images satellitaires de la NOAA. (©Connaissance des Énergies, d'après Banque mondiale)