Réacteurs nucléaires en Afrique

Seule l'Afrique du Sud possède à l'heure actuelle des réacteurs nucléaires en service sur le continent africain. Il en existe 2 au sein de la centrale de Koeberg, à 30 km au nord de la ville du Cap (sud-ouest du pays). Ces réacteurs à eau pressurisée (REP) ont été connectés au réseau électrique en 1984 et 1985. D'une puissance cumulée de 1 860 MW, ils ont généré à eux deux près de 7,8 TWh en 2024, soit environ 3,9 % de la production sud-africaine d'électricité cette année-là selon l'AIEA(1).

En juillet 2024, l'exploitant de cette centrale, Eskom, a été autorisé(2) par l'Autorité de sûreté nucléaire sud-africaine à exploiter 20 années supplémentaires le premier réacteur (qui aurait alors dû s'arrêter, selon la durée initiale d'exploitation fixée à 40 ans). Dès 2021, Eskom avait souhaité pouvoir prolonger l'exploitation de sa centrale nucléaire, dans un contexte de coupures d'électricité récurrentes(3).

L'Égypte construit par ailleurs une centrale nucléaire à l'ouest d'Alexandrie, au nord du pays (El Dabaa). Celle-ci sera constituée de 4 réacteurs (REP russes « VVER »), de 4 400 MW de puissance cumulée. La construction des différentes tranches a débuté entre l'été 2022 et début 2024, et la mise en service complète de la centrale est envisagée à l'horizon 2030 (2026 pour la première unité).

D'autres projets de construction de réacteurs nucléaires sont également à l'étude sur le reste du continent (par exemple au Rwanda).

Précisons par ailleurs que de nombreux projets nucléaires se développent au Moyen-Orient, à l'image de la centrale de Barakah aux Émirats arabes unis, dont la première tranche a été mise en service en 2020 (suivie par trois autres réacteurs connectés au sein de la centrale en 2021, 2022 et 2024).

Réacteurs nucléaires en Amérique du Sud

En Amérique du Sud, deux pays exploitent des réacteurs nucléaires :

Le Brésil dispose d'un réacteur nucléaire « en cours » de construction : Angra 3, dont le chantier avait été arrêté une première fois dès 2015 dans le contexte de l'opération Lava Jato, scandale de corruption affectant Petrobras. Le Conseil national de politique énergétique a de nouveau repoussé, en février 2025, sa décision concernant une reprise des travaux pour finaliser la construction(4).

En juillet 2026, l'Argentine a annoncé la construction d'un réacteur nucléaire modulaire (SMR) de 300 MW sur le site d'Atucha. Ce projet est présenté par le président argentin Javier Milei comme le « premier réacteur nucléaire financé à 100 % par des capitaux privés », avec 1,2 milliard de dollars mobilisés par Meitner Energy, société à capitaux américains et argentins.