En bref

La formule : kWh facturés = m3 relevés au compteur × coefficient de conversion.

Le coefficient : de l'ordre de 9,5 à 12,8 kWh/m3 selon la commune, 11,2 kWh/m3 en moyenne en France.

Où le trouver : sur votre facture, où sa mention est obligatoire (arrêté du 18 avril 2012, article 6).

Pourquoi : l'énergie contenue dans un volume de gaz dépend de sa composition, de la température et de la pression ; facturer le volume ferait payer deux clients différemment pour la même chaleur.

Pourquoi le gaz est-il facturé en énergie et non en volume ?

Parce que le volume ne dit rien de la chaleur qu'il produira. Les réserves et la production d'un gisement, tout comme les consommations, sont couramment exprimées en mètres cubes (ou en pieds cubes aux États-Unis). Mais l'énergie contenue dans un volume de gaz naturel varie selon sa composition ainsi que selon les conditions de température et de pression, comme l'indique l'équation pV = rT, avec p la pression, V le volume, r une constante et T la température.

Facturer le mètre cube reviendrait donc à faire payer le même prix deux volumes identiques qui ne rendent pas le même service de chauffage. C'est ce que le passage en kilowattheures corrige : la réglementation impose de mesurer le pouvoir calorifique du gaz livré, c'est-à-dire l'énergie que dégage la combustion d'un mètre cube, afin de faire payer aux consommateurs la quantité réelle d'énergie qu'ils consomment.

PCS ou PCI : lequel sert de base à la facture ?

Deux grandeurs mesurent l'énergie d'un combustible, et une seule sert de référence à la facturation du gaz : le PCS.

Comparaison du pouvoir calorifique supérieur et du pouvoir calorifique inférieur du gaz naturel
Grandeur Ce qu'elle mesure Ordre de grandeur
PCS
pouvoir calorifique supérieur
gross calorific value
L'énergie totale dégagée par la combustion, chaleur de condensation de la vapeur d'eau comprise. C'est la base de la facturation du gaz. 40 MJ/m3, soit environ 11,1 kWh/m3 en conditions standards (1,01325 bar et 15 °C)
PCI
pouvoir calorifique inférieur
net calorific value
La même énergie sans la chaleur latente de condensation de la vapeur d'eau, laquelle n'est généralement pas récupérée dans la pratique, selon le CEA. Inférieur au PCS d'environ 10 % : la réglementation du diagnostic de performance énergétique convertit les kWh PCS de la facture en kWh PCI en les divisant par 1,11(5)

Le repère de conversion est le suivant : 1 kWh = 3 600 kJ, puisqu'un watt correspond à la puissance d'une machine capable de fournir un joule toutes les secondes, soit 3 600 J par heure.

La température de référence compte aussi

Pour le gaz, les contenus énergétiques sont exprimés en kWh PCS avec une température de combustion de référence de 298 K (25 °C) ou 273 K (0 °C). Le facteur de conversion entre les deux températures est de 1,0026 : 10 026 kWh à 0 °C équivalent à 10 000 kWh à 25 °C.

Comment convertir des m3 de gaz en kWh ?

Il suffit de multiplier le nombre de mètres cubes relevés au compteur par le coefficient de conversion inscrit sur la facture : un mètre cube de gaz dont le pouvoir calorifique est de 10,5 kWh/m3 correspond à 10,5 kWh d'énergie. Le convertisseur ci-dessous applique cette formule dans les deux sens. Ce coefficient ne doit pas être confondu avec celui qui sert à la conversion de l'électricité en énergie primaire, qui traduit non pas un volume en énergie mais l'énergie qu'il a fallu mobiliser pour produire un kWh.

kWh
kWh/m³

Coefficients moyens observés

Énergie facturée Volume correspondant

 kWh  

 m³ ×  kWh/m³  kWh ÷  kWh/m³

Estimer le montant correspondant

Renseignez le prix du kWh inscrit sur votre facture. Le résultat ne comprend ni l'abonnement ni les taxes fixes.

€/kWh

Le coefficient de conversion appliqué à la période facturée doit obligatoirement figurer sur la facture : c'est une mention imposée par l'article 6 de l'arrêté du 18 avril 2012. Utiliser le vôtre plutôt qu'une moyenne donne le seul résultat exact.

Qui calcule le coefficient de conversion ?

Les gestionnaires des réseaux de transport mesurent quotidiennement le pouvoir calorifique du gaz acheminé et transmettent cette information aux gestionnaires des réseaux de distribution, qui calculent alors le coefficient de conversion d'après les conditions dans lesquelles ils livrent le gaz. Ce coefficient est mesuré à une température de 0 °C et une pression atmosphérique de 1 013 mbar.

Où trouver son coefficient de conversion ?

Sur la facture. Chaque fournisseur y mentionne le volume de gaz livré en m3 ainsi que la quantité d'énergie en kWh associée, et la mention du coefficient appliqué à la période facturée est une obligation réglementaire : elle figure à l'article 6 de l'arrêté du 18 avril 2012 relatif aux factures de fourniture d'électricité ou de gaz naturel(1). Utiliser son propre coefficient plutôt qu'une moyenne nationale est le seul moyen d'obtenir un calcul exact.

De quoi dépend le coefficient de conversion ?

De trois facteurs, qui expliquent qu'il varie d'une commune à l'autre et dans le temps.

Les trois facteurs de variation

  • La qualité intrinsèque du gaz, qui varie selon son origine. Le gaz naturel est composé de 81 % à 97 % de méthane : plus ce taux est élevé, plus la combustion d'un même volume dégage d'énergie. La France distingue principalement deux zones : la zone « B » (bas pouvoir calorifique, de l'ordre de 9,5 à 10,5 kWh/m3 à 1 013,25 hPa et 0 °C, couvrant quelques départements du nord de la France approvisionnés notamment depuis les Pays-Bas) et la zone « H » (haut pouvoir calorifique, de l'ordre de 10,7 à 12,8 kWh/m3 dans les mêmes conditions) sur le reste du territoire ;
  • les conditions de livraison, qui varient selon la température et la pression, elle-même liée entre autres à l'altitude du point de livraison. « On estime qu'à 1 000 mètres d'altitude, un m3 de gaz contient 10 % d'énergie en moins par rapport à un m3 au niveau de la mer », indique GRDF(2) ;
  • la pression de livraison : plus elle augmente, plus le coefficient de conversion est élevé. Cette pression est plus forte lorsque le gaz est livré pour un chauffage collectif ou pour des usages professionnels importants que pour un chauffage individuel.

Quel est le coefficient de conversion de ma commune ?

Il se lit sur la facture, mais les moyennes relevées dans les grandes villes donnent un ordre de grandeur de l'écart entre territoires : près de 1,4 kWh/m3 séparent Lille de Marseille, soit environ 12 % d'énergie pour un même volume.

Coefficients de conversion moyens du gaz naturel dans dix grandes villes françaises
Ville Coefficient moyen (kWh/m3) Pour 1 000 m3 consommés
Lille10,0610 060 kWh
Dijon10,9710 970 kWh
Paris11,1711 170 kWh
Rennes11,1911 190 kWh
Nantes11,2011 200 kWh
Lyon11,2911 290 kWh
Toulouse11,3111 310 kWh
Montpellier11,3711 370 kWh
Toulon11,3911 390 kWh
Marseille11,4511 450 kWh

Coefficients moyens relevés par Selectra, consultés en août 2026(3). Ces valeurs évoluent dans le temps : seule celle qui figure sur votre facture fait foi.

Combien coûte un mètre cube de gaz ?

Il n'existe pas de prix du mètre cube : il n'existe qu'un prix du kilowattheure, que le coefficient de conversion transpose en volume. Le calcul est donc le suivant : prix du m3 = prix du kWh × coefficient de conversion. Avec le coefficient moyen français de 11,2 kWh/m3, un mètre cube coûte 11,2 fois le prix du kWh de votre contrat, celui qui figure sur votre facture, et non un prix moyen de marché.

Le prix du kWh, lui, dépend de l'offre souscrite et évolue chaque mois pour les offres indexées sur le prix repère de vente de gaz publié par la Commission de régulation de l'énergie. Pour connaître son niveau actuel : quel est le prix du kWh de gaz en France ? Changer d'offre modifie ce prix, mais jamais le coefficient de conversion, qui dépend du réseau et non du fournisseur : c'est le sens de la procédure de changement de fournisseur.

Pourquoi les statistiques gazières mélangent-elles m3 et kWh ?

Parce que chaque échelon de la chaîne gazière raisonne dans l'unité qui lui est utile. Les gisements et les échanges internationaux se comptent en volumes : à fin 2020, les réserves prouvées de gaz naturel dans le monde étaient de 188 074 milliards de m3, et la production mondiale a avoisiné 4 059 milliards de m3 en 2023.

La consommation, elle, se compte en énergie, et la statistique publique française le fait, comme la facture, en PCS. D'après le service statistique du ministère de la Transition écologique, la consommation totale de gaz naturel hors pertes s'est établie à 393 TWh PCS en 2024(4). Le gestionnaire de réseau NaTran (anciennement GRTgaz) publie de son côté un chiffre de consommation brute : 361 TWh en 2024. Les deux ne se recouvrent pas, car ils ne mesurent pas le même périmètre : comparer des chiffres gaziers suppose toujours de vérifier lequel est retenu.

Pour que des statistiques sur le gaz soient comparables entre elles, il faut enfin qu'elles soient calculées dans les mêmes conditions. Les organisations internationales et les groupes gaziers retiennent généralement une pression standard de 1 013,25 hPa, soit la pression atmosphérique au niveau de la mer, et une température de 15 °C. Des écarts subsistent d'une source à l'autre en raison de conditions légèrement différentes, ou de conversions entre unités (Mtep, kWh, etc.).

Questions fréquentes

Dans le détail de la consommation, à côté du volume relevé en m3 et de l'énergie facturée en kWh. Sa mention n'est pas laissée au choix du fournisseur : l'article 6 de l'arrêté du 18 avril 2012 impose de faire figurer « pour le gaz naturel, le coefficient de conversion appliqué à la période facturée ».

S'il s'agit d'un voisin immédiat, l'écart vient de la pression de livraison : un chauffage collectif ou un usage professionnel est livré à une pression plus élevée qu'un logement individuel. À plus grande distance, ce sont l'altitude du point de livraison et l'origine du gaz distribué qui font la différence.

Le PCS, c'est-à-dire l'énergie totale dégagée par la combustion, chaleur de condensation de la vapeur d'eau comprise. C'est pourquoi une consommation exprimée en kWh PCS est supérieure d'environ 10 % à la même consommation exprimée en PCI, unité que l'on rencontre surtout dans les bilans techniques.

Leur teneur en méthane, donc leur pouvoir calorifique. Le gaz B, à bas pouvoir calorifique, alimente quelques départements du nord de la France, historiquement approvisionnés depuis les Pays-Bas : il apporte de l'ordre de 9,5 à 10,5 kWh par mètre cube, contre 10,7 à 12,8 kWh pour le gaz H distribué sur le reste du territoire. À volume égal, une facture en zone B porte donc moins de kWh.

Non. Le coefficient dépend du gaz livré et des conditions de livraison, donc du réseau de distribution, pas du contrat. Changer de fournisseur fait varier le prix du kWh, jamais le nombre de kWh obtenus à partir d'un mètre cube.

Sources / Notes

  1. Arrêté du 18 avril 2012 relatif aux factures de fourniture d'électricité ou de gaz naturel, article 6, Légifrance ;
  2. Coefficient de conversion gaz : comment le calculer ?, GRDF (voir aussi le tableau des coefficients de conversion au format PDF) ;
  3. Coefficient conversion gaz : exprimer le prix du m3 de gaz en kWh, Selectra, consulté en août 2026 ;
  4. Chiffres clés de l'énergie, édition 2025, Gaz naturel, service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique ;
  5. Arrêté du 15 septembre 2006 relatif au diagnostic de performance énergétique, annexe 3, Légifrance : « Le diagnostiqueur les obtient à partir des valeurs de kWh PCS mentionnées sur les factures en les divisant par un facteur de 1,11 ».

D'autres réponses sur le sujet dans notre rubrique questions et réponses sur les énergies.