Les énergies renouvelables vont-elles créer une nouvelle dépendance au béton ?

Emmanuel Hache

Emmanuel Hache, Économiste et prospectiviste, IFP Énergies nouvelles
Clément Bonnet, Économiste, IFP Énergies nouvelles
Gondia Sokhna Seck, Spécialiste modélisation et analyses des systèmes énergétiques, IFP Énergies nouvelles
Marine Simoën, Ingénieure de recherche en économie, IFP Énergies nouvelles

Éoliennes, batteries électriques ou panneaux photovoltaïques : la plupart des nouvelles technologies liées à l’énergie bas carbone nécessitent une quantité importante de ressources minérales, en particulier certaines « terres rares » ou encore des métaux dits technologiques (cadmium, cobalt, indium ou lithium, par exemple). Une demande trop importante à satisfaire pourrait limiter la diffusion à grande échelle des technologies « vertes ».

Mais d’autres matériaux de base, comme le cuivre, pourraient devenir tout aussi stratégiques dans le contexte de la transition énergétique. C’est également le cas du béton. Matériau structurel le plus utilisé aujourd’hui dans le monde, sa « criticité » est régulièrement évoquée.

En France, par exemple, certaines études montrent qu’il faudrait 30 millions de tonnes de béton pour implanter 20 000 nouvelles éoliennes (pour ajouter une puissance de 80 GW(1), au regard des 14 GW déjà implantés). Ce chiffre n’a pas manqué de faire réagir des associations anti-éoliennes(2).

En portant ces besoins en béton à l’échelle mondiale, les interrogations, voire des craintes, émergent. Mais qu’en est-il réellement ? Va-t-on manquer de béton dans les prochaines décennies ?

10 milliards de tonnes produites chaque année

Le béton est un mélange, dont les proportions varient, d’un liant hydraulique (traditionnellement le ciment), de granulats (dont le gravier ou le sable), d’eau, d’adjuvants et parfois de fibres. L’eau provoque une réaction chimique de prise avec le ciment qui, en durcissant à l’air, lie tous les composants en un ensemble homogène et résistant.

Durable et bon marché, le béton est aujourd’hui le matériau de construction le plus utilisé au monde. S’il est difficile d’en connaître le niveau de production, les estimations s’établissent autour de 10 milliards de tonnes chaque année (soit l’équivalent de plus d’une tonne par Terrien par an !).

Mais le béton reste un matériau « hostile » à la transition énergétique : sa production nécessite beaucoup d’énergie et contribue aux émissions de gaz à effet de serre (GES) dont l’accumulation dans l’atmosphère perturbe le climat. Ces émissions représentent ainsi 8 à 9% des émissions d’origine humaine globales de CO2. Et la fabrication du béton mobilise plus de 2,5%(3) de la demande d’énergie primaire mondiale.

Plus précisément, c’est la production du clinker – composant essentiel du ciment résultant de la cuisson à très haute température d’un mélange composé principalement de calcaire et d’argile – qui s’avère majoritairement responsable de ces émissions, en raison de la combustion de combustibles fossiles, mais également de la chimie de la réaction qui libère du CO2.


Schéma simplifié de la production du béton. (©Auteurs)

Vers un béton plus « propre » ?

Selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE)(4), la production de chaque tonne de ciment émet 540 kg de CO2. Ce nombre varie en fonction de la composition du ciment et de la région du monde où il est produit. Étant donné sa faible valeur commerciale et son poids important à transporter, le marché reste très régionalisé, avec peu d’échanges au niveau international(5). Par conséquent, il est rare que soient délocalisées les externalités négatives (pollution locale et émissions de GES) qui lui sont associées.

Aujourd’hui, de nombreuses solutions existent pour réduire les émissions liées à la production du ciment. L’AIE prévoit ainsi une diminution de 24% des émissions directes liées à l’industrie cimentière(6) grâce à la diminution de la part de clinker, à l’amélioration de l’efficacité énergétique des procédés, à l’utilisation de combustibles alternatifs ou encore à l’usage de technologies de capture et de stockage du CO2 (carbon capture and storage).

Si certaines entreprises sont déjà bien engagées dans des objectifs de réduction de leur empreinte carbone, la mise en œuvre de ces mesures reste très incertaine à l’échelle mondiale. D’autant qu’avec la croissance de la population, l’AIE estime que la production de ciment pourrait augmenter de 23%(7) d’ici 2050.

En parallèle de ces considérations climatiques émergent d’autres problématiques, comme la demande en eau dans certaines régions en stress hydrique(8) et la demande croissante en sable ; son prélèvement à proximité des côtes engendre l’érosion du littoral(9) et le retrait des plages, menaçant le tourisme, l’agriculture et les écosystèmes marins.

Des technologies plus ou moins gourmandes

On le voit, la production du béton concentre les objectifs en matière de réduction des émissions de GES. Mais qu’en est-il du béton nécessaire à la transition énergétique, et plus précisément dans le secteur électrique ? Nous avons tenté de quantifier cette demande future(10).

À l’avenir, les besoins seront intimement liés aux technologies déployées, mais ils varient considérablement de l’une à l’autre : les barrages hydrauliques et les éoliennes sont très consommateurs de béton, les panneaux photovoltaïques beaucoup moins.

Les demandes en béton – donc en eau, en ciment et en granulat – seront, on le comprend, intrinsèquement liées aux futurs mix électriques développés par les États.

Technologie Contenu béton (t/MW)
Éolien onshore 421
Éolien offshore 650
Nucléaire 523
Pétrole 244
Charbon 252
Biomasse 510
Gaz naturel (cycle combiné) 36
Géothermie 0
Hydraulique 3 000
Solaire thermique 10
Solaire photovoltaïque 10

Source : EcoInvent Data, UNEP (2016), Vidal (2017)

Contenu béton des différentes technologies de production électrique.

Pour estimer ce volume nécessaire à l’implantation du nouveau mix électrique mondial à l’horizon 2050, les scénarios prospectifs du secteur énergétique (comme ceux fournis par l’AIE) permettent de déterminer les volumes de matériaux nécessaires à leur réalisation.

Le rapport Energy Technology Perspectives de 2017(11) décrit par exemple trois mix électriques mondiaux et régionaux pour les décennies à venir, en fonction de l’élévation globale des températures d’ici 2100 : + 2,7 °C (scénario RTS) ; + 2 °C (scénario 2DS) ; + 1,75 °C (scénario B2DS).

Il faut également prendre en compte la durée de vie plus courte des installations renouvelables (25 ans en moyenne pour l’éolien et le solaire contre 35 ans en moyenne pour les centrales thermiques traditionnelles) et leur démantèlement. On peut alors déduire la somme des capacités à installer d’ici à 2050 pour répondre au besoin des scénarios de l’AIE.

Nouvelles capacités électriques installées
Cumul des nouvelles capacités électriques installées entre 2014 et 2050, selon les différents scénarios de l'AIE. (©Auteurs)

Une part relativement faible dans la demande globale de béton

En associant à chaque technologie un contenu matière (kg/MW) – et en multipliant celui-ci par les capacités nouvelles à installer sur la période 2014-2050 –, il devient alors possible d’estimer les quantités de matériaux nécessaires à la transition énergétique dans le secteur électrique.

La production de ciment étant le principal facteur responsable de l’impact du béton sur le climat, il constitue la base des calculs suivants. Dans les hypothèses retenues, le ciment représente 15% en moyenne de la masse du béton(12).

Selon notre étude(13), les scénarios pour 2050 exigent une demande croissante de ciment. Au niveau global, la part du ciment consacrée à l’installation de l'ensemble des nouvelles capacités électriques entre 2014 et 2050 ne représenterait toutefois que 0,8% de la demande cumulée de ciment d’ici à 2050 – soit environ un tiers de la production mondiale actuelle, la majorité du ciment étant utilisé dans le secteur de la construction.

Les émissions de CO2 liées à la production de ciment pour le secteur électrique seraient également négligeables au regard de la baisse des émissions attendues grâce au nouveau parc électrique mondial composé d’énergies renouvelables. Le ciment ne devrait donc pas limiter le déploiement des nouvelles capacités nécessaires aux trois scénarios proposés par l’AIE.

Scénario Demande cumulée de ciment liée à l'ensemble des nouvelles capacités électriques (2014-2050) Émissions cumulées directes de CO2 (2014-2050)
RTS 1 016 Mt (scénario de référence) 549 Mt
2DS 1 205 Mt (+ 19% par rapport au scénario RTS) 650 Mt
B2DS 1 300 Mt (+ 28% par rapport au scénario RTS) 702 Mt

Estimations de la demande cumulée de ciment relative aux nouvelles capacités d’ici 2050 et émissions de CO₂ associées. (©Auteurs)

Une demande en ciment inégalement répartie

La Chine, premier producteur mondial, représente environ un quart de la demande globale de ciment (soit l’équivalent de la demande de tous les pays de l’OCDE confondus). Elle est suivie de l’Inde, deuxième pays possédant la croissance de la demande d’électricité la plus forte d’ici 2050.

Mais, pour traduire la dépendance d’un mix électrique à une ressource, il faut recourir à un autre indicateur : la demande par capacité installée (Mt ciment/GW installé), dite ici « intensité-ciment ». On peut également traduire cette information pour les émissions de CO2 liées à la production du ciment (Mt CO2/GW installé).

La moyenne mondiale est biaisée par le poids de la Chine et il existe parfois de grandes disparités entre régions. Par exemple, l’intensité ciment du Brésil est trois fois plus importante que celle du Mexique. Au sein d’une même région, on observe également une différence de demande significative selon les scénarios. Le mix électrique russe consommerait 30% de plus de ciment dans un scénario « + 1,75 °C » que « + 2,7 °C ».

Le ciment nécessaire à la transition énergétique est également à mettre en relation avec la production annuelle de chaque pays : en Russie ou au Brésil, il pourrait en représenter plus de 85%, contre 12% en Chine. L’impact de la production de ciment liée à la transition dans le secteur de l’électricité demeure significatif dans les pays en développement marqués par une forte urbanisation (donc avec des besoins importants de ciment par ailleurs).

  Capacités installées cumulées (2014-2050) (GW) Intensité ciment par nouvelle capacité installée (Mt/GW) Intensité CO2 de la production de ciment par capacité installée (Mt CO2/GW)
RTS 2DS B2DS RTS 2DS B2DS RTS 2DS B2DS
Chine 4 094 4 276 4 142 70 69 72 38 37 39
Inde 1 626 2 304 2 346 72 66 68 39 36 37
États-Unis 1 861 2 247 2 318 45 47 50 24 25 27
Union européenne 1 294 1 354 1 448 64 67 63 34 36 34
ASEAN 671 952 1 107 104 98 108 56 53 58
Brésil 268 290 301 174 150 160 94 81 87
Russie 214 269 316 118 157 152 64 85 82
Mexique 219 255 283 34 49 48 18 26 26
Afrique du Sud 121 164 158 53 53 54 29 29 29
Monde 13 801 15 800 16 629 74 76 78 40 41 42

©Auteurs

Pas d’obstacle au développement des ENR

Nos travaux démontrent donc plutôt une absence de criticité sur la ressource béton – et plus particulièrement ciment – à l’horizon 2050 dans le cadre de la transition du secteur électrique.

En revanche, le contexte d’urbanisation croissante et de réduction des émissions de CO2 implique des enjeux bien plus forts pour l’industrie du béton au niveau global, et invite à la réflexion sur la coordination des politiques urbaines et énergétiques.

Si les seules productions et consommations de béton nécessaires au développement des énergies renouvelables peuvent difficilement apparaître comme des aspects limitants dans le futur, d’autres aspects, comme la dégradation des paysages ou la consommation d’eau, pourraient être soulevés dans le déploiement des énergies renouvelables.

Les autres articles de Emmanuel Hache, Clément Bonnet, Gondia Sokhna Seck et Marine Simoën

Commentaire

FLUCHERE Jean

C'est une évidence pour le béton. Une éolienne de 8 MW demande un socle de 3000 t de béton pour produire moins de 17 GWh/an.

Mais elle demande aussi 15 fois plus de cuivre que pour une machine hydraulique de même puissance.

rochain

Toujours des affirmations non étayées, ….. des évidences quoi !
Pour les anti-enr tout y passe

Michel

Ce qui est surprenant dans cet article c'est qu'il se focalise sur l'indicateur t/MW.
Il évoque pudiquement l'effet "cycle de vie" en affirmant que "Il faut également prendre en compte la durée de vie plus courte des installations renouvelables (25 ans en moyenne pour l’éolien et le solaire contre 35 ans en moyenne pour les centrales thermiques traditionnelles)", s'abstenant néanmoins de dire que les centrales nucléaires sont utilisables, avec les travaux nécessaires, 60 ans si ce n'est 80.
Par contre il passe entièrement sous silence les facteurs de charge. Or, si nous implantons des MW de puissance c'est dans l'objectif de produire des GWh d'énergie par an. Il est totalement incompréhensible que l'article passe entièrement sous silence qu'il y a un rapport (au moins) de un à quatre entre l'éolien terrestre et, par exemple puisque nous sommes en France, le nucléaire.
A tout le moins, comme lorsque l'on parle d'émissions de CO2 ou de coût de l'énergie, une telle comparaison n'a de sens que si on intègre le cycle de vie.
Si je reprends les chiffres de l'article.
► Eolien onshore : 421 t/MW ; en considérant une durée de vie de 25 ans et un facteur de charge (optimiste) de 22 % on obtient 48 GWh produits sur le cycle de vie, soit 8,7 kg / MWh.
► Nucléaire : 530 t/MW ; en considérant une durée de vie (très pessimiste) de 50 ans et un facteur de charge (celui des USA en 2018) de 90% on obtient 395 GWh produits sur le cycle de vie, soit 1,3 kg / MWh.

Amazing, isn't it ?

rochain

Nucléaire 50 ans une durée de vie très pessimiste ? Sauf quand elles explosent avant :-)
En revanche 25 ans pour les PPV ça c'est vraiment pessimistes…. ça se présente comme la pyramide du Louvre qui vient gaillardement de fêter ses 30 ans.

Michel

@ Rochain : "Nucléaire 50 ans une durée de vie très pessimiste ? Sauf quand elles explosent avant :-)"
Au delà du fait qu'une centrale nucléaire n'explose pas, que répondre à cela ?
Finalement, Rochain, vous m'apportez vous-mêmes la réponse à vous formuler :
"Toujours des affirmations non étayées, ….. des évidences quoi ! Pour les antinucléaires tout y passe..."
autrement dit, l'arroseur arrosé...

Michel

Parce que vous êtes irrémédiablement attaché à "l'ancien monde" ;-)
Nous sommes en train de parler de la France... et les technologies des réacteurs nucléaires en France ne sont pas celles des réacteurs nucléaires RBMK (comme Tchernobyl).
Il n'y a pas de risque "d'explosion" avec nos réacteurs.
Les risques des réacteurs en France : https://www.irsn.fr/FR/connaissances/faq/Pages/Quels_sont_les_risques_e…
Et effectivement, les réacteurs RBMK : https://www.irsn.fr/FR/connaissances/Installations_nucleaires/Les-accid…

Michel

l'IRSN a même une page spéciale sur votre affirmation/insinuation :

Une centrale nucléaire peut-elle exploser ?
Non. Les centrales nucléaires françaises sont conçues pour ne pas pouvoir exploser. Par contre, un accident serait possible si toutes les procédures de sécurité étaient violées et si les systèmes de sûreté n’étaient pas fiables.
https://www.irsn.fr/FR/connaissances/faq/Pages/Une_centrale_peut_elle_e…

rochain

Mais à Three Mile Island, à Tchernobyl, et à Fukushima, il n'y avait pas de risque non plus, tout avait été prévu. C'était affirmé haut et fort ….. avant que cela n'arrive. Du moment qu'une chose est possible elle se réalise à plus ou moins long terme.
"IRSN : Non. Les centrales nucléaires françaises sont conçues pour ne pas pouvoir exploser"...….. alors qu'à Three Mile Island, à Tchernobyl, et à Fukushima elles avaient été prévues pour exploser….. objectif atteint !

Hervé

Tout dépends si on parle d'explosion nucléaire ou d'explosion de vapeur.
Dans le premier cas, le cas connu le plus proche est Tchernobyl, mais l'explosion (qualifiée d'excursion, et provoquée plus ou moins volontairement) n'a pas eu des conséquences directes graves (quelques tubes cassés dans le réacteur). En revanche les conséquences indirectes....

Je suis d'accord avec vous sur le fait que ces technos restent dangereuses. Néanmoins pour la version de réacteurs que nous utilisons en France, le cas approchant le plus grave est three mile island, dont les conséquences restent plus qu'acceptable. "Curieusement" c'est étrange mais les réacteurs remis en route au japon sont tous de cette techno, cherchez pourquoi...

rochain

L'ancien monde, c'est celui du nucléaire…. le nouveau c'est celui des sources NOUVELLES de l'énergie

Philmi

Le nouveau monde, c'est celui où on apprend à vivre sans énergie parce qu'on en a plus les moyens. Ni carbone, ni béton, ni terres rares, ni atome. Il reste quoi ? Un peu de bois, si les forêts arrivent encore à pousser.
Bienvenu dans le nouveau monde.

Michel

Très symptomatique que cet épisode de "dialogue" (?). Le sujet de l'article est le béton mis en oeuvre pour les installations de production d'électricité. Le point que je soulevais était qu'un indice brut rapportant la tonne de béton mise en oeuvre à la puissance nominale installée était trompeur. Je suggérais que les auteurs de l'article mettent à jour leurs tableaux, d'une part en intégrant la durée de vie des installations de production (ce qui est bien documenté, contrairement à ce que voudraient suggérer les persiflages en réponse) et d'autre part en intégrant le facteur de charge (ce qui est tout aussi bien documenté). Ceci permettrait de passer d'un indicateur de tonnes de béton / mégaWatt à un indicateur kilogramme de béton par mégaWattheure, indicateur me paraissant plus opportun. On peut toujours discuter de savoir si cela a un intérêt réel de se poser la question de la quantité de béton mise en oeuvre pour produire de l'électricité mais, quitte à se poser la question autant essayer d'y répondre avec pertinence.

De façon tristement habituelle la discussion a viré vers la montée en ligne de ceux qui diabolisent la maîtrise de la fission nucléaire pour produire de l'énergie. C'est un peu hors sujet sauf pour ceux qui considèrent que l'enjeu de la transition énergétique est de sortir du nucléaire et non de maîtriser les émissions de gaz à effet de serre tout en satisfaisant les besoins des populations de la planète.

Hervé

Bonjour Michel,
Et aussi mettre a jour la puissance installé éolien: pour un mix basé sur les ENR, 80Gwc serait largement insuffisant. C'est plutot 250Gwc qu'il faudrait installer!

Pour revenir au béton la difficulté de l'exercice est que le modèle de mix basé sur les ENR n'est actuellement pas bouclé (Stockage on sait pas, autres systèmes genre méthanisation... on sait pas, quelle part du potentiel ENR productible perdu faute de stockage: on sait pas, tout cela est dans le flou complet). Pourtant, comme vous l'avez signalé tous ces critères entrent en ligne de compte, mais comme on ne sait pas encore comment on va faire, difficile de donner des chiffres. L'exercice est intéressant, mais du mieux qu'on peut faire, on n'aura que des chiffres difficilement pertinents tant que la vison d'ensemble n'est pas claire.

rochain

On va toujours un peu vite en disant : ON SAIT PAS pour éluder une question
Quelles que soit l'époque concerné et le problème qui ne se pose pas encore la position du fuyard c'est : ON SAIT PAS.
Mais quand le problème se pose : ON SAIT.
Si j'ai à stocker 1, 10, 100, 1000 ou 10 millions de Wh, JE SAIS FAIRE.
Si je n'ai pas à stocker une quelconque de ces quantités cela ne m'intéresse même pas de savoir comment je ferai car lorsque j'aurai à le faire les moyens dont je dispose aujourd'hui seront dépassés par ceux dont je disposerai lorsque j'aurai à le faire. Depuis que l'homme est sur la planète ça se passe comme ça, et ça va continuer comme ça.
Avec les voitures à cheval on ne savait pas aller de Paris à Marseille en une journée, puis la voiture à pétrole est arrivée.
Ensuite on ne savait pas faire ce trajet en 1 heure, puis l'avion est arrivé……. cessez de référer à ce que vous croyez être des impossibilités à propos de solutions dont vous n'avez pas encore besoin. D'autant plus que si je suis mis au défit de stocker une quantité quelconque d'énergie électrique à restituer en énergie électrique même avec les moyens d'aujourd'hui je sais faire quoi que vous disiez. Mais les moyens dont je disposerai lorsque ce sera indispensable seront seulement d'un coût moins élevé.

Hervé

Bonjour Serge
Bon, stocker 10millions de Wh, moi aussi j'ai déjà fait ça représente 3 batteries de 12V 100AH (environ).
Par contre pour 2 Twh , il suffit d'aligner 2 milliards de batteries de ce type, fastoche...

La fin de votre raisonnement est étrange. Vous avez du abuser de darwin.... Non le besoin n'implique pas forcement la découverte.Par exemple, ça fait un petit moment qu'on essaye de transformer le plomb en or sans résultat. N'inversez pas l'ordre des choses. c'est les découvertes qui ont permis le progrès et non le besoin qui a généré les découvertes. (L'homme préhistorique aurait tout autant eu besoin d'avions ... que l'homme moderne, mais il a du attendre un peu, qu'on fasse des découvertes. D’ailleurs je ne saurais remercier assez celui qui a inventé la roue, un génie à l’époque )

La problématique du stockage n'est pas nouvelle. Mais pour le moment y a pas de solutions convaincantes (technico-économiquement parlant). Peut être que ce sera différent demain, ça on est d'accord.

Est ce que c'est sur que ce sera différent, je ne sais pas. Donc je ne sais pas combien de béton il faudra parce-que je ne sais pas comment on fera pour stocker,...
D’ailleurs je ne sais pas si on aura besoin de stocker ou même de disposer d'ENR parce-que le problème de l’énergie aura aussi pu être réglé autrement . E=MC². Le problème de l’énergie pourrait se réduire à pas grand chose... Il suffit de trouver la solution!

Qui vivra verra... L'avenir n'est pas écrit, et a une fâcheuse tendance à échapper aux prévisions!

rochain

Vos élucubrations sur le besoin de l’homme préhistorique qui aurait eu autant besoin de l’avion que l’homme moderne relèvent d’une méconnaissance totale de la naissance d’un besoin qui s’appuie toujours sur la transformation d’une solution existante pour résoudre un problème existant mais qui sera plus efficace que ce dernier. Cela conduit à des améliorations successives de la solution en vigueur jusqu’à ce qu’elle voit poindre ses limites, et, généralement, bien qu’avant que celles-ci ne soit atteintes, une rupture technologique change les conditions de l’évolution. L’homme préhistorique invité à monter dans un avion ne saurait évidemment même pas dire où il veut que ce dernier le transporte, comme vous il ne sait pas où il doit aller et quoi faire de vos batteries de démarrage. Pour 2 TWh vous alignez 2 milliards de ces batteries de démarrage d’hier, voire d’avant-hier ?
Moi je vous propose la solution d’aujourd’hui, avec donc, seulement les moyens d’aujourd’hui qui seront évidemment bien plus important dans 15 ou 20 ans, puisque le temps d’installer les moyens de production ENR qui exigeront cette capacité de stockage est à cette échéance.
Vous aurez dans le même délai le parc (actuel) de voitures automobile de 40 millions de véhicules avec des batteries de traction de 64 KWh (moyenne) dont le besoin quotidien pour électromobilité se cantonne à 7 ou 8 KWh sauf 5 à 6 fois par an. Avec le V2G+Smartgrid qui se sera aussi généralisé vous aurez une capacité de stockage, et sans même de révolution technologique (moyens actuels), 40 millions par 56 KWh au bas mot = vos 2,4 TWh.
Inutile de monter en épingle, aux yeux des gentils crédules qui vous lisent, le ridicule d’une situation mettant en exergue 2 milliards de batteries totalement surréalistes. La simple continuité de l’existant suffit à dézinguer vos élucubrations.

Hervé

Bonjour Serge
Mais oui, mais oui, vous avez entièrement raison. Un peu de maths: 64 batteries de 1KWH X 40millions = 2,5 milliards de batteries... (ce n'est qu'une question de taille et on est d'accord sur les chiffres pour une fois!) Et quand le vent se mettra à souffler toutes ces voitures se brancheront automatiquement pour absorber les pointes. ( A moins que ce soit la marmotte qui va brancher les prises et bien sur le père noël payera les frais d'usure de batterie occasionnés....).

Dit plus sérieusement, votre raisonnement implique que
- les voitures seront au "garde à vous" pour absorber les excédents de production ou pour alimenter les pics de conso
- Auront leur pleine capacité en fin de tempête ou au contraire seront peu / inutilisables en fin de mauvais cycle météo.
- il y aura des bornes de recharges partout

Ainsi la voiture ne serait plus un moyen de déplacement mais un moyen de stockage d’énergie, les déplacements n’étant autorisés que lorsque les conditions metéo le permettront.
Et pour le financement de l'usure des batteries qui payera la facture ? (parce que de toute façon, comment qu'on tourne le problème, utiliser une batterie l'use, ce qui représente un cout aujourd’hui encore très élevé.)

Peut être que la batterie du futur sera plus performante, permettant au V2G d'être largement utilisé mais avec les technos actuelles, ça parait difficile de pratiquer ça à grande échelle. A ma connaissance, cette possibilité n'a d'ailleurs pas été intégrée dans le déploiement actuel du VE.
La piste qui me parait crédible est d'utiliser les batteries de seconde main (ayant perdu trop de capacité pour être utilisée en mobilité) pour faire du stockage réseau en seconde vie avant d'être recyclée. Ces batteries seront probablement localisées dans les stations de recharge rapides et auront un accès costaud au réseau permettant de renvoyer de l’énergie au besoin et surtout de l'absorber en période de forte dispo.

rochain

Les véhicules seront sous les parkings couverts de PPV des entreprises dans lesquels leur propriétaire travaillent et pendant ces 6 à 8 heures elles se chargeront dans la journée, lorsque le Soleil est actif et le soir en rentrant elles seront aussitôt branchées sur le V2G venant suppléer le Soleil déclinant pour permettre de faire fonctionner frigo, TV, congélo…. tout ce qui fonctionne 24h/24 et c'est ce qui justifiera les batteries offrant des 400 km d'autonomie quand tous les jours on n'en n'a besoin que 40 à parcourir.
Quant au V2G il est déjà inscrit dans un certains nombre de projets et même de réalisations, notamment avec les véhicules de Nissan en Allemagne et déjà opérationnel depuis plusieurs années en Californie depuis une expérience née dans une caserne de Los Angeles à partir d'une quarantaine de véhicules militaires électriques ….. mais je ne vais pas passer mon temps à fouiller dans mes archives pour retrouver les documents pour faire la formation au modernisme du XXI em siècle pour quelqu'un qui passe son temps à déformer mes propos et imaginer les scénarios les plus baroques pour tenter
1) de décrédibiliser mes propos
2) tenter de faire oublier le ridicule de ses 2 milliards de batteries contrées par une évidence issue de la simple évolution du parc automobile vers l'électrique
Ceci dit je ne vous répondrai plus car dans cette discussion aussi comme dans d'autres précédemment, vous n'êtes intéresser qu'à paraitre avoir raison, les arguments qui vous sont opposés ne vous intéressant pas autrement que pour essayer de les tourner en ridicule, ce qui se retourne systématiquement contre vous.

Hervé

Bonjour Mr Rochain
Je lis vos arguments rassurez vous. Je ne cherche pas à les tourner en ridicule: certains sont ridicules et je vous le rappelle désolé. (pas pour tous, ce serait trop long, je prends les principaux).

Ma position n'a pas changé et est simple: Le contenu du Kwh Français est de l'ordre de 50 ~80gr en moyenne actuellement. On dépense des fortunes pour installer des gris gris ENR au nom de la réduction des émissions de GES qui n'apportent strictement rien à ce problème en France (s'ils ne sont pas néfastes ce serait déjà bien).

Si l'on souhaite le faire pour sortir du nucléaire alors pourquoi pas, mais dans ce cas, faudrait le dire, et dire ce que ça va impliquer . Sinon le projet sera abandonné en cours et ça ne mènera qu'a des gaspillages. La démocratie est formidable fusse t il qu'on ne prenne pas les gens pour des cons.

rochain

Je ne crois pas que le béton des centrales nucléaires subisse moins de contraintes que les centrales thermiques traditionnelles, et la prolongation dont vous parlez est une sorte de rallonge qui peut alors s'appliquer aussi aux traditionnelles, aux éoliennes, et aux PPV. D'ailleurs les PPV d'aujourd'hui sont garantis pour 30 ans.
Quant au facteur de charge que vous dites optimiste à 22% cela dépend en réalité des sites d'implantation, notamment du on ou off shore.
Les facteurs de charge des parcs éoliens offshore en Europe sont compris entre 29% et 48%, et là nous sommes loin de vos 22% "optimistes" CF :
https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/eoliennes-en-…
Quant à l'éolien onshore il est partout en France supérieur à votre 22% "optimiste" pour atteindre plus de 25% chez moi. Cf :
https://fr.statista.com/statistiques/562781/electrique-eolien-facteur-d…
Ensuite vous donnez une durée de vie que vous dites là encore optimiste avec 25 ans pour les éoliennes et très pessimiste de 50 ans pour le nucléaire, alors qu'avec les contraintes respectives il n'y a aucune raison pour que le nucléaire dure deux fois plus longtemps si l'un et l'autre sont entretenus. Et pour finir vous choisissez un facteur de charge pour le nucléaire que vous empruntez aux USA de 90% …. pourquoi ne pas prendre celui que l'on a en France, le vrai ? Il ne favorise pas ce que vous voulez démontrer, c'est clair avec 75% Cf :
http://23dd.fr/energie/nucleaire/cour-des-comptes-le-cout-du-nucleaire?…
Voilà comment on démontre ce que l'on veut en tripatouillant les chiffres. Il suffit de tricher dans les deux sens en cassant celui que l'on veut dénigrer et en enjolivant celui que l'on veut favoriser. Le principe de ce genre de démonstration est simple :
On part d'une conclusion et ensuite on sélectionne les arguments favorable à l'un et défavorable à l'autre, et quand on n'en trouve pas et bien on en invente.
Je constate que c'est une méthode systématique de ceux qui veulent dézinguer les ENR….. mais en dehors de vous décrédibiliser dans tout e que vous direz ensuite, cela ne changera rien à ce qui va se passer dans le futur qui avance malgré vous.
Désolé, mais changez surtout d'opinion devant les réalités, vous en sortirez grandi
Serge Rochain, Narbonne
http://astronomie.narbonne.free.fr/
http://a-p-s.cabanova.com/
http://iste.cabanova.com/
http://climso.fr

Frederic

Je suis d'accord avec votre approche. J'ai jeté un œil sur l'article d'origine in english (note 10) et j'ai l'impression que le facteur de charge est largement mis de coté. Pas génial.

Jack Teste-Sert

Un ancien cimentier vous dirait que les besoins en sable ne seront jamais satisfaits (rien qu'eux, le sable de mer à grains ronds pas adéquat) avec une surpopulation mondiale grandissante !
La croissance de population mondiale est un objectif biaisé que les politiques se refusent d'admettre...:!§!

D'autre part, un facteur qui n'est pas pris en compte dans l'augmentation du réchauffement climatique est la SALETÉ CROISSANTE DES OCÉANS (rejets, d'huile, de fuel léger et lourd, de plastiques, etc) !§!
En effet, si L’ÉVAPORATION OCÉANIQUE BAISSE, comme l'eau absorbe 35 fois plus de CHALEUR que l'air SEC, le ratio d'augmentation des gaz à effet de serre n'est plus du tout le seul à considérer !

Jack Teste-Sert

En aparté :

https://www.techno-science.net/actualite/confirmation-robustesse-chutes…
Il est logique de concevoir que LA POLLUTION OCÉANIQUE est MOINDRE autour de L'ANTARCTIQUE..., et donc L’ÉVAPORATION OCÉANIQUE plus FORTE pour favoriser PLUS DE NUAGES et de neige !

Surtout avec le brassage important de la mer au niveau des "cinquantièmes rugissants".
Autre argument de plus en... la cause importante sinon primordiale de salissure océanique sur l'augmentation du réchauffement climatique ! C. Q. F. D.

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