Une éclipse solaire a-t-elle un impact sur le réseau électrique ?

Eclipse solaire impact électrique

En France, l’obscurité devrait être maximale aux environs de 10h25 en moyenne. (©photo)

Dans la matinée du 20 mars 2015, une éclipse solaire privera durant près de 3h les pays européens de 25% à un peu plus de 80% de leur éclairage naturel selon leur localisation. Elle devrait ainsi paralyser jusqu'à 34 000 MW de capacités photovoltaïques en Europe, dont la moitié en Allemagne et 2 000 MW en France selon les estimations des gestionnaires de réseaux.

La non-disponibilité de ces capacités ne constitue a priori pas un risque en matière d’approvisionnement électrique, compte tenu de la part limitée de la production photovoltaïque dans le mix électrique européen(1). D’autres unités de production prendront le relai pour couvrir la demande d’électricité.

L’éclipse solaire entraîne toutefois une contrainte en matière de gestion de l’équilibre offre/demande en temps réel sur les réseaux car la production photovoltaïque va brusquement varier(2). A l’échelle européenne, les capacités photovoltaïques disponibles devraient diminuer de 400 MW par minute au début de l’éclipse et augmenter de 700 MW par minute en fin d’éclipse. C’est 4 à 6 fois plus rapide que lorsque le Soleil se lève et se couche.

Les gestionnaires de réseaux (comme RTE en France) devront instantanément compenser ces variations par la mise en service ou l’arrêt d’autres unités de production. Une coordination est prévue au niveau européen(3) pour éviter tout risque car les réseaux nationaux sont interconnectés. Pour rappel, l’équilibre production/consommation doit être maintenu car il permet de conserver une fréquence stable sur les réseaux électriques autour de 50 Hertz(4). Une variation importante de cette fréquence entraîne un arrêt automatique de centrales électriques et des coupures de courant.

Précisons que l’éclipse solaire totale du 11 août 1999 n’avait pas entraîné de contrainte particulière sur les réseaux. Et pour cause, les capacités de production photovoltaïques en Europe étaient alors 100 fois plus faibles qu’aujourd’hui.