
Usine de liquéfaction de Golden Pass LNG au Texas en cours de construction en 2024. (©Golden Pass)
La place croissante du gaz naturel liquéfié (GNL) « devrait jouer un rôle clé dans le rééquilibrage des marchés mondiaux du gaz en 2026, entraînant une croissance plus forte de la demande après un ralentissement l'année dernière », prévoit l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans un nouveau rapport publié ce 23 janvier.
Une faible hausse de la demande mondiale
En 2025, la consommation mondiale de gaz s'est élevée à 4 286 milliards de m3, soit environ 0,8% de plus qu'en 2024 (4 251 Gm3). Une faible hausse, en particulier après la forte croissance de 2024 (+ 2,8% par rapport à 2023), que l'AIE attribue à « la combinaison d'une activité industrielle plus faible et de prix spot du GNL relativement élevés au cours du premier semestre ».
La faible hausse de consommation en 2025 a été principalement tirée par 3 zones : le Moyen-Orient et l'Europe (+ 15 Gm3 dans chacune de ces grandes régions l'an dernier), ainsi que les États-Unis dans une moindre mesure (+ 9 Gm3). En revanche, la demande asiatique a quasiment stagné en 2025. En Chine, la croissance de la consommation gazière a nettement ralenti l'an dernier (+ 1%), malgré un rebond au second semestre après 6 premiers mois marqués par les incertitudes économiques et une baisse de la demande de chauffage.

Parmi les faits marquants de 2025, l'AIE souligne par ailleurs l'accélération des réformes d'ouverture des marchés asiatiques et la « décision historique » de l'Union européenne de supprimer ses importations de gaz naturel russe d'ici novembre 2027 au plus tard.
Consulter les données du Gas Market Report Q1-2026 (AIE, janvier 2026)
Le GNL américain en plein boom
Côté approvisionnements, c'est la place du GNL qui est soulignée par l'AIE, avec une production qui a augmenté de presque 7% en 2025 (+ 38 Gm3, avec une accélération au cours de la deuxième moitié de l'année). Les États-Unis occupent un rôle central dans cette croissance : l'usine de liquéfaction de Plaquemines en Louisiane a, à elle seule, compté pour plus de 60% de la hausse de l'offre mondiale de GNL l'an dernier.
Ce pays est en outre « à la pointe du nouveau cycle d'investissement », avec plus de 80 Gm3 par an de nouvelles capacités américaines de liquéfaction ayant fait l'objet de décisions d'investissement finales l'an dernier, un record. Les États-Unis devraient ainsi consolider leur place de premier fournisseur mondial de GNL, avec une part de marché au niveau des approvisionnements mondiaux « qui pourrait passer d'environ 25 % en 2025 à environ 33 % d'ici la fin de la décennie », prévoit l'AIE.
Alors que l'UE veut complètement s'affranchir du gaz russe, les livraisons européennes de GNL américain ont d'ailleurs encore augmenté de 60% en 2025. L'AIE anticipe une hausse encore plus forte de l'offre mondiale de GNL en 2026 (+ 40 Gm3), provenant donc des États-Unis mais aussi du Canada et du Mexique (à eux trois responsables de 85% la hausse prévue par l'AIE au niveau mondial cette année).
En amont de la liquéfaction du gaz, l'extraction de gaz aux États-Unis devra suivre le rythme, alors que « la hausse de la production pourrait être affectée par des limitations d'infrastructure, notamment dans le bassin des Appalaches, mais également dans le bassin permien », prévient l'AIE. En 2025, la production américaine de gaz naturel a augmenté de 4%, atteignant son plus haut niveau historique (1 090 Gm3, ce qui en fait de loin le principal producteur au monde de gaz, avec 25,6% de la production mondiale en 2025).

Notons que l'afflux de GNL a fait chuter les cours du gaz au 2e semestre 2025 et a rapproché les prix européens et asiatiques, « ce qui reflète l'interconnexion croissante des marchés régionaux dans un contexte de part croissante des approvisionnements en GNL à destination flexible », souligne l'AIE.


